1. Walid, ingénieur et marin
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Walid, ingénieur et marin

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 // © Marine nationale
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Walid est lieutenant de vaisseau, spécialiste en énergie/propulsion. Ce marin – ingénieur formé à l’École navale – officie depuis sept ans dans la Marine nationale. Passionné, il a grandi en Bourgogne, une région pourtant peu réputée pour son littoral ! Son parcours s’est décidé à l’âge de 15 ans, lors d’une visite de navire. Portrait.

La mer, il n’y connaissait pas grand-chose au début. « J’habitais à Beaune, en Bourgogne, et vous savez, la Bourgogne et la mer, ça fait quatre ! », plaisante-t-il. Walid a aujourd’hui 28 ans, dont 7 ans de navigation dans la Marine nationale. Il est lieutenant de vaisseau spécialisé dans l’énergie et la propulsion. En ce mois de décembre 2018, il est « à quai », à Lorient, en Bretagne, pour suivre les derniers essais d’armement d’une frégate multimission, un navire dernier cri de 142 mètres de long, pouvant embarquer jusqu’à 145 personnes. C’est son affectation du moment.

« C’est là que je me suis dit : “Pourquoi pas ?” »

Mais revenons au tout début. Le déclic pour la mer s’est fait à l’adolescence. « J’avais 15 ans, se souvient-il. La ville de Beaune était marraine d’un navire militaire, qu’elle nous a proposé d’aller visiter. Nous étions une dizaine de jeunes et avons passé une semaine à bord avec les marins. C’est là que je me suis dit : “Pourquoi pas ?” » Deux ans plus tard, Walid effectue une préparation militaire marine (PMM) : 15 samedis pendant l’année scolaire, il suit un programme d’activités proposé par la Marine nationale pour découvrir l’esprit marin (courses d’orientation, conférences, stage de secourisme avec des marins réservistes, apprentissage de la marche au pas, visites de plusieurs bâtiments à Toulon et Brest, etc.). « Sur les 25 jeunes présents, une dizaine sont rentrés dans les armées. Dont moi, car tout cela m’a conforté dans l’idée de m’engager. »

Des stages, comme dans une entreprise

Walid veut s’engager. Mais il ne se précipite pas : il passe son bac S en 2008, à Beaune, puis s’inscrit en classe prépa, au lycée militaire de La Flèche (Sarthe). En fin de prépa, il intègre l’École navale de Brest, dont il sort 3 ans plus tard avec le titre d’ingénieur. « Mes profs et ma famille m’avaient incité à poursuivre mes études avant d’entrer dans la Marine, explique-t-il. Et je voulais avoir un bon bagage avant de servir. »

À l’École navale, Walid est déjà considéré comme un marin : « Nous faisions des stages sur les navires, au sein des forces armées, l’équivalent des stages en entreprise dans le civil. Peu à peu, je me suis orienté vers la carrière d’officier énergie, qui consiste à superviser la propulsion, la production d’électricité, la motorisation nucléaire et la sécurité. C’est une spécialité qui m’attirait pour sa technicité ainsi que pour l’état d’esprit qui y règne, avec des marins expérimentés, certains avec beaucoup de bagout. »

Ingénieur électricien et manager

Au quotidien, Walid est chef de service électricité/sécurité. « Je fais partie d’une équipe de 10 personnes, dont 7 électriciens et 3 marins-pompiers. Nous veillons à la production d’électricité et à sa distribution à tous les utilisateurs, pour le radar, la vie à bord, les communications : nous sommes une mini-centrale EDF ! » Ses journées sont rythmées par trois activités principales : assurer des quarts au PC propulsion pour surveiller les écrans de contrôle et doser la propulsion ; veiller à la maintenance des installations en réparant s’il le faut ; former l’équipage à la sécurité – et continuer à se former lui-même – avec les 3 marins-pompiers de l’équipe.

Les dangers à bord : voies d’eau et risques NRBC (nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques). « Mais, dans tous les pays, sur tous les bateaux, le risque principal reste l’incendie », précise-t-il. Enfin, en tant que manager de proximité (eh ! oui, comme dans le civil), il accompagne l’évolution de la carrière de son équipe en menant des entretiens individuels, en proposant des stages et des formations. « Il faut s’épanouir dans son métier, car pour moi, être marin, c’est être prêt à partir en mission en équipage… avec bonne humeur ! »

« Le marin est humble face au mal de mer »

À bord, difficile de donner des horaires types. «  Tous les marins travaillent par quarts, qui sont des prises de poste de 4 heures. De fait, le bateau ne dort jamais. » Si la promiscuité et l’éloignement peuvent inquiéter les jeunes recrues, Walid en fait des atouts : « J’ai servi dans un sous-marin, et on s’habitue vite au manque de lumière, au fait de se serrer dans la coursive. Quant à l’éloignement, nous le vivons chacun différemment, mais ensemble, ce qui rapproche l’équipage. » Et le mal de mer ? « Le marin est humble face au mal de mer. Personne n’est immunisé. La fatigue ou le stress jouent. Et à mer 6 (des vagues de 6 mètres de haut), tout le monde à bord est malade ou presque ! »

Son conseil : parler avec des marins avant de s’engager

En moyenne, les marins français passent une centaine de jours par an en navigation. Les motivations sont multiples, mais celles de Walid sont claires : « J’aime la technicité, l’entraide et l’esprit d’équipe, ainsi que la variété des missions.  » Aux yeux du lieutenant de vaisseau, il est important pour un jeune de ne pas s’engager les yeux fermés. « Il faut d’abord discuter avec des marins, par exemple dans les CIRFA (centres d’information et de recrutement des forces armées), indique-t-il. Je conseille également le site Web My Job Glasses, qui met les jeunes en relation avec des professionnels, dont des marins. J’ai souvent parlé de mon métier sur cette plate-forme avec des jeunes très intéressés. Quoi qu’il en soit, la décision doit être mûrement réfléchie, car même si c’est un métier-passion, les contraintes sont réelles.  » Passion révélée à 15 ans pour Walid. Et reconfirmée chaque année.

Le parcours de Walid
– Pendant le lycée, la PPM (préparation militaire marine).
– Après le bac, une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) de 2 années au Prytanée, à La Flèche.
– Une formation de 3 ans à l’École navale pour devenir officier et décrocher le titre d’ingénieur.

Rejoignez l’équipage !
Chaque année, la Marine nationale recrute et forme 3 500 jeunes hommes et femmes, du niveau 3e à bac + 5, âgés de 16 à 30 ans, dans 50 métiers répartis en 4 domaines d’emploi (les opérations navales, la mécanique des forces de surface et sous-marines, l’aéronautique navale, les métiers du soutien). Une présentation détaillée de chaque métier est à découvrir sur www.etremarin.fr.