1. Palmarès des écoles de commerce postbac 2018-2019 : programme grande école ou BBA, comment choisir ?
Palmarès des écoles de commerce postbac 2018-2019 : programme grande école ou BBA, comment choisir ?
Cécile Peltier
Publié le 09.10.2018

EM NORMANDIEL'EM Normandie propose un programme grande école en 5 ans. // © Alexis Chézière / EM Normandie

 

Sur les 27 formations classées dans notre palmarès, 17 sont des programmes en cinq ans et 10 des Bachelors internationaux. Deux types de programmes bien distincts, qui répondent à des stratégies bien différentes. Quelques conseils pour faire son choix de manière éclairée.

Palmares-des-ecoles-de-commerce-postbac-en-4-ou-5-ansDécouvrez tous les résultats de notre palmarès des écoles de commerce postbac 2018-2019

Le bac+5, la carte sécurité

Titulaire d'un bac scientifique, Pierre a passé les concours Accès et Sésame. Ce dernier lui a ouvert les portes de l'EM Normandie, à Caen (14) : "J'ai préféré une école en cinq ans à une formation en quatre ans, car c'est un programme intégré, qui débouche sur un master sans qu'on ait besoin de repasser un autre concours. C'est un avantage indéniable !", se justifie l'étudiant normand. Aujourd'hui en quatrième année, le jeune homme de 23 ans est ravi de son choix.

Plus anciens que les BBA, les écoles postbac en cinq ans sont pour la plupart des programmes grande école, bien installés dans le paysage. Une formule idéale pour des jeunes, en quête de sécurité, qui ont déjà un embryon de projet professionnel et cherchent à multiplier les expériences en entreprise et à l'étranger.

"Ce sont des programmes intégrés, pensés sur cinq ans avec une vraie progression", confirme la directrice générale de Neoma, Delphine Manceau. Le temps en effet de bénéficier d'un enseignement approfondi dans tous les secteurs du management, avec la possibilité ensuite de vous spécialiser. Si la plupart sont des formations généralistes, il existe aussi dans cette catégorie quelques produits spécialisés à l'instar de TEMA (Neoma), au carrefour du management, de la technologie et du digital.

Le plus : le grade de master, 
"le Graal" des recruteurs

Les programmes en cinq ans ont joué ces dernières années la carte de la qualité : sur les 16 répertoriés ici, 15 sont visés, dont 14 détenteurs d'un grade de master. Un label qualité qui "rassure familles et employeurs", reconnaît Delphine Manceau. "En France, le grade reste le Graal", observe Olivier Maillard, directeur général de l'ESDES. À la clé, la promesse d'un poste de manager à un salaire plus élevé que le titulaire d'un Bachelor. En 2017, le diplômé d'un programme grande école postbac émarge en moyenne à 33.922 € brut annuels, contre 32.577 € brut pour un camarade qui sort de BBA.

Des étudiants de l'Esdes, à Lyon, une école de commerce postbac en cinq ans.
L'ESDES, à Lyon, est une école visée par le grade de master. // © Bruno Amsellem/ESDES

Le moins : un programme qui enferme dans une institution

Si le format bac+5 peut en rassurer certains, il peut aussi faire peur : "Cinq ans, c'est très long, surtout quand on a 18 ans. Ce n'est pas facile de s'engager pour une durée qui représente plus d'un quart de sa vie !", observe en souriant Manuelle Malot, directrice du centre carrière de l'EDHEC.

Pour éviter les déconvenues, Amandine recommande de bien se renseigner dès le début, sur les spécialisations proposées au niveau master. "À l'ESSCA, il y a un large choix de majeures qui me plaisaient, dont certaines assez pointues, comme le marketing appliqué aux produits de la grande consommation pour laquelle j'ai optée. Mais certains de mes amis se sont retrouvés obligés de prendre quelque chose par défaut. C'est dommage, car pour moi, cela a beaucoup pesé sur le CV !", prévient Amandine.

