Les premières fois d’Émilie Mazoyer, animatrice radio

Elle vous fait (re)découvrir des perles musicales cultes chaque soir, à 21 heures, sur Europe 1, dans "Shuffle". Émilie Mazoyer raconte les anecdotes qui l’ont amenée à devenir animatrice radio.

Dans la bonne humeur, Émilie Mazoyer vous raconte ses anecdotes professionnelles.
Dans la bonne humeur, Émilie Mazoyer vous raconte ses anecdotes professionnelles. // ©  Europe 1

La première fois que j’ai eu une mauvaise note

J’avais de super notes, mais j’étais dissipée en classe : les profs n’aimaient pas, parce qu’ils ne pouvaient pas m’engueuler, alors que j’étais insupportable ! Mon premier vrai échec, c’était au concours de l’EJT (l’école de journalisme de Toulouse), je suis arrivée un peu trop confiante et j’ai été recalée à l’oral. Jusque-là, en dilettante, ça passait toujours. Là, non. J’étais déçue et vexée. Je m’en suis voulu : cela a été le déclencheur pour bosser comme une tarée en radio.

La première fois que j’ai séché un cours

J'ai commencé par sécher la cantine, pour voir si je me faisais choper. Dans mon école privée, à Bourg-en-Bresse (Ain), c’était très surveillé, il fallait pointer. Je suis partie avec les autres élèves, mais je n’avais pas une thune pour déjeuner, il n’y avait rien d’ouvert, alors j'ai débarqué au bureau de mon père, tellement j’avais faim. Donc je me suis fait gauler. À la fac, j’ai beaucoup séché. Avec une copine, on se levait, on arrivait à la fac à 8 heures, et devant la salle de cours, on se regardait, et on disait : "Café ?" et on se barrait.

La première fois que j’ai eu mon appart

C’était horrible ! Quand j’ai commencé à travailler pour la radio toulousaine Le Mouv, à 23 ans, j’ai pris un appart pas loin. En fait, juste en face des bureaux, fenêtre à fenêtre. Je pouvais parler à la rédac depuis ma fenêtre. Un jour, je suis sortie de ma douche enroulée dans une serviette, et la tringle à rideau est tombée d’un coup. Toute la rédaction m’a vue dans cet état, morte de rire !

La première fois que j’ai dépensé ma paye

Je travaillais chez Quick, à Toulouse. Et j’étais amoureuse d’un garçon qui étudiait à Nantes. Donc je dépensais ma paye en billets d’avion pour le rejoindre, en passant par Lyon ou par Paris.

La première fois que j’ai acheté mes propres fringues

Dans ma famille, on se moque de moi, parce que j’ai eu ma période orange. J’achetais toutes mes fringues en orange, je ne sais pas pourquoi, parce que ça donne mauvaise mine, en plus ! La mode, ça m’est venu plus tard, hein.

La première fois que j’ai eu le déclic pour ce métier

Quand j’écoutais Doc et Difool sur Fun Radio, en 1996-1997. Cette radio passait beaucoup de rock et fédérait toute une communauté. Je ne voulais pas juste les écouter, faire partie de leur bande, je voulais être à leur place. Comment faire ? J’ai écrit aux animateurs de l’époque, Arnold, Cauet, Difool. Ils m’ont tous dit qu’il n’y avait pas d’école, et qu’il fallait passer par une radio. Mais j’ai quand même voulu faire une école de journalisme (raté, donc !) et je suis entrée comme standardiste au Mouv. Tant mieux si on arrive à passer par une école, mais rien ne vaut de commencer la radio au plus petit des échelons.

La première fois que j’ai passé un entretien d’embauche

Ce n’était pas le premier, mais le plus récent a été le plus dur. Jusque-là j’avais eu une progression linéaire : standard, puis voix pour une annonce, puis une chronique, puis une émission. Après quatorze années à Radio France, j’ai eu un enfant, et il a bien fallu revenir dans le métier. Pour mon entretien à Europe 1, avec Bruno Gaston, le directeur des programmes de l’époque, je me suis mis la pression, et j’ai eu peur. Cela s’est bien passé, mais il m’a dit : "On vous rappellera." Ce qu’il a fait… Un an après.

Ma plus grosse galère professionnelle

C'était à la fête de l’Huma, avec JoeyStarr, en 2016. Je réalise son interview 30 minutes avant son concert. Au moment où je dois éteindre mon micro, je me rends compte que je ne l’avais pas allumé. Le son devait impérativement être diffusé le lendemain matin, le lancement de l’animateur était déjà enregistré : "Et tout de suite, on retrouve Émilie Mazoyer avec JoeyStarr".

J’y suis allée au culot, je suis retourné le voir pendant qu’il faisait ses balances, en lui disant : "Mon micro n’a pas bien fonctionné". Il a été adorable, cela a donné un super reportage, puisqu’on l’a fait pendant qu’il faisait ses réglages micro, sur scène, avec une ambiance de fou. Mon conseil aux jeunes étudiants en journalisme : toujours vérifier que l’enregistrement fonctionne, même si vous êtes pressés, même devant une vedette.

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