1. Palmarès des villes étudiantes 2017-2018 : 44 villes qui cherchent à vous séduire
Palmarès des villes étudiantes 2017-2018 : 44 villes qui cherchent à vous séduire
Pierre Falga
Publié le 06.09.2017

Formation, cadre de vie, accueil, transport, logement : pour réaliser notre classement  nous avons passé en revue les atouts que les villes mettent en avant pour attirer  les étudiants. Et, qu’elles soient grandes ou petites, toutes ont quelque chose à vous offrir.

L'an passé, pour fêter ses dix ans, notre palmarès des villes avait fait peau neuve avec de nouveaux critères. Celui de cette édition, basé sur les mêmes indicateurs, réserve une autre surprise : le sacre de Lyon, qui s'impose pour la première fois parmi les 14 métropoles. Depuis plusieurs années, les résultats lyonnais s'amélioraient dans notre enquête, grâce à une belle croissance de ses effectifs étudiants et aux remarquables progrès affichés par son réseau de transport bénéficiant de nouvelles lignes de métro et de tramway : la ville récolte aujourd'hui le fruit de ses efforts.

La cité des Gaules coiffe sur le poteau deux ex-æquo : Grenoble, vainqueur l'an passé, et Toulouse, qui l'avait emporté l'année précédente, en 2015. Deux villes qui semblent avoir de l'ADN étudiant dans leur sang, tant elles sont imprégnées par le tissu universitaire local. La capitale du Dauphiné et la ville rose ont placé les étudiants au centre de leurs stratégies de développement et cela se voit !

Découvrez notre palmarès interactif des villes où il fait bon étudier

C'est aussi le cas des deux agglomérations qui les suivent de près dans notre classement, Montpellier et Rennes. Les atouts de ces quatre métropoles – un réseau de transport très efficace, métro ou tram, des logements nombreux à des prix encore accessibles, ainsi qu'une vie étudiante intense, tant associative que festive –, ont de quoi satisfaire les jeunes qui les découvrent.

Au final, les cinq premières agglomérations se tiennent dans un mouchoir de poche. Bordeaux et Nantes, suivis de Paris et Strasbourg, complètent cette liste de métropoles qui "trustent" les neuf premières places. Mais, au-delà des agglomérations qui dominent notre classement, chaque catégorie de villes – métropoles, grandes villes ou villes moyennes – a des atouts à faire valoir auprès des étudiants.

Les métropoles visent l'excellence

À Paris et dans les 13 métropoles accueillant plus de 40.000 étudiants, la diversité de l'offre de formations va souvent de pair avec le rayonnement académique, concrétisé par des prépas d'excellence, des troisièmes cycles universitaires réputés et les meilleures grandes écoles. L'offre culturelle locale est riche, le réseau de transport, efficace et la vie étudiante, intense, notamment pour les fêtards. L'envers de la médaille, pour ces poids lourds universitaires, c'est l'anonymat auquel est confronté le jeune bachelier dans les amphis surchargés. Mais également la force des tentations extrascolaires et le coût de la vie quotidienne. Mieux vaut être doté d'une certaine maturité pour se concentrer sur ses études et de larges moyens financiers pour vivre correctement.

Les grandes villes, un bon compromis

Dans notre classement, derrière les inévitables métropoles, 12 localités composent la famille des "grandes villes" et Angers détrône Poitiers dans cette catégorie. En dix ans, Angers a gagné 7.000 étudiants supplémentaires, rénové son cœur de ville, accueilli le tramway et les jeunes se rassemblent toujours plus nombreux sur la bien nommée place du Ralliement. À la suite d'Angers et Poitiers, viennent Clermont-Ferrand, Dijon, Caen et Besançon, des capitales régionales (ou ex- depuis peu) aux traditions universitaires bien établies.

Si elles sont un peu moins prestigieuses que les métropoles d'un point de vue académique, les grandes villes s'en rapprochent très souvent. Il suffit de voir le nombre de réseaux de tramways nés ces dix dernières années à Dijon, Besançon, Angers, Brest, Tours, ou encore Reims.

Elles compensent leurs rares points faibles par des loyers plus raisonnables que dans les grands centres urbains et de très bons résultats en termes d'offre immobilière. À Poitiers, Caen, Angers, Besançon, Dijon et Amiens, nous avons recensé plus de 50 studios pour 1.000 habitants sur le site leboncoin.fr. Contre seulement 18 à Lyon et 9 à Paris intra-muros.

