1. Palmarès des grandes écoles de commerce 2019 : l’innovation au cœur des établissements
Palmarès des grandes écoles de commerce 2019 : l’innovation au cœur des établissements
Eva Mignot
Publié le 06.11.2018

Avec ses locaux situés au coeur du campus universitaire nantais, Audencia bénéficie d’une situation idéale qui lui permet notamment de développer des partenariats avec d’autres institutions locales, telles Centrale Nantes et l’ENSA.
Avec ses locaux situés au cœur du campus universitaire nantais, Audencia bénéficie d’une situation idéale qui lui permet notamment de développer des partenariats avec d’autres institutions locales, telles Centrale Nantes et l’ENSA. // © Audencia


Pour s'adapter à des générations d'étudiants de plus en plus exigeants, les business schools françaises cherchent à faire évoluer leurs contenus et leurs formats. Pour autant, elles n'oublient pas de s'appuyer sur leurs acquis.

Palmares-des-ecoles-de-commerce-postbac-en-4-ou-5-ansDécouvrez tous les résultats de notre palmarès des grandes écoles de commerce 2019

ESSEC, HEC, ESCP, EM Lyon, IESEG, ESSCA… Qu’elles soient postbac ou postprépa, les écoles de commerce ont toujours la cote auprès des étudiants. Respectées par les employeurs, elles restent l’une des principales voies pour se former aux métiers du management et de la finance. Mais ces structures souvent vieilles de plusieurs dizaines d’années doivent sans cesse se renouveler pour s’adapter à un nouveau public exigeant et ultra connecté. Les business schools innovent ainsi dans leur forme et leur contenu et tendent à proposer toujours plus de services pour se démarquer de la concurrence et attirer les meilleurs candidats. 

Transversalité et pluridisciplinarité 

Si le marketing, la comptabilité ou la finance sont les disciplines phares de l’enseignement en école de commerce, les établissements sont conscients qu’une telle offre ne peut plus suffire. Les étudiants – notamment issus de classes prépa – ne se contentent plus de ces matières classiques. 

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"Je suis une licence 3 en lettres modernes en parallèle du cursus en école de commerce. Je pense que les cours de management ne m’auraient pas suffi intellectuellement", explique Clara, ancienne élève en prépa B/L et désormais étudiante en première année de PGE (programme grande école) à Grenoble École de management (GEM).

 Afin de répondre aux attentes des nouvelles générations, l’INSEEC School of Business and Economics a choisi de remodeler entièrement son PGE pour la rentrée 2019 et d’introduire des cours de culture générale et de sciences sociales. "Nous voulons faire une place importante aux grands événements qui ont marqué l’humanité, comme la Révolution française, et les étudier sous l’angle historique, économique ou politique", explique Isabelle Barth, directrice générale de l’établissement. Dans la même logique, les étudiants de l’école pourront partir en échange dans une université étrangère dans une toute autre discipline que celles enseignées habituellement en business school. 

L’école de commerce dijonnaise, Burgundy School of Business (BSB), envisage d’introduire des changements similaires dans son cursus. "Avec le nouveau programme, il s’agira de développer des cours de géopolitique et de culture générale pour créer un continuum avec la classe prépa", explique Stéphan Bourcieu, directeur de BSB. L’établissement bourguignon se différencie d’ailleurs déjà des autres écoles en imposant à ses étudiants de consacrer quarante-huit heures à la société civile, que ce soit sous la forme de soutien scolaire, de participation à des associations ou d’assistance à des sans-abri. "Nous tenons à développer les 'soft skills' de nos étudiants", assure-t-il. 

Développer les "soft skills" 

Les "soft skills", ces compétences transversales désormais considérées comme nécessaires pour travailler en entreprise, sont devenues incontournables en école de management. Créativité, confiance en soi, esprit d’entreprendre, capacité à travailler avec d’autres corps de métier… À l’EMLV (École de management Léonard-de-Vinci), les étudiants en management collaborent avec les élèves de l’école d’ingénieurs du Pôle Léonard-de-Vinci, l’ESILV et avec ceux de l’IIM (Institut de l’Internet et du multimédia). Ils participent alors chaque semestre à des hackathons pendant une semaine. 

