1. Bachelors : ces bac+3 qui ont la cote
Bachelors : ces bac+3 qui ont la cote
Cécile Peltier
Publié le 06.02.2018


Après le Bachelor Marketing & Business du Burgundy School of Business, 95 % des diplômés poursuivent leurs études. // © Zed Photographie/Burgundy School of Business

Palmares-des-ecoles-de-commerce-postbac-en-4-ou-5-ansDécouvrez tous les résultats de notre palmarès des Bachelors 2018

On le répète depuis des années, le Bachelor, une formation en trois ans après le bac, est devenu une vraie alternative à la classe préparatoire, antichambre traditionnelle de l’école de commerce. "J’étais sûr de vouloir faire une école de management. En terminale S, je me suis renseigné sur les classes préparatoires, mais le fait de devoir travailler sous pression ne me convenait pas. Au contraire, la dimension concrète et professionnalisante du Bachelor, avec la possibilité de travailler après le diplôme m’a rassuré", se souvient Grégoire, 19 ans, aujourd’hui en deuxième année du Bachelor de Télécom École de management.

Des formations encadrées

Chaque année, plusieurs milliers de bacheliers optent, comme Grégoire, pour l’un de ces cursus. Cours dispensés pour la majorité d’entre eux par des professionnels, avec des effectifs réduits et un encadrement renforcé : la formule séduit ceux qui craignent  l’hyperspécialisation du BTS (brevet de technicien supérieur) ou du DUT (diplôme universitaire de technologies), ou encore les amphis bondés de l’université.

Alternant la théorie et la pratique, les Bachelors font ainsi la part belle au concret et au projet. Au menu : des études de cas, des simulations, des missions en entreprise, des concours de création de start-up… "En mai dernier, quatre de nos étudiants ont organisé le premier Color Run de Saint-Lô (50). C’était un gros événement à but caritatif, avec 400 participants : ils ont dû trouver les sponsors, gérer les relations avec la mairie, les questions de sécurité…", relate Anne-Sophie Coat, directrice de l’EGC (école de gestion et de commerce) Normandie.

Généralistes ou spécialisés, à vous de choisir

Un peu plus de six Bachelors sur dix sont des formations généralistes. Une option idéale si vous n’avez pas encore de projet bien défini. Vous aurez ainsi trois ans pour acquérir les fondamentaux du management et de la gestion (comptabilité, finance, ressources humaines, négociation commerciale…), avec parfois le choix en troisième année d’une ou deux options. Mais attention, il s’agit d’une mise en bouche plus que d’une vraie spécialisation. "Nos diplômés sont des couteaux suisses capables d’intégrer tous les services de l’entreprise", insiste Nathalie Hector, directrice des programmes initiaux de Kedge Business School.

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Les autres Bachelors offrent une spécialisation métier ou sectorielle aux élèves déjà fixés sur leur orientation. Commerce international à l’ESCE ou à Brest Business School, management du tourisme à l’ESC Troyes, management du sport à Sports Management School, finance à l’ESG Finance, management du luxe à l’ESGCI… L’éventail est large.

L’intérêt ? Rentrer dans le vif du sujet et commencer à se tisser un réseau, dès la première année. "En management du luxe, nos étudiants apprennent l’œnologie, mais aussi la gemmologie [étude des pierres précieuses], l’horlogerie ou la parfumerie, avec des intervenants issus des grandes maisons de luxe avec lesquelles nous entretenons des liens étroits", détaille Olivier Sercq, directeur de l'ESG.

Un stage par an pour préciser votre projet

Quel que soit le Bachelor, les stages – entre cinq et quatorze mois au moins selon les écoles – sont l’occasion de se découvrir et, peu à peu, de bâtir son projet professionnel. Les écoles qui disposent de services d’accompagnement dédiés, et souvent d’un bon réseau de partenaires, n’ont pas de mal à placer leurs élèves dans les entreprises du territoire, qu’il s’agisse de PME ou de grands groupes.


