De retour d’Erasmus : au secours, je déprime !

On parle beaucoup du départ, peu du retour : pourtant, après un semestre ou une année à l’étranger, se réadapter à son propre pays n’est pas une étape facile. Alors, comment dépasser le blues post-Erasmus s'il vous tombe dessus ? Conseils.

De retour d’Erasmus : au secours, je déprime !
Vous n'arrêtez de regretter votre semestre ou votre année passée à l'étranger ? Première étape : tentez de cerner ce qui vous met dans cet état. // ©  PlainPicture

"Il restera toujours de la nostalgie." Fiorella, italienne, est partie étudier en Espagne. Rentrée depuis dix ans, elle garde encore le cœur lourd. Comme elle, bon nombre d'étudiants vivent le retour au pays comme une douloureuse épreuve, allant pour certains jusqu'à l'état dépressif.

Déprimé ? Réfléchissez à ce qui vous avait fait partir

Nicolas Serres-Cousiné, coach de vie pour expatriés, analyse cet état à la lumière des motifs du départ : que fuyait-on, même inconsciemment, lorsqu'on a choisi de tout quitter ? "Lorsqu'il y a souffrance au retour, c'est parce qu'il y a eu un vrai désir de partir de France. Et si ces raisons ne sont pas comprises, certains se retrouvent dans l'angoisse."

Le blues n'est pas forcément lié à ce qu'on croit. Prendre le temps de s'interroger facilite le chemin. Avait-on besoin de plus de liberté ? Voulait-on se découvrir ? Était-on en quête de ses origines étrangères ? Le choix de partir s'avère révélateur sur notre personnalité. Bien entendu, la situation diffère lorsque l'expatriation a été imposée par le cursus d'études.

Intégrez  ce que vous avez appris à votre quotidien

L'étape de la réflexion passée, le coach conseille de lister tout ce qu'on a aimé et appris, puis de trouver une façon de l'appliquer en France. À leur retour, en juin 2014, Barthélémy, Claire et Florence ont aisni choisi de s'investir dans l'antenne lyonnaise de l'Erasmus Student Network (ESN). Cette association accueille les étudiants étrangers et propose de nombreuses sorties. Les bénévoles pratiquent ainsi les langues, partagent leur propre expérience, continuent les échanges culturels... "Lorsque je vivais aux États-Unis, j'avais la sensation d'appartenir à un groupe, celui des expatriés, explique Claire. Avec l'ESN, je retrouve cette question d'appartenance."

Fiorella, elle, a d'abord très mal vécu sa réadaptation. "On revient à la normalité, tout semble banal." Ensuite, elle a décidé de faire fructifier cette expérience en consacrant sa thèse d'anthropologie aux étudiants Erasmus. Avant d'en faire un livre de fiction publié chez elle, en Italie, pour que cette année à l'étranger demeure "un souvenir positif". Mais attention à ne pas tomber dans le piège de garder un lien trop fort avec le pays quitté, ce qui entretient le regret. Barthélémy l'admet : "Avec l'ESN, on reste dans l'euphorie, mais cela maintient une forme de nostalgie."

Le mal-être persiste ? Repartez !

Si le mal-être persiste au bout de trois ou quatre mois, Nicolas Serres-Cousiné propose une solution drastique : refaire ses valises. Un remède tout trouvé, pour un coach français installé à New-York. "L'année qu'on a passée nous a éloignés parfois encore plus d'une culture qu'on refusait déjà à l'époque. Partir est toujours une fuite, quelque part, mais il s'agit parfois d'une question de survie."

De nombreux étudiants prennent la décision de rester dans leur pays d'accueil, ou de s'envoler pour une autre expérience internationale. Florence le confirme : "L'Erasmus donne envie de découvrir le monde." Mais Nicolas Serres-Cousiné va plus loin, en estimant que la vie dans son propre pays peut devenir impossible. "En allant à l'étranger, il n'y a plus les parents, les amis, le poids de la société... On fait face à sa propre solitude et on se trouve soi-même. Parfois, la personne qu'on devient ne correspond pas à la France, et ça ne marche plus. En tout cas, pas pour l'instant." Le rêve est plus facile hors de chez soi.

Pour aller plus loin

Vos commentaires (2)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires
mika.

Salut , Ce trouver soi même c'est a dire , j'ai le voeu de partir a l'etranger pour tentez cette experience en esperant trouver qui je suis . quelqu’un a deja vecu ca :D

myrtille.

Mika on a tous vécu ca en vivant une experience a l'etranger, parce que tu enleves tout tes reperes ta famille tes amis tes code la normalité de ta vie, quand tu pars a l'etranger tu dois te reinventer parce que tout bascule tout change tout evolue. tu te reconcentre sur toi forcement et ca te permet de te faire toi et rien que toi pas ce que maman papa famille amis ta toujours dictée montrer ou que sais je encore. meme si tu es pas seule face a ton deracinement tu es tout seul meme avec des amis tu te retrouve face a toi. tu prend un dessin pour en faire quelques choses d'autre tu ne change pas du tout au tout tu evolue tu te reinvente. Je suis pas allé a l'etranger grace a erasmus mais en tant que jeune fille au pair et j'avoue que la deprime est bien presente parce que je suis partie d'un pot pour y retourner 1 ans plus tard mais la plante n'est plus la meme elle est plus grosse plus epanouie. C'est simple je n'envisage pas a la sortie de mes etude soit dans un an vivre autre part qu'a l'etranger c'est impossible tout mon projet de vie est autour de ca. bonne chance a toi et tu verra cette experience te changera de toute les facon possible emme plus que tes esperance je te le jure

Cindy.

Merci pour cet article et ses très bons conseils. Je vais les appliquer !

Victor.

On peut aussi s investir au retour dans des emplois a temps partiel proche du pays etranger : immigrants, etudiants,ambassade,restaurants,etc