Membre du pôle Léonard-de-Vinci, l’EMLV propose à ses étudiants des cursus et des projets en lien avec les autres écoles du groupe, l’ESILV (école d’ingénieurs) et l’IIM (Multimédia).
Membre du pôle Léonard-de-Vinci, l’EMLV propose à ses étudiants des cursus et des projets en lien avec les autres écoles du groupe, l’ESILV (école d’ingénieurs) et l’IIM (Multimédia). // © Pablo Chignard / Hanslucas pour l'Etudiant

Jérémie, étudiant de l’EMLV, a gagné le prix du Pôle lors du hackathon "Devenir un entrepreneur responsable" pour son projet "Tech’Care" en fin d’année scolaire 2018. Avec son équipe, il a imaginé un casque sonore permettant de stimuler l’activité cérébrale et de développer sa créativité. "J’ai toujours aimé travailler en groupe. Pendant les hackathons, les membres de l’équipe sont assez complémentaires. Je suis par exemple incapable de concevoir des prototypes en 3D comme peuvent le faire les étudiants ingénieurs. Et eux n’apprécient pas forcément les présentations orales. Je m’en chargeais, je m’occupais des visuels et de tout l’aspect communication et marketing", raconte-t-il.

Double cursus et spécialités 

La pluridisciplinarité est appréciée. Mais se spécialiser peut aussi être un bon choix stratégique pour les étudiants en école de commerce. Digital, économie de l’art, management du sport… Chaque établissement propose des modules ou des options pour permettre aux futurs diplômés de se distinguer sur le marché du travail. Audencia à Nantes est par exemple connue pour ses débouchés dans le domaine de la culture. L’EM Lyon ou l’EDC sont réputées pour leur forte culture entrepreneuriale. 

Si vous cherchez à vous spécialiser, gardez un œil sur les opportunités de doubles diplômes, proposées par les écoles de commerce. Des établissements, comme l’Institut Mines Télécom Business School ou l’ICN à Nancy, offrent à leurs étudiants la possibilité de suivre des doubles diplômes ingénieur manager. 

Lire aussi : Le palmarès des écoles d'ingénieur 2018

L’EBS a, quant à elle, lancé une formation similaire à la rentrée 2019 en partenariat avec l’ECE, une école d’ingénieurs du groupe INSEEC. Lucas, 22 ans, fait partie de la première promotion de cette nouvelle formation et vient de commencer les cours à l’ECE. "À l’EBS, j’avais pris la spécialisation marketing digital et j’ai pensé qu’avoir en plus un diplôme en systèmes d’information, big data et cybersécurité, était un complément assez intéressant à ma formation", raconte le jeune homme. 

Issu d’un bac ES (économique et social), l’étudiant ne considérait pourtant pas les sciences comme un de ses points forts. Pour pouvoir intégrer le cursus, Lucas et les étudiants qui souhaitaient acquérir ce double diplôme ingénieur, ont assisté pendant deux mois à des cours de mathématiques et de programmation dispensés par des professeurs de l’ECE. "Cela nous était nécessaire pour combler nos lacunes", justifie-t-il. Le jeune homme terminera ses études en juin 2020, après quatre années à l’EBS et deux autres à l’ECE. 

De son côté, Toulouse Business School propose chaque année à une dizaine d’étudiants de poursuivre une partie de leur scolarité à Sciences po Toulouse. Florent, 24 ans, a longtemps hésité entre l’école de commerce et l’IEP (Institut d’études politiques). S’il a finalement choisi d’intégrer TBS, l’établissement lui a permis de combiner ses deux envies. "Pour pouvoir suivre ce double diplôme, j’ai déposé un dossier à TBS et j’ai passé un oral de sélection avec Sciences po Toulouse", se souvient-il. Seule condition : l’étudiant doit passer autant de temps dans son école d’origine que dans l’établissement partenaire. "J’ai fait ma première année, l’équivalent de la L3, et mon M1 à TBS puis mon année de césure et mon M2 à Sciences po", explique Florent. 

Ce double cursus lui sera utile pour son projet professionnel : Florent prépare le concours de la fonction publique hospitalière. "À Sciences po Toulouse, j’étudie l’économie et la culture générale qui pourront m’aider pour les examens. TBS forme des managers, ce que je suis amené à devenir si je réussis mes concours", détaille-t-il. 

