4L Trophy : happy end à Marrakech

La 20e édition du raid étudiant 4L Trophy s'est achevée vendredi 24 février à Marrakech. Après plus d'une semaine dans leurs voitures, les 1.450 duos d'étudiants étaient ravis d'arriver à bon port et de retrouver un peu de confort. Réactions à chaud.

4L Trophy :  happy end à Marrakech
Paul, étudiant à Skema Business School, et Augustin, étudiant en médecine, ont franchi ensemble la ligne d'arrivée avec leur 4L. // ©  Laura Makary

Direction Marrakech, au Maroc. Une à une, les 4L, couvertes de sable, franchissent la ligne d'arrivée, sous les applaudissements. Beaucoup de familles ont fait le déplacement pour accueillir leurs champions, qui, tout sourire, garent enfin leur voiture. Le parking improvisé se remplit rapidement de 4L de toutes les couleurs.

"La courroie couine"

Pour certains, les voitures sont en très bon état. Pour d'autres, le retour s'annonce plus compliqué et les équipes des mécaniciens de l'organisation s'affairent sous le soleil marocain. C'est notamment le cas de Maéva et Lætitia, toutes deux élèves ingénieures à Chimie Montpellier, qui inspectent sous le capot les entrailles de leur 4L orange ternie par la poussière. Problèmes principaux : "la courroie couine" et "le clignotant ne s'allume pas". 

PUBLICITE

Les deux copines se sont rencontrées en prépa, Maéva rêvait déjà du 4L Trophy, Laetitia l'a suivie, sans aucun regret. "Mon meilleur souvenir, c'est le lever du soleil sur les dunes dans le désert, c'était magnifique", se remémore la jeune femme. Il reste à régler les derniers problèmes techniques avant de repartir le dimanche : "On a nos partiels la semaine prochaine. On devrait être de retour en France mercredi, et on a un oral jeudi." Bon courage !

 

Le bonheur de traverser l'Atlas

Marie et Ninon ont aimé l'ouverture d'esprit des autres participants et le fait de "se faire des potes alors que nous sommes tous différents." // © Laura Makary

De leur côté, les Grenobloises Ninon et Marie, respectivement étudiantes en Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) et à l'Espé (École supérieure du professorat et de l'éducation) s'estiment chanceuses. En dehors d'un "pneu défoncé ce matin" et d'un souci de démarrage rapidement réglé lors du rallye, elles assurent ne pas avoir subi trop de problèmes mécaniques.

"Mon copain n'avait pas envie de se lancer dans le 4L Trophy, j'ai proposé à Marie de m'accompagner, elle était motivée", explique Ninon, avant de parler des beaux paysages et de son bonheur de "traverser l'Atlas". Une hâte désormais pour les deux étudiantes : prendre une douche.

 

Après la route, la douche

Prendre une douche, voilà l'envie de tous les jeunes automobilistes. Comme Guillaume et Alicia, respectivement ostéopathe et étudiante à l'EPH, école privée de communication à Paris. Entouré de leur famille, le couple semble ravi d'être arrivé et se prépare à passer la soirée avec leurs proches.

L'idée de ce défi vient de Guillaume : "Je suis amoureux des 4L depuis que je suis enfant. Je rêve de ce rallye depuis plus de dix ans, nous le préparons avec Alicia depuis deux ans, tous les week-ends. Du coup, on s'est fait plaisir et on a tout acheté en vert pour être raccord avec la voiture, des sièges à la tente de camping", avoue-t-il.

Ils ont eu des petites galères mécaniques en route, et ont notamment cassé le longeron, une pièce de la structure située près de la roue. "On s'est pris une mauvaise bosse, il s'est sectionné d'un coup ! On a dû se faire remorquer et réparer en trois heures. C'était dur", explique Guillaume. En tout cas, l'aventure les a rapprochés. "C'était un vrai test pour notre couple, cette expérience nous a rapprochés. Ça nous a donné un but commun pendant deux ans et on ne s'est pas trop embrouillés pendant le rallye", ajoute Alicia.

 

Un goût d'accomplissement

Cédric et Laura n'ont pas eu beaucoup de pannes, grâce à une grosse préparation en amont. // © Laura Makary

"Que du bonheur", c'est ainsi qu'un autre couple, quelques 4L plus loin, résume son aventure. Cédric est étudiant à l'école d'ingénieurs Estia, au Pays basque, Laura travaille dans la restauration. Leur meilleur souvenir : "L'arrivée à Merzouga. Il faisait beau et chaud. On a pu monter sur les dunes, c'était génial." Pour Cédric, qui avait déjà tenté l'aventure sans pouvoir la finir à cause d'une panne, cette arrivée a un goût d'accomplissement. "Il fallait que je la finisse", explique-t-il, soulagé. 

Avec, encore et toujours, un challenge dans le couple : l'hygiène. "C'était un vrai test. Le soir, c'était chacun dans son sac de couchage ! Mais tout s'est bien passé, grâce à une année de préparation intensive", complète Laura.

 

4.000 personnes pour faire la fête

La nuit tombe sur le parking improvisé, les 4L continuent d'arriver au compte-gouttes, pour les dernières, ce sera dans la nuit du vendredi au samedi, dont certaines malheureusement remorquées. Retrouvailles "Chez Ali" le samedi soir, un grand complexe hôtelier situé à une quinzaine de kilomètres au nord de Marrakech. Entre les participants au 4L Trophy, les familles, les invités, les partenaires et la presse, plus de 4.000 personnes seront présentes au dîner et à la grande fête.

Accompagné du parrain de cette édition, l'animateur et journaliste Denis Brogniart (voir encadré), Jean-Jacques Rey, le fondateur du raid, a annoncé les noms des grands gagnants : Sabine et Jean (équipage 1779), qui remportent notamment une participation à l'Argentina Trophy, "dont la première édition se déroulera en mai prochain", comme le précise le 4L Trophy. Suivent sur le podium deux autres duos : Laureline et Yann (équipage 1778), ainsi que Simon et Maxime (équipage 2022).

La fête dure toute la nuit. Le lendemain matin, Marrakech se réveille pleine de 4L, garées un peu partout. Les mines sont heureuses, mais fatiguées. Il va falloir garder un peu de forces, car le voyage du retour commence. On the road again.

Denis Brogniart, parrain de la 20e édition

L'animateur et journaliste Denis Brogniart, connu pour être le présentateur de l'émission "Koh Lanta", est un parrain enthousiaste. "Je vis ce rallye par procuration, j'aurais adoré y participer à 20 ans ! Dans un monde où l'on ne parle que de choses négatives et de chômage des jeunes, voilà des étudiants qui ont la banane et qui sont très ouverts", lance-t-il, lors de l'arrivée.

Il confie par ailleurs pousser son fils de 16 ans à s'y inscrire un jour. "J'ai hâte qu'il puisse le faire. C'est un événement bienveillant, intelligent et solidaire, que je trouve formidable", conclut-il.
 
vie étudiante Sport

Pour aller plus loin