1. Programme grande école post-bac ou BBA : comment faire son choix ?
Programme grande école post-bac ou BBA : comment faire son choix ?
Marine Richard
Publié le 21.11.2019

Vous êtes lycéen et vous souhaitez intégrer une école de management mais vous hésitez entre un programme grande école post-bac en cinq ans ou un BBA en quatre ans ? L’Etudiant recense les atouts et les points faibles de chaque formation.

IESEG // © Barbara Grossmann/IESEG

Après le baccalauréat, diverses solutions s’offrent à vous pour intégrer une école de commerce sans passer par la case prépa. Parmi elles, un BBA (Bachelor in Business Administration) construit sur le modèle anglo-saxon, en quatre ans, ou encore un PGE (programme grande école) en cinq ans. 

Les BBA et les PGE offrent tous deux une alternance entre des cours académiques, des échanges et des stages à l'étranger, et des expériences professionnelles. Les BBA offrent en général une ouverture à l'international plus poussée que les PGE même si ces dernières comblent leur retard et imposent à leurs étudiants de passer au moins un an à l'étranger. "Ce qui m'a attiré dans le BBA, c'était la possibilité de faire deux ans sur les quatre à l'étranger", explique Jérémy Sauvan, diplômé de la promotion 2018 du BBA de Kedge, à Marseille. Malgré ces points communs, ces deux cursus sont bien distincts.

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PGE en 5 ans, l’obtention du grade master

"Un lycéen qui s’engage dans un PGE en cinq ans obtiendra à l’issue de son cursus un diplôme de master, le grade maximum de l’enseignement supérieur", explique Jean-Guy Bernard, directeur de l’EM Normandie. Une promesse rassurante pour les jeunes et leur entourage.

Constance Massuard, étudiante en master 1 de marketing à l’IESEG (PGE), seule école post-bac triplement accréditée EQUIS, AACSB et AMBA, des labels qui récompensent les meilleures écoles de commerce, a longuement hésité entre un BBA et un PGE alors qu'elle était en terminale ES. "J’ai choisi d’entrer en PGE car j’ai réalisé que je préférais me diriger vers un cursus qui débouche directement sur un master".

Le précieux sésame s'accompagne d'une rémunération intéressante. "Un diplômé d'un bac+5 aura de facto, à la sortie de ses études, un travail et un salaire qui vont correspondre à un niveau bac+5", assure Céline Verdrière, responsable du recrutement en France, à l’IESEG. En effet, selon une enquête de la Conférence des grandes écoles (CGE) sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés de l'IESEG en 2018, 90,9% des étudiants ont trouvé leur emploi soit avant la sortie de l’école soit dans les deux mois qui ont suivi leur sortie. La rémunération brute moyenne est de 42.076 €.

Autre avantage d'un PGE : "Cela permet de rester dans la même institution pendant cinq ans et ainsi ne pas avoir besoin de postuler dans d’autres formations pour obtenir un master", estime Constance Massuard, de l’IESEG.  En effet, une fois le concours réussi, vous n'aurez plus à passer d'autres examens ni à remplir un dossier d'inscription. De plus, "choisir une école post-bac en cinq ans permet de se donner du temps pour peaufiner son orientation et ses choix", explique Omar Hamdi, étudiant de l'EDC.

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Cinq ans sans diplôme intermédiaire

Si des élèves décident de se réorienter en deuxième ou en troisième année, ils n'obtiennent, dans ce cas, aucun diplôme puisqu'il faut cinq années pour valider le PGE. Cependant, la part des étudiants qui arrêtent le PGE est faible : "95% des étudiants qui rentrent en première année à l’IESEG vont jusqu'au bout”, affirme Céline Verdrière.

BBA : un accès plus rapide au monde professionnel

Quant au BBA, il s'agit d'un cursus qui se déroule en quatre ans, une durée qui correspond aux standards internationaux d'un programme de premier niveau. "Le BBA offre un accès plus direct au monde du travail qu'un PGE", assure Hugues Levecq, directeur des programmes du BBA de l'ESSEC.  

Avec un programme en quatre ans, vous vous insérez un an plus tôt sur le marché de l'emploi. Ainsi, 27 % des étudiants du BBA de l’ESSEC s’insèrent professionnellement dès la sortie. 98 % d’entre eux trouvent un emploi en moins de six mois. Cela s'explique car "les entreprises ont découvert qu'on pouvait embaucher des gens qui n'ont pas de master", selon Hugues Levecq. 

Mayol Mainaud, élève de première année au sein du BBA SCBS, l'école de management de YSCHOOLS, semble être du même avis : "Je compte faire un master, même si nos qualités personnelles jouent plus que le grade master", considère-t-il. Côté rémunération, les diplômés de BBA n'ont rien à envier à leurs confrères de PGE. Le salaire annuel brut des diplômés de la promotion 2018 est, en moyenne, de 42.900 €.

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Une poursuite d'études pour une grande majorité des diplômé

Une fois le BBA en poche, l'étudiant "a le luxe de pouvoir choisir entre la poursuite d'études ou l'entrée directe sur le marché du travail", comme le souligne Jules Ponsolle, diplômé du BBA de La Rochelle Business School. D’autant que le BBA confère un statut particulier, qui n’est ni une licence, ni un master.

S'il se dirige vers un master, l'étudiant peut postuler à tous les masters en management existants et pas uniquement à celui proposé par l'établissement où il a effectué son BBA. Il n'est pas bloqué dans une unique institution comme en PGE. De plus, "les PGE offrent des masters plus généralistes comme le master en management ou le master finance. Après un BBA, il est possible d'intégrer des masters plus spécialisés comme un master en hospitalité, par exemple", promet Hugues Levecq. 

Si le jeune entre en master dans une autre école, "il a alors un double réseau", comme le souligne Valentin Goupil, étudiant du BBA de la Rochelle Business School. "73% des diplômés du BBA de l'ESSEC continuent leurs études", confirme Hugues Levecq. La plupart entre dans un master de l'Essec ou à l'ESCP ou encore à l'emlyon. Les étudiants en BBA doivent donc se lancer de nouveau dans la constitution d'un dossier d'inscription.

Valentin Goupil, en quatrième année dans cette même école, apprécie le fait d'avoir eu quatre années pour réfléchir à l'option master : "J'ai choisi le BBA en quatre ans car je ne savais pas si j'allais faire un master ou non à l'époque."

"Le choix à effectuer est celui qui est compatible avec la personnalité du lycéen", conclut Céline Verdrière, de l'IESEG.