Des pédagogies novatrices 

Si le contenu des cours change, la forme évolue tout autant. Les écoles de commerce s’adaptent aux étudiants. Les cours en amphithéâtre ne sont plus la norme. À Neoma, les élèves s’essaient au marketing et à la logistique à l’aide de casques de réalité virtuelle. Les étudiants de l’EM Strasbourg peuvent, quant à eux, participer à un jeu de simulation au sein du Parlement européen. Pendant quelques heures, ils se mettent dans la peau de députés européens répartis en groupes politiques et doivent présenter leur position sur une problématique donnée avant de voter. 

A neoma, les nouvelles technologies sont au cœur des pratiques pédagogiques.À Neoma, les nouvelles technologies sont au cœur des pratiques pédagogiques. // © Pablo Chignard/Hanslucas pour l'Etudiant

GEM (Grenoble École de management) a fait de l’enseignement par le jeu l’une de ses spécialités. Les étudiants s’initient dès les premières semaines à Tech it, un serious game dans lequel ils doivent combiner des cartes objets et des cartes technologies pour apprendre à innover. Chaque année, les élèves du programme grande école vont expérimenter deux ou trois jeux créés par l’école. "Pendant leur oral, ils peuvent même choisir d’être évalués par le biais d’un jeu", précise Hélène Michel, professeure et conceptrice de serious games. 

Accueillant plusieurs dizaines de sportifs de haut niveau, GEM a également mis en place un parcours entièrement en ligne pour s’adapter aux horaires très contraignants de ce public spécifique. Laura est membre de l’équipe de France d’aviron depuis plus de cinq ans et a rejoint le programme grande école de l’établissement en 2017. Ne pouvant vivre de son sport, elle a choisi de suivre en parallèle une formation en école de commerce. Mais avec deux entraînements par jour et vingt-cinq heures de sport par semaine, il est généralement difficile de concilier grandes études et pratique de haut niveau. Un parcours en e-learning était donc parfaitement adapté pour elle. "Le professeur nous donne l’heure de cours et nous, nous essayons de nous organiser pour être devant notre écran à ce moment-là. Si ce n’est pas possible, nous regardons alors le cours enregistré", explique la sportive de 24 ans. 

Priorité à l’expérience étudiante 

Difficile de résumer l’école de commerce aux seuls cours enseignés. Désormais, l’"expérience étudiante" est une priorité pour les établissements de management. L’accueil et les services proposés peuvent être un atout en termes d’attractivité pour l’école. 

Les business schools sont ainsi réputées pour leur vie associative très riche. À l’ESSEC, Ulin, désormais en deuxième année du programme grande école, s’est beaucoup investi l’année dernière dans l’association de karaoké et dans son club de handball. Mais il avait en plus choisi de faire campagne pour les élections du BDE (Bureau des étudiants). "J’y consacrais en tout entre quarante et cinquante heures par semaine. C’est beaucoup de travail, mais contrairement à la prépa, je pouvais passer mon temps libre là où je l’entendais", raconte-t-il. S’il a perdu les élections, Ulin n’a pas cherché à ralentir le rythme de son implication dans ses activités extrascolaires. Bien au contraire. "En mars, il y a un deuxième tour de recrutement au sein des associations. Comme j’avais davantage de temps libre, j’ai choisi d’intégrer celle de photographie", complète-t-il. 

Des expériences associatives de ce type sont souvent appréciées par les employeurs. Le travail d’organisation d’événements, de recherche de partenaires ou de collecte de fonds sont des compétences recherchées que les étudiants n’hésitent pas à valoriser sur leur CV. 

L’international, pas seulement une promesse

Le départ à l’étranger est, quant à lui, toujours un passage obligé dans les business schools. Toutes les écoles de commerce imposent à leurs élèves de partir à l’international. Pour un semestre, une année en échange, en double diplôme ou sur un campus à l’étranger, pour un stage ou une mission… Les formats sont multiples. Et les étudiants n’hésitent pas à profiter de ces opportunités : ceux du programme grande école passeraient en moyenne douze mois à l’étranger en école postbac et neuf en postprépa. 

Lire aussi : Le palmarès des écoles de commerce postbac 2018-2019

Les établissements de management cherchent à nouer des partenariats de qualité avec des écoles ou des universités étrangères. À ce jeu-là, les plus grandes écoles sont souvent gagnantes. Matthias, étudiant d’HEC, étudie aujourd’hui à l’université de Yale avec une quinzaine d’étudiants de l’école de commerce francilienne. "Dans mon imaginaire, Yale, c’était le Graal. Et mes attentes sont plus que comblées. L’enseignement est impressionnant, les professeurs font tous de la recherche et sont extrêmement connus dans leur domaine", explique le jeune homme. 

