1. Classement des écoles d'ingénieurs 2019 : zoom sur Ponts ParisTech
Classement des écoles d'ingénieurs 2019 : zoom sur Ponts ParisTech
Delphine Dauvergne
Publié le 04.12.2018


L'École nationale des ponts et chaussées ParisTech est installée, à Champs-sur-Marne, sur le campus de la cité Descartes, depuis la fin des années 1990, dans des bâtiments modernes.// © Laurent Hazgui pour l'Etudiant

 

Fondée au XVIIIe siècle, l’École des ponts ParisTech est l’une des écoles d’ingénieurs les plus anciennes et l’une des plus prestigieuses. Si elle est surtout connue à l’international pour sa spécialité en génie civil, sa formation est aujourd’hui généraliste.

Palmares-des-ecoles-de-commerce-postbac-en-4-ou-5-ansDécouvrez tous les résultats de notre palmarès des écoles d'ingénieurs 2019

Située sur le campus de la cité Descartes, à Champs-sur-Marne (94), l’École des ponts ParisTech côtoie l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée et des établissements comme l’ESIEE Paris (École supérieure des ingénieurs en électronique et électrotechnique) ou l’ENSG (École nationale des sciences géographiques). Son bâtiment illustre son esprit d’innovation. Une structure métallique épurée aux grandes baies vitrées dégage au centre un grand hall inondé de lumière naturelle. Les étudiants s’y donnent rendez-vous, notamment entre 8 h et 10 h à la cafétéria.

Des cours bien encadrés

Dans "la Ruche", un espace où les étudiants peuvent travailler sur leurs projets, est dispensé un cours d’introduction au dessin et à la modélisation. "Ce sont des élèves de deuxième année, en section génie civil et construction. Nous avons constitué trois groupes de 20 personnes qui doivent dessiner une station du métro aérien parisien. Ils sont allés la voir sur place et maintenant ils reproduisent ce qu’ils ont vu sur le papier", présente Catherine Simonet, l’architecte qui coordonne cette matière. Une douzaine d’enseignants, architectes et/ou ingénieurs, circulent entre les tables où les étudiants sont concentrés sur leurs travaux.

Cours d'introduction au dessin et à la modélisation. Thème du jour pour les étudiants de deuxième année section génie civil et construction : dessiner une station du métro aérien.
Cours d'introduction au dessin et à la modélisation. Thème du jour pour les étudiants de deuxième année section génie civil et construction : dessiner une station de métro aérien.  // © Laurent Hazgui pour l'Etudiant

Roland et Max s’appliquent à reproduire la station de métro Stalingrad. "Les professeurs jugent plus l’effort que le talent", précise Roland, 21 ans. Né dans une famille d’ingénieurs civils, il est depuis toujours fasciné par ce milieu. "J’ai envie de travailler à la réalisation de grosses infrastructures, d’être sur le terrain."

Cap sur l’international

Roland a passé son deuxième semestre de première année en Erasmus+ à Londres, à l’Imperial College, spécialisé notamment dans l’ingénierie. "Comme la première année est très généraliste et que je savais quelle spécialité choisir en deuxième année, j’avais déjà envie de toucher au génie civil", raconte-t-il. C’est à l’Imperial College qu’il fait la connaissance de Max, qui a, quant à lui, décidé de s’inscrire dans cet établissement juste après le bac. Il est aujourd’hui en échange à Ponts ParisTech. 

La différence financière entre ces deux choix de cursus est notable : Max paie environ 10.000 € l’année en faisant des études au Royaume-Uni, tandis que Roland, après ses deux années en classe préparatoire, paie 2.980 € l’année aux Ponts.

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La dimension internationale de la formation compte beaucoup dans les écoles d’ingénieurs. "La plupart de nos diplômés iront faire une carrière à l’étranger. Nous les encourageons donc à partir. L’école a signé 42 accords de double diplôme avec des établissements étrangers. Chaque promotion est composée d’environ 40 % d’étudiants étrangers d’une vingtaine de nationalités, ce qui est une vraie richesse pour les élèves ingénieurs, notamment lorsqu’ils travaillent en groupe", constate Sophie Mougard, la directrice.

Du concret avec des projets de groupes

Dans les cours de projets, le melting-pot des étudiants est "un atout", selon Michel Guérinet, qui enseigne sur les projets "barrage". "Espagne, Tunisie, Brésil, Italie, Vietnam, ENTPE Lyon, Polytechniqueles étudiants viennent d’horizons et de cultures différents, ce qui permet de créer des groupes qui se complètent. Chacun a des dispositions et des compétences particulières", souligne-t-il.


Cours en amphithéâtre sur la mécanique des structures. Quand les enseignements théoriques s'avèrent utiles ensuite dans les projets concrets de construction. // © Laurent Hazgui pour l'Etudiant

Louis, en troisième année de génie civil, l’un des seuls Français de ce cours, est au tableau pour exposer les premiers travaux de son équipe. Trois enseignants émettent leurs remarques ; ils conseillent à son groupe de revoir les calculs par rapport aux matériaux utilisés. "Nous leur montrons que tous les enseignements théoriques qu’ils ont abordés peuvent leur être utiles dans un projet concret", précise Michel Guérinet.

Une formation généraliste

Parmi les cours de projets, celui sur les ponts est le plus demandé. L’école est très réputée à l’étranger pour sa spécialité en génie civil et construction. Fondée en 1747, Ponts ParisTech est l’une des premières écoles d’ingénieurs en France. D’abord spécialisée dans le génie civil et l’aménagement du territoire, elle élargit ses champs d’enseignement progressivement et devient généraliste au XXe siècle. Aujourd’hui, cinq autres départements de spécialisation sont proposés : ville, environnement, transport ; génie mécanique et matériaux ; génie industriel ; sciences économiques, gestion, finance ; ingénierie mathématique et informatique.

