1. Classement des villes étudiantes 2019-2020 : trois questions à François Rio, délégué général de l'AVUF
Classement des villes étudiantes 2019-2020 : trois questions à François Rio, délégué général de l'AVUF
Pauline Bluteau
Guillaume Lecompte Boinet
Publié le 20.09.2019

Spécialiste des villes étudiantes, François Rio nous livre sa vision et ses conseils pour bien choisir une ville étudiante. Il occupe les fonctions de délégué général de l’AVUF (associations des villes universitaires de France) depuis décembre 2011. Auparavant, il était directeur du cabinet Latitude Etudiante Conseil, bureau d’études de services aux étudiants. De 1990 à 2000, il a occupé les fonctions de directeur régional de la MNEF (mutuelle nationale des étudiants de France).

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L’AVUF, qui est présidée par Catherine Vautrin, présidente de la communauté urbaine Grand Reims, est partenaire des "Rendez-vous du Logement Etudiant", carrefour de tous les acteurs du sujet : professionnels de l’immobilier, bailleurs sociaux, promoteurs, établissements d’ESR, Etat, collectivités territoriales, étudiants, etc. Son délégué général, François Rio, nous donne ses conseils pour bien choisir une ville étudiante.

Quels sont les critères les plus importants pour déclencher un changement de ville étudiante ?

Cette question nous nous la posons depuis longtemps à l’AVUF. Car il faut distinguer les aspects d’image d’une ville des raisons plus rationnelles de choisir telle ou telle ville. Ces critères on les connait : il s’agit pour résumer de l’offre en formations, du coût de la vie au plan local (logement, transport…), du cadre de vie et j’ajouterais, de la politique de relations internationales, qui détermine l’attractivité de la ville vis-à-vis d’étudiants étrangers et des possibilités de mobilité sortante pour les Français. Ce qui déclenche souvent la mobilité étudiante, c’est le passage d’une prépa à l’entrée dans une école d’ingénieurs ou de commerce, ou après un DUT ou un BTS. 

Jusqu’à présent, les études dont nous disposions montraient que la mobilité des étudiants d’une ville à une autre était relativement restreinte, de l’ordre de 14% du total. Les raisons de bouger ont évolué avec la réforme du master en 2017, qui pousse les étudiants de L3 à présenter des candidatures en M1 dans plusieurs villes. Il semble donc que cette mobilité accélère un peu.

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Quels conseils pourriez-vous donner aux étudiants dans le choix de leur future ville ?

Il faut tout d’abord se méfier des effets d’image, de communication. Pour bien choisir sa ville, il y a des critères de réputation souvent lié à des facteurs comme l’ambiance - plus ou moins festive -, l’ensoleillement, ou d’autres aspects. Quelques grandes métropoles françaises sont bien dotées dans ce domaine. Ce n’est pas négligeable, mais il faut aller au-delà. Regarder par exemple les possibilités de stages en entreprise, d’engagement associatif ou citoyen, puis de trouver un emploi dans la ville à la fin de ses études. La qualité de la vie est tout aussi importante à évaluer : les temps de transport entre l’université ou l’école jusqu’au centre-ville, l’offre de transport, les prix et le nombre de logements disponibles.

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Vous leur conseillez donc de regarder aussi des villes moyennes ?

Absolument ! Dans le créneau 100.000-200.000 habitants, il y a des villes peut-être moins demandées, mais qui ont des atouts dans le domaine des temps de transport par exemple, tout en offrant un cadre de vie très sympa et festif pour les étudiants. Ces villes ont souvent plus de marges pour agir concrètement sur les conditions de vie étudiantes. Dans beaucoup de cas, la proximité des campus par rapport au centre-ville va jouer un rôle décisif à formation comparable. 

Mais que ce soit dans les grandes métropoles, les villes moyennes ou les agglomérations intermédiaires, ce qu’il faut prendre en compte avant tout, c’est la probabilité de réussir ses études. Pour les universités, on peut l’estimer, par exemple, à partir des taux de réussite en licence ou d’insertion professionnelle après un DUT, une licence pro ou un master (publiés par le ministère). La plupart des autres établissements d’enseignement supérieur, écoles d’ingénieurs ou de commerce par exemple, communiquent également ce type de statistiques.