"Je rêve d’être vétérinaire"

Par Nathalie Helal, publié le 12 Septembre 2018
8 min

Depuis l’âge de 8 ans, Vincent rêve d’exercer le métier de vétérinaire. Un récent stage dans une clinique l’a conforté dans son choix. Aurélie Fournier, vétérinaire, nous raconte, quant à elle, les réalités du métier.

L'Etudiant a rencontré Vincent, 16 ans, qui espère devenir vétérinaire depuis son plus jeune âge. Le lycéen nous raconte ce qui l'attire dans ce métier et comment il l'imagine. En parallèle, Aurélie Fournier, vétérinaire, évoque son quotidien et ses spécificités.

Le métier vu par Vincent, 16 ans, en seconde au lycée Le Rebours, à Paris (XIIIe)

"Depuis l’âge de 8 ans, je rêve d’être vétérinaire. Tous mes souvenirs d’enfance sont liés au feeling que j’ai ressenti avec les animaux. J’ai eu la chance d’accompagner mes parents, même très jeune, dans leurs voyages. Par exemple, un safari-photo au Kenya m’a permis d’observer de très près des animaux sauvages, et lors d’un séjour au Sri Lanka, c’est carrément une immersion dans un orphelinat pour éléphants que j’ai pu vivre ! Des images qui ne s’oublient pas quand on a 10 ans. Même si j’ai un chien comme animal de compagnie depuis mes 8 ans (un croisé Griffon et Coton de Tuléar), je suis passionné par les primates et les fauves. Contempler une famille de singes, identifier la hiérarchie chez les félins… : ce sont les comportements animaux qui ont nourri mon envie de devenir vétérinaire."

"Comme je passe en première, j’ai fait en sorte d’effectuer mon stage d’observation dans une clinique vétérinaire. Je viens de passer deux semaines 'en responsabilisation', c’est-à-dire que je ne me suis pas contenté d’observer comme c’est le cas la plupart du temps : bien sûr, je n’étais pas autorisé à administrer des vaccins, par exemple, mais j’ai pu pratiquer certains gestes spécifiques comme les contentions, ou faire des suivis de température.

Lire aussi

Contrairement à ce que montrent les émissions de télé sur ce métier, la vraie vie d’un véto est faite de journées très rythmées. On n’a pas le temps de s’attarder sur des émotions, parce qu’il y a plein d’animaux à soigner et qu’on enchaîne les cas. Il ne s’agit pas d’une succession de moments tristes ou gais, on est confronté à des pathologies très différentes et, à moins d’atterrir dans une clinique capable de traiter les animaux exotiques, on retombe toujours sur les chats, les chiens et quelques NAC [nouveaux animaux de compagnie : rongeurs, furets, oiseaux, etc.]. Impossible de rentrer dans une routine et de s’y ennuyer !

Grâce à ce stage, je sais que ma vocation n’est pas près de changer, même si les études n’ont pas l’air d’être simples et que je suis plutôt abonné aux 13/20 qu’aux 19. Je sais que je devrai sans doute passer par une classe préparatoire pour présenter le concours d’entrée des grandes écoles vétérinaires nationales, mais je ne suis pas inquiet car je suis soutenu à 100 % par ma famille."

Le métier vu par Aurélie Fournier, vétérinaire

"Je n’exerce mon métier dans une clinique vétérinaire, en ville, que depuis novembre 2017. Sortie en 2011 de l’École vétérinaire de Maisons-Alfort, j’ai eu l’opportunité d’effectuer ma cinquième année au Canada, dans une fac, grâce à un accord de type Erasmus. À la suite d’un concours, je me suis ensuite dirigée vers Lyon pour l’internat, avec une spécialisation 'chiens-chats', qui n’est pas obligatoire mais que j’ai choisie. J’ai ensuite travaillé durant trois ans en Île-de-France, en gagnant ma vie au fil des remplacements. Une thèse sur la néonatologie du chaton – que j’ai finalement abandonnée – a dans le même temps occupé deux ans de ma vie, avec des recherches importantes !"

"Mon quotidien est très rythmé, mais aussi très variable, avec des journées plus chargées que d’autres, des cas qu’il faut parfois aller vérifier dans un livre, des fiches à écrire pour l’information des maîtres, des stocks de médicaments ou de nourriture à reconstituer, etc. Cette profession est une véritable école de la rigueur, car il faut absolument éviter de partir dans tous les sens pour établir son diagnostic : c’est un peu comme une scène de crime avec des hypothèses qu’on élimine les unes après les autres, car l’animal ne parle pas ! Autres qualités indispensables à mon avis : la patience et l’empathie envers les propriétaires des animaux, qu’il faut gérer avec subtilité.

Lire aussi

Quand on se retrouve face à des procédures de fin de vie, par exemple, et qu’on sent que l’animal a comblé la place d’un enfant absent, cela n’est pas toujours simple. On ne peut pas exercer ce métier sans être très investi ou passionné, j’en suis persuadée. Et il faut toujours garder à l’esprit qu’un animal n’est pas un outil pour apprendre des spécialisations ou “se faire la main”, même si beaucoup de générations de vétérinaires l’ont oublié."

Articles les plus lus

A la Une Métiers

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !