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Deloitte Éducation : "Après l’accompagnement de la loi LRU, nous nous repositionnons sur les écoles privées"

Marie-Caroline Missir
Publié le
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Deloitte Éducation : "Après l’accompagnement de la loi LRU, nous nous repositionnons sur les écoles privées"
Deloitte France conseille les établissements d'enseignement supérieur dans leurs démarches de transformation digitale et d’innovation pédagogique. // ©  plainpicture/Hollandse Hoogte/Amaury Miller
Digitalisation de l’offre de cours, stratégies immobilières, transformation digitale, innovation pédagogique : le cabinet de conseil Deloitte France a développé depuis 2007 une offre dédiée aux établissements d’enseignement supérieur, pour un marché entre 1,5 et 2 millions d’euros annuels. Entretien avec Magued Abdel-Maaboud, qui dirige la branche éducation au sein de Deloitte France.

Quelles sont les activités de Deloitte dans l’ESR ?

Les activités de conseil de Deloitte dans l’enseignement supérieur et l’éducation ont commencé à se développer en 2007–2008 avec la loi LRU, autour d’une première mission sur la création de l’Université de Strasbourg. Nous intervenons notamment sur la stratégie numérique des établissements : dématérialisation des processus d’inscription, digitalisation des relations entre les étudiants et l’administration, implémentation de CRM et de technologies applicatives, innovation pédagogique. Nous les aidons ainsi à simplifier leurs process. Nous avons aussi beaucoup de missions sur des schémas directeurs numériques avec un volet technologique et un volet pédagogique. Nous travaillons avec des Comue, des universités, des écoles de commerce, d’ingénieurs ou des instituts de recherche.

Quelle légitimité pédagogique revendiquez-vous, dans un univers très académique ?

Nous avons intégré un enseignant pour être plus légitimes pour parler à nos clients de transformation digitale et d’innovation pédagogique. Nous proposons ainsi aux établissements une aide au "sourcing" pour se repérer dans le foisonnement des offres numériques, les aider à construire les parcours, à mesurer l’impact sur la rémunération des profs et à définir le modèle économique d’offres de cours hybrides ou distanciels. Nous avons ainsi pu souvent observer que la digitalisation des cours pouvait être freinée par des questions de rémunération, car comment valoriser et rémunérer les dix heures qu’un professeur passe à créer un contenu de cours digital ?

Quels sont vos axes de développement ?

Depuis deux ans, nous nous sommes repositionnés sur les écoles privées. Nous avons ainsi beaucoup travaillé sur les écoles de commerce et d’ingénieurs, qui sont des milieux parfois assez étanches par rapport aux universités. Nous avons par exemple mené des missions de conseil autour de questions immobilières, très importantes dans les stratégies des écoles.

Notre ambition est aussi de nous positionner davantage sur le secteur secondaire et primaire, mais le marché reste très atomisé. Au Royaume-Uni, l’équipe éducation de Deloitte travaille plus en appui des politiques publiques, auprès des "councils" pour la mise en œuvre d’une nouvelle législation par exemple. Aux États-Unis, Deloitte accompagne le déploiement de solutions applicatives pour les universités et les écoles. La France reste un marché très spécifique. Enfin, sur la formation professionnelle, nous suivons les grands groupes du CAC 40, dont certains font face à des pénuries de compétences. Les directions RH commencent à anticiper les carences dans les recrutements et souhaitent internaliser la formation initiale pour certains métiers faiblement attractifs. Dans ce cas, nous pouvons nous voir commander des études qui permettent de mieux appréhender le secteur de l’éducation, ou de mieux cibler leurs offres destinées au marché de l’éducation.

Vous vous intéressez également au développement de la EdTech ?

C’est un autre pan de notre activité : la recommandation de start-up EdTech auprès des établissements d’enseignement supérieur. Certaines écoles préfèrent solliciter telle ou telle offre sur le marché de la EdTech plutôt que de miser sur du développement, pour accélérer la mise en place d’un programme de digitalisation. Nous pouvons aussi aller un cran plus loin en les aidant à contractualiser avec des start-up, dans une logique d’aide à la mise en œuvre des recommandations que nous avançons. C’est une forme de "médiation interculturelle" !


Marie-Caroline Missir | Publié le

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