Autre atout : les facultés de ces villes, à taille humaine, ont mis en place des dispositifs pour mieux faire réussir leurs étudiants.

Lire aussi : Classement des villes étudiantes : pourquoi ils ont choisi d'y étudier

Résultats : elles affichent de bien meilleurs taux de passage de la première à la deuxième année de licence que les grosses universités : 58 % de réussite à Angers, plus de 48 % à Clermont-Ferrand et Poitiers...

Les villes moyennes : "small is beautiful"

La troisième catégorie, celle des villes étudiantes moyennes, met à l'honneur La Rochelle et, à sa suite, Chambéry, Pau, Troyes et Limoges. Des structures universitaires plus proches des étudiants, un cadre de vie agréable dans des villes à échelle humaine : quoi de mieux pour débuter un parcours dans l'enseignement supérieur ! L'excellence passe souvent par une spécialisation, comme à Troyes, où l'université de technologie obtient de très bons résultats avec quelques milliers d'étudiants seulement, ou au Havre, qui accueille un campus délocalisé de Sciences po Paris proposant un programme Europe-Asie...
Côté budget, certaines villes offrent la carte des transports, comme à Arras, et dans plusieurs autres villes, il est encore courant de trouver des studios à louer à moins de 400 € par mois. Un coût moindre pour son installation dans sa nouvelle vie et, dans la vie quotidienne, ensuite, ça compte !

Mais il n'y a pas que les études dans la vie. Et pour le sport, le soleil ou l'engagement associatif, mieux vaut vivre à La Rochelle, Toulon ou Chambéry qu'à Paris. Demandez à Hugo, l'étudiant amoureux de voile qui a amarré son bateau à cinq minutes de son amphi de lettres, à La Rochelle. Le nom de la fac, "Les Minimes", est le même que celui du port de plaisance tout proche... Hugo n'a aucune envie d'aller poursuivre ses études à Paris.

Lyon passe à la vitesse supérieure

Classée en neuvième position en 2015, puis en quatrième en 2016, la ville de Lyon prend, cette année, la tête de notre palmarès. Retour sur une irrésistible progression.

Ces dix dernières années, la capitale des Gaules a accueilli plus de 30.000 étudiants supplémentaires, soit davantage que Aix-Marseille, Grenoble et Toulouse réunies ! Jacques de Chilly, numéro 2 des services de la métropole de Lyon, en charge du développement économique, de l'emploi et des savoirs, explique le succès de Lyon par "l'excellence des formations proposées. Autour des trois universités généralistes et de grandes écoles prestigieuses comme Centrale, l'INSA ou l'EM Lyon, nous offrons aussi plusieurs petites écoles d'ingénieurs très pointues dans leur domaine. Cette excellence n'est pas nouvelle mais l'offre s'est encore enrichie, et la ville est enfin reconnue à son véritable niveau universitaire.

"Dans le même laps de temps, le bassin d'emploi lyonnais se gonflait lui aussi de près de 100.000 emplois nouveaux, de quoi rassurer sur un avenir professionnel. Surtout, l'image de la ville a évolué. Son cœur de ville piétonnisé, les berges du Rhône rendues aux piétons, un nouveau quartier à l'architecture audacieuse qui naît autour de la confluence entre le Rhône et la Saône, des cyclistes omniprésents – souvent des étudiants à vélo –, Lyon a profondément changé.

Un autre exemple, celui des transports en commun, a de quoi frapper les esprits. Avec près d'un milliard d'euros dépensés chaque année depuis une vingtaine d'années, les collectivités locales et les entreprises privées ont consenti, ensemble, à des efforts colossaux pour améliorer le réseau. Avec succès, puisque le nombre de voyageurs est passé de 260 millions en 2000 à 455 millions en 2015. Nouvelle ligne de tram ou prolongation de lignes de métro, il ne se passe pas une année sans qu'un nouvel aménagement ne soit créé, immédiatement adopté par les habitants. Aucune autre ville de province ne peut en dire autant.

"Indiscutablement, la qualité de vie s'est améliorée, juge Jacques de Chilly. Et, à voir la vitesse à laquelle émergent de nouveaux lieux, cela profite aux tissus culturel et commerçant du centre-ville. On assiste aussi au retour d'une vraie mixité sociale, entre étudiants, créateurs et milieux plus populaires, notamment dans des quartiers comme la Croix-Rousse ou la Guillotière."
Un constat qui valide l'action constante de Gérard Collomb, ancien maire de la ville et ancien président du Grand Lyon puis de la métropole de Lyon.