"Nous formons des ingénieurs généralistes capables de gérer des projets complexes et de diriger une équipe, d’où l’importance de leur faire acquérir des compétences relevant des sciences humaines et sociales (communication, interculturel, négociation…)", observe Sophie Mougard. À ces enseignements, s’ajoutent des cours de sport et de langue obligatoires.

Une dizaine d’élèves ont aussi choisi le double cursus ingénieur-architecte. C’est le cas ­d’Apolline, dont une partie des cours se déroulent à l’École d’architecture de la ville et des territoires à Marne-la-Vallée, sur le même campus. Désirant devenir architecte depuis l’adolescence, elle "trouve ce métier fascinant. Pour penser le monde dans lequel les gens vont vivre, il faut savoir être à la fois très créatif et rationnel. Avec la casquette d’ingénieur, il est possible d’avoir l’ambition de construire des bâtiments complexes, comme des gares, des aéroports…".

Des débouchés multiples

Les profils et les projets professionnels varient… Si 23 % des diplômés en 2016 se sont orientés vers le domaine de la construction, 17 % ont choisi l’industrie et 11 % le secteur de la banque, assurance, finance. Environ 20 % ont décidé aussi de poursuivre leurs études par un doctorat, comme Vianey, 29 ans, qui finit sa thèse sur la robotique dans la construction. "J’ai continué les études pour obtenir une expertise sur un sujet précis. Je vise un emploi dans une petite entreprise d’un secteur innovant, comme l’intelligence artificielle ou mécanique", confie-t-il.


L'espace dit "La Ruche" accueille les étudiants qui souhaitent travailler en groupe sur leurs projets. // © Laurent Hazgui pour l'Etudiant

Pour aider les étudiants à cerner leurs projets professionnels, l’école leur propose de prolonger leur stage obligatoire de trois mois en un long stage d’un an entre la deuxième et la troisième année. Près de 80 % d’entre eux sont séduits par cette option. 

Vianey a fait son stage long chez PSA et Thaïs, 23 ans, l’effectue actuellement chez Veolia, – elle l’a obtenu grâce au réseau des anciens. Cette étudiante brésilienne, qui a choisi le cursus ville, environnement, transport, a "une passion pour les égouts" et espère pouvoir participer à l’amélioration de l’assainissement au Brésil.

Une vie étudiante très riche

Responsable des étudiants étrangers au BDE (bureau des élèves), Thaïs les aide à préparer leur rentrée. La vie étudiante est très animée à l’École des ponts, avec une trentaine de clubs rattachés au BDE. Yannis, étudiant en deuxième année de génie industriel, en a rejoint pas moins de six ! "Le club informatique, la médiathèK, Du Pont et des jeux, Ponts vers l’Asie, Debating Club, Pontramont… J’ai un rôle actif dans tous ces clubs ! J’aime partager mes passions et le travail en équipe.

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Noam a choisi, quant à lui, de s’investir dans l’association Develop Ponts, il est vice-président en charge de l’ouverture sociale. "Nous gérons un programme auprès de collégiens avec du soutien scolaire, du tutorat, des sorties pour les inspirer dans leur orientation… C’est une expérience gratifiante", assure-t-il. 

Thibault est devenu président du BDE par hasard… "Après le week-end d’intégration, l’élection du BDE est le premier projet étudiant qu’on nous propose, j’avais envie de partager un moment convivial avec mes nouveaux camarades", se souvient-il, maintenant en charge d’une lourde responsabilité. "Nous avons un budget de plusieurs centaines de milliers d’euros, ce qui nous permet d’organiser beaucoup de choses, comme des voyages à petit prix." Parmi ses nombreuses missions, le BDE s’occupe aussi de l’accueil des admissibles à l’école… Bientôt votre tour ?

Intégrer Ponts ParisTech

Pour être admis en première année, trois voies existent :

Le concours commun Mines-Pont (dix écoles dont Mines ParisTech, Telecom ParisTech…) est accessible à l’issue des classes préparatoires. En 2018, 114 places étaient offertes (76 en MP, 38 en PC, 5 en PSI). Les inscriptions au concours se clôturent en janvier et le concours a lieu en avril.

Le concours interécoles normales supérieures propose quatre places pour des élèves de classe prépa BCPST. La clôture des inscriptions s’effectue en janvier et le concours a lieu en avril et mai.

Un concours existe pour les étudiants titulaires d’une licence mention bien en mathématiques, physique, mécanique, génie civil, sciences de l’ingénieur ou informatique. Dix places étaient offertes en 2018. 
La clôture des inscriptions s’effectue en mars et le concours a lieu en avril.

Si vous voulez comparer avec le palmarès général 2018  :
Palmarès général 2018 des écoles d'ingénieurs

Si vous voulez comparer avec le palmarès 2018 par critère :
- Palmarès 2018 des écoles d'ingénieurs, selon le critère de l'excellence académique
Palmarès 2018 des écoles d'ingénieurs, selon le critère de l'ouverture internationale
Palmarès 2018 des écoles d'ingénieurs, selon le critère de la proximité avec les entreprises
Palmarès 2018 des écoles d'ingénieurs, selon le critère de l'ouverture aux nouveaux publics

Si vous voulez comparer avec le palmarès général 2017 : 
Palmarès général 2017 des écoles d'ingénieurs