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Budget des universités : François Hollande défend sa priorité jeunesse

Camille Stromboni
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François Hollande recevait les présidents d'université à l'Élysée lors d'un dîner le 12 décembre 2014
François Hollande recevait les présidents d'université à l'Élysée lors d'un dîner le 12 décembre 2014 // ©  Camille Stromboni

L’Assemblée nationale a voté, le 12 décembre, en faveur du rétablissement des 70 millions d’euros amputés au budget 2015 des universités. Une décision dont s’est réjoui François Hollande, qui a reçu les présidents de fac lors d’un dîner à l’Élysée.

Les députés ont adopté, comme l’avait annoncé l’Élysée la veille, un amendement rétablissant 70 millions d’euros au budget 2015 des universités, le 12 décembre 2014. L’Assemblée nationale avait, en première lecture du projet de loi de finances, raboté 136 millions d’euros sur le volet Enseignement supérieur et recherche, dont 70 millions retirés aux facs, avec le soutien du gouvernement.

"Le budget des universités, dans une période de contraintes budgétaires, doit être sanctuarisé. C'est une promesse qui est tenue. Je me réjouis que, suite à une intervention que j’ai faite, le Parlement ait rétabli les 70 millions", a affirmé François Hollande devant les présidents de fac, réunis le soir même à l’Élysée.

vigilance sur les fonds de roulement

"C'est une question de confiance entre nous. Vous savez que l'État tiendra ses engagements", a promis le président de la République, face à un parterre d’une centaine d’universitaires. Il a également évoqué, comme signe d’encouragement et de soutien financier, le capital de 3 milliards d’euros dédié aux appels d’offres des investissements d’avenir (Initiatives d’excellence), ou encore le rôle des collectivités et celui des fonds européens.

François Hollande s’est enfin exprimé sur l’une des inquiétudes budgétaires d’une partie des présidents d’université : celle de voir l’État piocher dans les fonds de roulement des facs disposant des plus importants bas de laine. "Je sais aussi qu’il y a une attention particulière sur les fonds de roulement. À chacun des présidents d’université, et je sais que les ministres y seront attentifs, de faire valoir que ces fonds de roulement permettent justement des investissements", a-t-il déclaré. La mission des Inspections sur le sujet doit rendre ses conclusions en janvier.

Quant à savoir où vont être repris les 70 millions d’euros rendus aux facs pour 2015, l’amendement précise que 20 millions seront coupés sur le programme "Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires", et 15 millions pris sur l’enseignement scolaire. Après les différentes péripéties parlementaires, la coupe sur l'enseignement supérieur et la recherche s'élève donc à 86 millions d'euros par rapport au projet de loi de finances initial, concentrée sur les budgets de la recherche.


Camille Stromboni | Publié le

Vos commentaires (5)

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PRenColère.

Et dire que la CPU, et son bureau sortant, va se féliciter de son action, crier victoire. Les présidents d'université avalent des couleuvres, piochent dans le fonds de roulement de leur établissement pour boucler leur budget et montrer qu'ils sont de bons élèves… euh des gestionnaires (ils disent "managers") responsables, réduisent les crédits des labos et ferment les formations non rentables (ils disent "attractives") pour y parvenir. Où sont les formidables marges de manoeuvre promises? Honte à vous messieurs les présidents, vous êtes indignes de votre fonction, démission!!!

Stromboni (EducPros).

Bonjour, L'objet de cet article est le projet de loi de finances 2015, et non l'ensemble des coupes qui touchent l'enseignement supérieur et la recherche (CPER en baisse, PLFR 2014, triennal...). Nous essayons par ailleurs de traiter la question de la précarité (cf les articles des 11/12 décembre /// baromètre de l'ESR, etc.) ou encore celle du décalage entre discours ministériel et réalité (ex. avec les 1.000 emplois annoncés, 40% gelés). Cdmt. CS

Jean-Louis Fournel.

Il est de fait saisissant de constater que le simple rétablissement de crédits coupés quelques semaines plus tôt passe pour une victoire et un "respect des engagements". La réalité c'est la stagnation ou plus exactement que, compte tenu des dépenses supplémentaires induites par les regroupements d'université et la logique d'excellence défendue par la loi Fioraso, qui s'inscrit rigoureusement dans les pas de la loi LRU, le budget disponible pour l'immense majorité des étudiants est en baisse réelle. Quant au fait de couper dans les crédits de l'enseignement scolaire pour récupérer une partie des 70 millions l'obscénité de la chose laisse sans voix. Il serait bon que de temps en temps Educpros sans prendre parti sur le bien fondé de la chose (ce n'est évidemment pas le rôle que vous entendez avoir et c'est légitime) pose au moins la question (ça ce serait du travail de journaliste) sans se contenter de répercuter les communiqués ministériels ou présidentiels. Pourquoi faut-il que ce soit un site militant qui mette en évidence le délabrement des locaux universitaires ? Pourquoi, ne pas lancer une grande enquête indépendante sur la précarités dans l'ESR ? JL Fournel

bisiou.

Curieuse priorité: en 2 exercices budgétaires François Hollande et sa majorité auront supprimé l'équivalent de 4 universités... cordialement

Groupe Jean Pierre Vernant.

Quelle honte cet article! Mme Stromboni a pourtant reçu le chiffrage par mail montrant que 513 millions d'euros ont été amputés au budget de l'Université et de la Recherche. Pourquoi propager l'écran de fumée mensonger du groupe Marc Bloch dont on voit les têtes à la table devant le chef de l'Etat. Les sources ici: http://www.groupejeanpierrevernant.info/