1. Aurélie, officier de la Marine, les pieds sur terre, les yeux en l’air
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Aurélie, officier de la Marine, les pieds sur terre, les yeux en l’air

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 // © Marine nationale
// © Marine nationale

On peut être dans la Marine, avoir les pieds sur la terre ferme et gérer le trafic aérien. C’est le cas d’Aurélie, 35 ans, officier spécialisée dans le contrôle aérien, l’une des disciplines professionnelles qu’offre la Marine nationale. Retour sur 16 ans de carrière bercés par le bourdonnement des pales d’hélicoptères.

« Je ne travaille pas que sur un bateau. » Ce n’est pas qu’elle n’a pas le pied marin, Aurélie ; c’est plutôt qu’elle adore les avions, les hélicoptères, les tours de contrôle, les radars et les micros. Ses navigations ont duré quelques semaines, au mieux trois mois. « J’ai peu navigué : le contrôle aérien est une spécialité où l’on embarque, mais pas seulement. »

Histoire de famille

Aurélie n’a pas attendu l’âge adulte pour découvrir la Marine nationale : elle naît et grandit à Brest, la ville de l’Arsenal, la ville de l’île Longue, où s’abritent une partie des sous-marins nucléaires français ; son père, ses oncles, ses cousins sont marins. Militaires, s’entend. « Mon père a travaillé sur les sous-marins puis sur les hélicoptères. Toute mon enfance, j’ai baigné là-dedans. À 13 ans, j’ai visité Le Monge, un bâtiment d’essais et de mesures, avec mon oncle qui était alors officier détecteur. C’était ma première rencontre avec un bateau ; j’ai tout de suite adoré le côté opérationnel, j’ai eu envie moi aussi de faire quelque chose “à part”. »

« J’ai vu ma première tour de contrôle »

Sans précipitation, la jeune Bretonne veut vérifier si cette première attirance se confirme. À 16 ans, elle visite la base aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic (Finistère). « Là, j’ai vu ma première tour de contrôle, j’ai vu les avions et les hélicos qui décollaient sans cesse, les contrôleurs aériens qui parlaient au micro et avec lesquels j’ai discuté. » Tenace, Aurélie demande à y effectuer un stage pendant les vacances scolaires, puis se décide enfin : ce sera la Marine nationale.

« L’école militaire, ça change beaucoup de l’école ! »

Elle achève donc son bac S dans un lycée civil de Brest et demande à intégrer l’École de maistrance, dans la même ville. Elle est admise en 2002 pour devenir contrôleuse aéronautique – «  on dit CONTA dans notre jargon ». Là, elle fait ses classes pendant 4 mois : sport, permis bateau, apprentissage de la navigation, extinctions de feux en tenue de pompier, anglais, etc. «  Ça change beaucoup de l’école ! » En janvier, elle rejoint son école de spécialité, l’ENAC (École nationale de l’aviation civile) à Toulouse. « Après cette formation de plusieurs mois, j’ai choisi Hyères (Var) comme première base d’affectation : je voulais découvrir autre chose que la Bretagne. C’est là que j’ai obtenu mes qualifications professionnelles.  »

Après la formation théorique, vient la pratique du terrain. « À l’école, je m’étais exercée sur simulateurs, mais il fallait désormais que je m’entraîne sur le terrain, avec un moniteur qui nous apprend à contrôler. J’ai alors obtenu ma qualification au radar, un travail très particulier où l’on ne voit pas les aéronefs réellement, mais où on les guide en fonction de leur progression sur l’écran.  » La base de Hyères enregistre environ 25 000 mouvements (atterrissages et décollages) d’aéronefs civils comme militaires (avions et hélicoptères) par an.

Mobilisée pour le Grand Prix F1 du Castellet

En 2008, Aurélie décide de présenter le concours d’officier. Elle le réussit et encadre depuis – en tant que lieutenant de vaisseau – les contrôleurs aériens dans les bases aéronautiques navales où elle officie. Son quotidien ? : « J’ai mon propre bureau, je travaille souvent sur ordinateur et participe à de nombreuses réunions de coordination ou de préparation. Globalement, j’ai trois missions : 1) J’assure la sécurité des vols avec mes équipes. 2) En tant qu’officier, je suis la carrière de mes équipes, je leur propose des formations ; c’est un rôle de chef de service. 3) Au quotidien, je suis la conseillère du commandant de la base : je l’accompagne dans toutes les réunions qui concernent l’aérodrome ; nous y rencontrons de nombreux partenaires militaires et civils : les maires, les associations, les usagers, la CCI (chambre de commerce et d'industrie), la préfecture. Par exemple, nous sommes mobilisés pour le Grand Prix Formule 1 du Castellet, qui attire beaucoup de monde et augmente considérablement le trafic aérien sur l’aéroport local. »

« Il ne faut pas hésiter, mais il faut se renseigner »

Le parcours de cette maman de deux enfants est lié – c’est vrai – à son histoire familiale. Mais ce serait oublier que c’est sur une envie, lors d’une visite, que s’est jouée son orientation. À ses yeux, les jeunes attirés par la Marine nationale, même de loin, doivent suivre leur envie. « Il ne faut pas hésiter, mais il faut se renseigner, insiste-t-elle. Faire des stages de la 3e à la terminale, aller dans les CIRFA, parler avec les marins le plus possible. Ce qui compte, c’est de se faire une idée de la spécialité qui nous attire, car dans la Marine, il y a des pilotes d’avions et d’hélicoptères, des maîtres-chiens, des manœuvriers, des mécaniciens : beaucoup de métiers différents !  »

Elle évoque enfin la réserve, pour les plus de 18 ans : « Ils seront dans l’institution, en contact avec les soldats, ils auront des tâches à faire. Cela permet de s’imprégner de l’ambiance, d’être parmi nous. » Le but est de tester l’envie et d’éprouver cet état d’esprit marin qu’Aurélie résume ainsi : « Être marin, c’est être un équipage. Si je n’ai pas mangé, je ne peux pas contrôler ; si les techniciens ne réparent pas le radar, non plus. Nous avons besoin les uns des autres, comme dans une famille. » Tous sur le même bateau.

Le parcours d’Aurélie
2002 : admission à l’École de maistrance pour une formation de 17 semaines
2003 : formation à l’ENAC(École nationale de l’aviation civile).
2008 : réussite au concours d’officier de la Marine nationale.

Rejoignez l’équipage !
Chaque année, la Marine recrute et forme 3 500 jeunes hommes et femmes, du niveau 3e à bac + 5, âgés de 16 à 30 ans, dans 50 métiers répartis en 4 domaines d’emploi (les opérations navales, la mécanique des forces de surface et sous-marines, l’aéronautique navale, les métiers du soutien). Une présentation détaillée de chaque métier est à découvrir sur www.etremarin.fr.