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Michel Alaric, orthoprothésiste 

Fabricant de prothèses esthétiques haut de gamme, Michel Alaric dirige une entreprise artisanale, AHP Europe, qui est l'un des deux leaders mondiaux de sa catégorie. Récit d’un parcours hors du commun.

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(FNPCA - En partenariat avec l'Artisanat)

Pilote de ligne, c’est le métier que rêvait d’exercer Michel Alaric, 54 ans. À l’époque, il a une vingtaine d’années et a suivi un cursus pour devenir kiné, un métier qui ne l’emballe pas plus que ça. Pour réaliser à son rêve, il passe les examens d’une école d’aviation civile, qu’il réussit haut la main. « Mais je venais de rencontrer ma femme, qui m’a prévenu qu’on risquait de ne jamais se voir, se souvient-il. Alors j’ai réfléchi. Puis un copain m’a parlé du métier d’orthoprothésiste en me disant que ça pouvait m’intéresser. »

Dans la foulée, Michel Alaric décide de reprendre ses études. Après sa formation d’orthoprothésiste et d’épithésiste, un savoir-faire qui consiste à créer des prothèses faciales, il intègre une société de fabrication de prothèses qu’il dirige durant une dizaine d’années. Puis en 1998, il lance AHP Europe à Maisons-Alfort, une entreprise artisanale qui conçoit doigts, mains, pieds et oreilles en silicone pour reconstituer les membres de personnes victimes d’accidents ou de malformations. « Notre spécificité est de réaliser les prothèses esthétiques les plus réalistes possibles », explique-t-il.

« La technique de fabrication permet d’obtenir un grain et une couleur de peau qui ressemblent à la carnation de la personne amputée ainsi que des veines apparentes ou une forme d’ongles plus vraies que nature. À ce niveau de détail, c'est de l'artisanat. » Un travail d’une extrême minutie dont la qualité permet à l’entreprise de devenir l’un des deux leaders mondiaux du secteur. Au départ, AHP Europe ne compte que 2 personnes. Aujourd'hui, une quinzaine d’artisans, sculpteurs, coloristes…, qui sortent d’écoles d’art pour la plupart, mais aussi d’informaticiens pour la modélisation 3D s’activent pour créer des prothèses sur mesure aux résultats époustouflants de réalisme. « Toute ma jeunesse, je me suis demandé ce que j’allais faire, témoigne Michel Alaric. Le secteur médical était celui qui m’intéressait initialement. Mais à l’époque, je ne savais même pas que le métier que j’exerce à présent existait. »

Encore aujourd'hui, aucune école de prothésistes ne forme à un niveau d’intervention si pointu d’un point de vue esthétique. « Les affaires marchent bien !, se réjouit Michel Alaric. Notre entreprise sera prochainement le leader mondial de son micromarché. Nous exportons beaucoup. Plus de 70 % des prothèses que nous fabriquons sont vendues à l’étranger, alors que 100 % des produits sont réalisés en France ! »