Je rumine tout le temps

Vous retournez sans cesse les mêmes idées dans votre tête. Votre imagination s’emballe et le ressentiment et la colère vous emportent. Et si vous décidiez de ne plus vous laisser envahir par les pensées négatives ? Trendy vous livre un mode d’emploi pour mettre un terme à cet engrenage.

Arrêtez de ruminer ! Et coupez le flot de vos pensées négatives.
Arrêtez de ruminer ! Et coupez le flot de vos pensées négatives. // ©  plainpicture/Cultura/Colin Gray

"J'ai passé l'année à me morfondre. Je me répétais en boucle des histoires, des querelles avec des copines. Plus j'y pensais, plus je nourrissais mon imagination en cherchant des coupables." Les ruminations de Milena, 21 ans, ont pris tellement de place que c'est un accident de vélo qui a stoppé le "débordement" de ses pensées négatives. 

"J'ai été immobilisée et j'ai pris conscience qu'il fallait que ça s'arrête, poursuit-elle. Mais je déconseille d'aller si loin pour réagir ! On peut décider de se poser et de prendre du recul." 

Maîtriser son imagination

"Nous pouvons nous projeter ailleurs par la pensée, oublier notre occupation du moment, explique le Dr Bernard Anselem, auteur de "Je rumine, tu rumines, nous ruminons" (Ed. Eyrolles). Cette capacité d'imagination est essentielle. Le problème vient de l'excès, du déséquilibre et de la répétition de pensées négatives qui altèrent l'humeur et le bien-être." Ces pensées s'imposent et se transforment en "pensées intrusives". Tant qu'on n'a pas compris qu'elles ne servent à rien, on retourne au point de départ.

Prendre de la distance

"Quand j'ai été contrainte de rester chez moi, je me suis regardée en spectatrice, raconte Milena. J'ai cherché la source de ma colère. C'est parti d'un malentendu à cause d'un cours raté que je n'avais pas pu rattraper. Je trouvais que les étudiants de mon master étaient égoïstes et individualistes. En réalité, c'est moi qui m'étais mise à l'écart et qui n'avais pas été assez claire dans mes demandes. Quand j'ai compris ma propension à prendre le statut de victime, ma colère et mes ruminations ont cessé." 

De son côté, le médecin conseille de poser un regard extérieur sur soi, comme une "dé-fusion". Plutôt que de se dire "Je suis en colère", formuler la phrase : "Je me vois en colère". Et se regarder !

Accepter ses émotions

C'est la piste suggérée par Ludmila, 17 ans : "J'étais quelqu'un qui s'enfermait, je m'énervais en silence contre mes parents et mes profs sans comprendre mes réactions et sans les exprimer. Je suis allée voir une psychologue qui m'a appris à reconnaître mes émotions, pour leur donner un sens, un but. Ce n'est pas facile mais ça vaut le coup d'essayer. Depuis que j'ai admis que je ne pouvais pas continuer à mettre tous mes sentiments sous le tapis, ça va mieux." Affronter ses émotions sans s'y opposer permet de mieux les accepter.

Écrire 

Les vertus de l'écriture sont immenses et ouvrent des portes sur son ressenti profond. Écrire aide à peser le pour et le contre, à décrire ses sensations physiques, son état mental. "Ne vous arrêtez à aucune idée, aussi pénible ou ridicule vous semble-t-elle, conseille Manon, 20 ans, férue d'ateliers d'écriture. 

Ne cherchez pas à produire un texte joli, bien organisé, comme vous le feriez pour un travail universitaire. Il faut au contraire qu'il soit le plus naturel et le plus authentique possible. Décrivez librement ce qui traverse votre esprit et votre corps, sans vous censurer, ni vous raconter des histoires, et en étant sûr(e) que personne ne vous lira évidemment !"

Agir !

"Lorsque vous aurez accepté vos émotions et déterminé les causes réelles de votre rumination, ne laissez pas vos pensées de côté, sinon votre cerveau continuera à les analyser de façon subconsciente", prévient le psychiatre. L'action libératrice est celle qui vous met en route vers la résolution d'un problème. 

Certaines réactions de votre colocataire vous insupportent ? Établissez un modus vivendi. Vous êtes blessé(e) par une infidélité ? Formulez vos griefs. Vous êtes stressé(e) par un contrôle ou un mémoire à présenter à l'oral ? Travaillez, étudiez et entraînez-vous !

Faire du sport

Autre astuce soufflée par Lucas, 19 ans : "Pour cesser de tourner en boucle dans ma tête, j'ai une méthode qui fonctionne à merveille : je sors mes baskets et je pars courir. Je n'élimine pas mes problèmes, mais je les dépasse parce que le sport me fait du bien physiquement. Au retour, je me sens mieux, détendu et je vois les choses de manière plus positive."

Psychologie

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