Pas de panique si on ne trouve pas chaussure à son pied ! "On a toujours la possibilité de repasser des concours et d'intégrer une école concurrente, même si c'est plutôt rare, nuance Pierre, étudiant à l'EM Normandie. Deux de mes connaissances qui avaient un bon dossier sont parties à l'IESEG."

LE BBA, l'atout international

Toutes les grandes écoles de commerce ont, entre le Bachelor en trois ans et le traditionnel programme grande école, ajouté ce Bachelor en quatre ans à leur catalogue. Un format encore assez mal connu en France. Rebaptisées "BBA" (Bachelor of Business Administration) pour gagner en visibilité à l'international, ces formations calquées sur le système anglo-saxon sont un bon plan pour les bacheliers, qui, comme Élise, rêvaient d'une carrière à l'étranger. "Je connaissais le format BBA, très répandu aux États-Unis, où j'ai vécu un an au lycée. La possibilité de faire des échanges et stages à l'étranger est une vraie force !" Selon les écoles, la durée minimale d'expatriation oscille entre six et vingt-quatre mois. Choisir un BBA, c'est aussi bénéficier d'un groupe puissant et des services et réseaux associés.

ESSEC
92,4 % des diplômés du BBA de l'ESSEC, qui se lançaient sur le marché du travail, ont décroché un poste moins d'un an après leur sortie de l'école. // © ESSEC

Le plus : un format souple

Il s'agit d'un format assez souple, "qui permet de garder toutes les portes ouvertes", relève ­Delphine Manceau, la directrice générale de Neoma. À l'issue des quatre ans, soit le diplômé rentre dans la vie active, soit il continue ses études. "C'est idéal pour l'étudiant qui ne serait pas encore fixé sur son projet", estime Manuelle Malot, directrice du centre carrière de l'EDHEC.

À l'instar des programmes en cinq ans, les BBA présentent de bons taux d'insertion. En 2017, 92,4 % des diplômés du BBA de l'ESSEC, qui se lançaient sur le marché du travail, ont décroché un poste moins d'un an après leur sortie de l'école, pour un salaire entre 30.000 et jusqu'à 37.000 € brut annuels (hors primes). Entre 19 % (INSEEC BBA) et 52 % (BBA La Rochelle) des diplômés de ces écoles démarrent leur carrière à l'étranger, sur "des postes comparables à ceux des diplômés d'un bac+5", assure Manuelle Malot. "Le BBA est un standard particulièrement reconnu aux États-Unis, au Canada, en Chine, ou encore en Espagne", précise Delphine Manceau.

Le moins : continuer pour se spécialiser

En France, à l'inverse, le bac+4 reste mal connu des entreprises, qui le confondent trop souvent avec un bac+3. En 2017, près d'un diplômé BBA sur deux (49 % contre 4,57 % des lauréats d'un master postbac) a choisi de réaliser une cinquième année d'études. "Ces étudiants optent donc pour une autre institution, si possible plus prestigieuse, où ils recherchent une spécialité plutôt sectorielle que fonctionnelle : gestion et management des organisations culturelles, développement durable, énergie, par exemple", ajoute Manuelle Malot.

INSEEC
19 % des diplômés du BBA INSEEC démarrent leur carrière à l'étranger. // © Inseec

D'autres étudiants s'orientent vers le MSc (Master of science) des écoles de commerce. Professionnalisants, parfois très pointus, avec un fort taux d'étudiants étrangers, ces programmes sont plus chers qu'une cinquième année de programme grande école. Les autres diplômés d'un BBA visé par l'État rejoignent les rangs des masters universitaires, en France ou à l'étranger. "Ils choisissent Dauphine, Sciences po, la London School of Economics...", détaille la directrice de l'INSEEC BBA, Marion Fabre. "Cela permet de bénéficier de deux marques et de deux réseaux d'anciens", précise Élise, qui se donne un an pour voir comment se développe sa start-up avant d'entamer un éventuel M2 : "Je pourrai toujours enchaîner plus tard sur un MBA (Master of Business Administration). L'expérience est parfois aussi importante que le diplôme !"

Si vous voulez comparer avec le palmarès 2017-2018
- Palmarès général 2017-2018  des écoles de commerce postbac en 4 ou 5 ans