Attention cependant : les séjours à l’étranger ont un coût qu’il ne faut pas négliger. Si, pour la plupart des échanges, aucun frais de scolarité supplémentaire n’est demandé par l’université ou l’école partenaire, pour certains établissements, les étudiants doivent assumer eux-mêmes des coûts colossaux en plus de ceux liés à leur installation dans un pays étranger. 

"Pour mon double diplôme avec l’université, HEC ne prend pas en charge les frais de scolarité de 68.000 dollars par an. J’ai réussi à obtenir une bourse de l’université de Yale et une autre de la Chambre du commerce franco-américaine. Mes parents m’ont aidé et j’ai dû faire un emprunt. C’est clairement un investissement conséquent mais étudier à Yale a forcément un prix", assure Matthias. 

Stages et missions professionnelles obligatoires 

Les écoles changent, innovent, cherchent de nouveaux partenaires internationaux pour leurs étudiants mais la préparation à la vie professionnelle reste leur objectif principal. Elles mettent bien sûr l’accent sur les stages et les missions obligatoires tout au long de l’année. En moyenne, en postprépa, les étudiants passent quinze mois en entreprise contre seize pour leurs homologues des écoles postbac. 

L’alternance – en contrat de professionnalisation ou en apprentissage – est aussi une formule de plus en plus développée par les écoles pour permettre aux étudiants de s’insérer plus facilement et rapidement dans le monde professionnel. En plus de dispenser les élèves des frais de scolarité toujours très élevés en école de commerce, ce format d’études permet d’acquérir une expérience professionnelle solide et valorisable sur le marché de l’emploi. "J’ai eu l’impression d’apprendre bien plus pendant mon alternance à la Caisse des dépôts que lors de mes cours", explique Blandine, 24 ans, diplômée de l’ESCP


Sensible aux problématiques actuelles, Toulouse Business School a mis en place le programme "Equal ID" dont l’objectif est d’aider les jeunes femmes à mieux négocier leurs salaires et ainsi diminuer les inégalités entre les genres. // © Manuel Huynh/ Toulouse Business School

À l’ISC Paris, les élèves sont très tôt sensibilisés aux problématiques quotidiennes de la vie professionnelle et à la culture d’entreprise par le biais des "entreprises étudiantes", complètement intégrées au parcours académique. L’école en compte 18 dont l’ISC Network, une agence d’intérim étudiant ou l’agence de communication ISC Waving. 

Fonctionnant comme de véritables sociétés avec des obligations de résultat et la nécessité de dégager un chiffre d’affaires, les entreprises étudiantes sont gérées tout au long de l’année par les élèves de l’établissement. Pendant deux des trois années passées au sein de l’école parisienne, chaque étudiant de la business school occupe un poste précis : président, chargé de communication, cadre commercial… Comme tout salarié, il bénéficie de modules de formation continue. Au cours de l’année, les présidents s’initient par exemple à la notion de leadership tandis que les chargés de communication assistent à des ateliers Photoshop et WordPress. "Cette expérience permet aux étudiants de monter en compétence. Et surtout, cela renforce leur confiance en eux", assure Pierre Barreaud, directeur des entreprises étudiantes. 

Des réseaux d’anciens pour décrocher un emploi 

Les écoles peuvent compter sur leur large réseau d’alumni pour trouver un stage ou un premier emploi à leurs étudiants ou à leurs jeunes diplômés. Et là encore, ce sont souvent les business schools du haut des classements nationaux qui profitent de leur réputation. HEC et l’ESSEC comptabilisent ainsi respectivement 60.650 et 56.716 anciens sur leur groupe LinkedIn. Un effectif important en termes de quantité mais aussi de qualité : il est courant de retrouver ces diplômés au sein des comités de direction des grandes entreprises nationales ou internationales. Jean-Paul Agon et Henri de Castries, respectivement P-DG de L’Oréal et ex-P-DG d’Axa, sont passés par HEC tandis que Gilles Pélisson, directeur général du groupe TF1 a étudié à l’ESSEC. Ces réseaux constituent un socle de relations solide sur lequel peuvent s’appuyer des écoles en perpétuelle évolution.

Si vous voulez comparer avec le palmarès des grandes écoles de commerce 2018
- Palmarès général 2018 des grandes écoles de commerce