1. Ingénieur cyberdéfense, un métier des industries technologiques
Premium

Ingénieur cyberdéfense, un métier des industries technologiques

Envoyer cet article à un ami
 // © Fotolia
// © Fotolia

Ouverte il y a trois ans, la formation d'ingénieurs en cyberdéfense en alternance de Vannes (Morbihan) figure parmi les cursus à la pointe, représentatif de la capacité d'innovation des industries technologiques. Avec de belles perspectives d'avenir.

Vous avez dit cyberdéfense ? Derrière ce mot digne des romans de science-fiction se cachent pourtant des métiers bien réels et de plus en plus indispensables ! Concrètement, il s'agit pour les ingénieurs en cyberdéfense de protéger les infrastructures des domaines stratégiques de l’État, comme la défense, l'environnement, les transports, etc., mais aussi les industries ou les PME désireuses de sécuriser leurs données et activités numériques. Depuis trois ans, il est désormais possible de se former en alternance à ce métier, grâce au pôle formation des industries technologiques de Bretagne, en partenariat avec l’Institut des techniques d'ingénieur de l'industrie, l'ENSIBS (École normale supérieure d’ingénieurs de Bretagne-Sud) et l’université de Bretagne-Sud. À la clé, un métier en plein développement et aux débouchés divers. « Le secteur de la cyberdéfense explose ! Nous en avons de plus en plus besoin, étant donné la place grandissante du numérique dans nos vies, explique Charles Préaux, directeur de la formation, les débouchés sont tournés vers le développement en sécurité d'applications, en sécurité réseaux, en accréditations, en audit, en conseil, etc. »

 

La confiance au cœur

Cette formation de trois ans s’effectue en alternance entre école et entreprise, après la signature d’un contrat d'apprentissage. Seule école habilitée par la CTI (Commission des titres d’ingénieur*) à proposer ce cursus spécifique, l'ENSIBS propose deux voies d'admission, sur dossier, en première année ou en deuxième année. « Les profils sont assez variés, souligne Charles Préaux, nous recrutons principalement du côté des DUT informatique et réseau télécom, mais également en GE2I** sécurité du domaine industriel. » 

Une fois le dossier accepté, le processus d'admission comprend un test de personnalité, un entretien de motivation et une enquête de sécurité. « C'est le même type d'enquête qui est réalisé quand on entre dans la police, explique le directeur, l'idée est de vérifier que l'étudiant n'a pas de casier judiciaire et qu'on peut lui faire confiance, c'est un aspect essentiel dans le métier ! » Autrement dit, l'éthique vaut toutes les autres compétences pour intégrer cette formation.

 

Des profils recherchés par les entreprises !

Sébastien Le Corre, étudiant en troisième année, a postulé après un DUT informatique effectué à Vannes, à l’université de Bretagne-Sud. « La sécurité informatique m'a toujours intéressé, raconte-t-il, c'était l'occasion de participer à une formation nouvelle, dans un secteur aux perspectives professionnelles importantes ! » De fait, alors même qu'il n'est pas encore diplômé, Sébastien a déjà reçu plusieurs offres d'emploi. « Nous avons la sensation d'être attendus sur le marché du travail, ça fait plaisir ! »

Avec plus de 200 entreprises partenaires, la formation est suffisamment bien implantée pour qu'il soit assez aisé de trouver une entreprise d’accueil pendant le cursus.

En contrat d'apprentissage chez Orange, Sébastien a eu la chance de voir son poste évoluer au fur et à mesure de sa formation. « J'ai d'abord été intégré aux équipes développement pour sensibiliser les salariés aux problématiques sécurité liées au mobile, ensuite on m'a confié un poste de consultant en audit technique, explique le jeune homme. Une mission qui est toujours la sienne aujourd'hui. Concrètement, mon travail consiste à tester la force de la sécurité d'un site Web par exemple, ou à gérer une situation après une cyberattaque, en interne ou chez des clients. »

Intéressé par la technique du poste, Sébastien a énormément appris en relation client : « S'adapter au public, c'est une grande partie de mon travail, sachant que des problèmes de sécurité sont souvent dus à des erreurs humaines. » Une remarque qui renvoie aux compétences attendues pour réussir cette formation exigeante. « C'est une formation scientifique mais aussi humaine, explique Charles Préaux, à côté des matières techniques, comme l'informatique, les télécoms, l’électronique, le génie industriel, on trouve aussi du droit, du management stratégique. L'idée est que les étudiants acquièrent une vision du monde et de ses enjeux stratégiques. » En tout, ce sont quelque six cents heures de cours que l'étudiant suit chaque année !

 

Pour les plus motivés, l'ENSIBS propose un double diplôme avec Sciences po Rennes qui permet, parallèlement au diplôme d'ingénieur, de passer un master en intelligence économique et stratégique. « Environ cinq étudiants choisissent ce double cursus chaque année », précise Charles Préaux. Accueillant 30 étudiants par promotion actuellement, la formation espère passer à 50 à la rentrée prochaine.

 

* La CTI délivre une habilitation qui garantit la qualité du titre d’ingénieur à partir d’un cahier des charges précis.

** Génie électrique et informatique industrielle.