Outre les campus français de Metz et Nancy, l'ICN propose son Bachelor Sup'Est, à Nuremberg, en Allemagne. // © ICN Business School

Près de sept Bachelors sur dix proposent aussi d’effectuer au moins une partie du cursus en alternance (contrat d’apprentissage ou de professionnalisation). À l’ISTEC, Ascencia et PPA (Pôle Paris Alternance), c’est possible dès la première année. Une formule exigeante qui permet d’allier formation académique et première expérience professionnelle, tout en finançant ses études. L’employeur qui prend en charge le montant des frais de scolarité – en moyenne 6.500 € par an pour les Bachelors des grandes écoles et 3.800 € pour une EGC – verse à l’alternant un salaire représentant un certain taux du SMIC. Toutefois, assurez-vous, avant de choisir votre Bachelor, que l’école vous accompagne dans votre recherche d’entreprise.

Un emploi à la clé

Il n’est pas rare qu’à l’issue de son contrat, l’alternant se voit proposer un poste dans la société d’accueil. En effet, le Bachelor est taillé sur mesure pour entrer sur le marché du travail, avec des taux d’insertion allant de moyens à très bons. Parmi les diplômés qui décident de se lancer dans la vie active, en moyenne huit sur dix décrochent un contrat de trois à six mois après leur sortie, pour un salaire moyen de 1.780 € net par mois.

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Les titulaires d’un Bachelor accèdent à des postes d’assistant (assistant marketing, assistant contrôleur de gestion, assistant export…) ou de manager intermédiaire (chef de rayon…), avec – dans les TPE et PME qui n’ont pas toujours la surface financière pour embaucher un bac+5 –, des possibilités d’évolution rapide. Les secteurs où les diplômés trouvent le plus de débouchés sont le commerce et la distribution (26 %), la finance-banque-assurance (14 %) et les TIC (technologies de l’information et de la communication, 13 %).

Une première étape avant un bac+5

Si vous voulez enrichir votre parcours ou accéder à un poste de manager à un salaire plus élevé, vous pourrez envisager la poursuite d’études dans le master grande école d’une école de management via des admissions parallèles. Mais est-ce vraiment un bon calcul ? Pour ­Nathalie Hector, la réponse est oui : "Les titulaires d’un Bachelor vont pouvoir faire un an de stages supplémentaire, retenter une expérience dans une université partenaire et développer leurs soft skills, surveillées de près par les entreprises en quête d’étudiants adaptables, capables de travailler dans un environnement multiculturel." Marie-Claude Pastureau, directrice de l’EGC Martinique, recommande plutôt à ses diplômés la recherche d’une plus grande spécialisation par exemple dans d’autres cursus bac+5 des grandes écoles (MSc, Master of Science, MBA, Master of Business Administration…) ou des masters universitaires, notamment ceux des IAE (instituts d’administration des entreprises).

Surfant sur l’émergence de nouveaux modèles économiques, de plus en plus d’étudiants créent leur entreprise. Les écoles cultivent cette fibre, avec parfois des options "entrepreneuriat" et la possibilité d’être incubé. Ainsi, Clara, en troisième année du Bachelor de l’EM Normandie au Havre, fait grandir Brou Factory, la start-up de décoration cofondée avec son ami, au sein d’Inside, l’incubateur de son école, l’EM Normandie.

Si vous voulez comparer avec le palmarès 2017 :
Palmarès des Bachelors, selon le critère des labels et du suivi des étudiants

Le grade de licence, un projet toujours très attendu

Entre 2009 et 2018, le nombre de Bachelors a quasi doublé, passant de 80 à environ 160. Pour mettre un peu d'ordre, le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation a confié la tâche à la CEFDG (Commission d'évaluation des formations et des diplômes de gestion) de réfléchir à la possibilité de créer un grade de "licence", sur le modèle du grade master. Ce grade existe déjà pour certaines formations notamment du secteur paramédical.
La Commission a remis une proposition de référentiel de Bachelor en janvier 2017. La majorité des directeurs de ces cursus interrogés dans le cadre de notre banc d'essai s'y disent favorables : la CGE va en faire son combat en 2018. Mais ce projet n'enchante guère une partie du monde universitaire. Selon nos informations, le sujet reste d'actualité.