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À Besançon, les zombies mettent un pied à l'université

Camille Jourdan
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Un colloque sur les zombies s'est tenu à l'université de Besançon, fin mai
Un colloque sur les zombies s'est tenu à l'université de Besançon, fin mai // ©  Camille Jourdan
Dans le cadre du festival Ludinam, dédié au jeu, la faculté des sports de l'université de Franche-Comté a accueilli, le 26 mai 2017, une série de conférences dédiées aux zombies. Une façon, pour l'établissement, de favoriser le dialogue entre chercheurs et grand public autour d'un thème issu de la culture populaire. Premier volet de notre série "Les insolites d'EducPros".

Visage déchiqueté, membres mutilés... Après avoir envahi les écrans, les zombies s'emparent du monde de la science. Vendredi 26 mai 2017, la faculté des sports de Besançon organisait une journée de conférences consacrée à ces créatures, dans le cadre du festival dédié au jeu, Ludinam.

"Les zombies et la perte de sens du monde", "Les zombies qui sont en nous", "Les zombies, un laboratoire du politique"... Entre géographie, neurosciences, philosophie, physiologie et littérature, des chercheurs de nombreuses disciplines se sont succédé pour évoquer le sujet sous le prisme scientifique. Le public a pu ainsi se demander si l'on pouvait marcher sans la tête, mais aussi ce que disaient les zombies de notre société, ou quel système politique adoptaient les hommes face aux zombies.

Pour rapprocher chercheurs et grand public

C'est autour d'un café qu'Audrey Tuaillon Demésy et Sidney Grosprêtre, tous deux maîtres de conférences et férus de l'univers zombie, ont eu l'idée de cet événement. En analysant un épisode de la série "Fear the Walking Dead", ils évoquent un article scientifique qui utilise l'exemple d'une invasion de zombies pour comprendre un modèle de propagation épidémique. L'idée d'allier sciences et culture populaireles séduit mais encore faut-il convaincre leur direction. "Nous y allions avec un peu d'appréhension, concède Sylvain Grosprêtre, mais la réaction du directeur de l'UFR Sports nous a agréablement surpris". Nicolas Tordi, le directeur, accepte d'emblée ; pour lui, il est important "de soutenir les initiatives des jeunes enseignants-chercheurs" : "Je fais confiance au sérieux de leur démarche, explicite-t-il, et pour attirer l'attention, il faut parfois bousculer un peu les codes...".

 "On ne va pas seulement parler de zombies, avertit Sidney Grosprêtre à l'entrée de la conférence le jour J, on va aussi parler de sciences." Le zombie devient ainsi prétexte pour découvrir des notions scientifiques. "Avec cet événement, nous souhaitons rapprocher les chercheurs et le grand public", explique l'enseignant-chercheur, très attaché à la vulgarisation scientifique. Grâce à son intervention, par exemple, le public a pu apprendre que c'était la moelle épinière, et non le cerveau, qui contrôlait les mouvements automatisés. Voilà donc pourquoi – si l'on simplifie – un zombie pourrait éventuellement marcher sans tête !

De la géographie à la biologie zombie

"Cet événement constitue un excellent outil pédagogique", assure Manouk Borzakian. L'enseignant-chercheur géographe, qui s'est livré durant la conférence à une analyse du film "World War Z", a l'habitude de faire visionner des films de zombies à ses élèves : selon lui, les villes envahies par les morts-vivants montrent une certaine organisation de l'espace. "On gagne énormément de temps avec ces images", explique-t-il.

Avec cet événement, nous souhaitons rapprocher les chercheurs et le grand public.
(S. Grosprêtre)

Si certains chercheurs sont des férus des zombies, d'autres se sont documentés spécialement pour l'occasion. C'est le cas de Sébastien Causse. Le biologiste s'est amusé à lister des situations où l'homme peut avoir certaines caractéristiques du zombie : atteint du virus de la rage, qui fait saliver, ou après avoir ingurgité la drogue flakka, qui semblerait rendre cannibale. "J'ai appris énormément en faisant mes recherches, se réjouit-il. Certains éléments ont même fait écho à ma discipline, la cancérologie."

Pas (encore) pris au sérieux

Mais visionner des extraits de "La Nuit des morts-vivants" ou de "The Walking Dead" pour parler de sciences n'est pas toujours bien accepté par la sphère scientifique. Fabien Perrin, spécialiste en neurosciences cognitives, confie qu'il ne parlerait pas des "agents zombies", pourtant thème de son habilitation à diriger des recherches (HDR), dans un colloque purement scientifique. "Pourtant, c'est un super vecteur de vulgarisation", regrette-t-il.


Camille Jourdan | Publié le

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