Dix universités qui inventent le campus du futur

Morgane Taquet
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Le campus Otaniemi - Université Aalto - Finlande
Le campus Otaniemi - Université Aalto - Finlande // ©  Aalto university - Mikko Raskinen
Elles ont toutes décloisonné l'espace, mis l'étudiant au centre du campus et parié sur l'innovation pédagogique et architecturale. Qui sont ces universités du XXIe siècle ? EducPros a sélectionné dix établissements pionniers à l'international, à l'occasion de la conférence "Comment adapter son campus à sa pédagogie" du 20 novembre 2014.

1 -  Ray et Maria Stata Center :  le campus onirique de Franck O. Gerhy

ÉTATS-UNIS. Le Centre Ray et Maria Stata est construit sur le site du légendaire bâtiment 20 du MIT à Cambridge (États-Unis). Un bâtiment "temporaire" en bois construit pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est le célèbre architecte Franck O. Gerhy, issu de la D. School de Harvard, qui est à l'origine de ce campus onirique. Le centre accueille plusieurs laboratoires de recherche dont ceux liés à l'intelligence artificielle et à l'informatique, ainsi que des laboratoires de linguistique et de philosophie.

Ray and Maria Center - MIT - Etats-Unis

© Juan Paulo Gutierrez

2 - NTU, l'Écocampus

SINGAPOUR. NTU (Nanyang Technological University) est une université de recherche intensive qui accueille 32.500 étudiants. L'université singapourienne se positionne comme un campus exemplaire en matière environnementale avec sa stratégie ÉcoCampus qui vise à diminuer de 35% la consommation en eau et en énergie, l'empreinte carbone et la production de déchets d'ici à 2020.

NTU Innovation Campus

©Vwolvol

3-  Le Stratford campus et son mur de verre

CANADA. Créé en 2009, le campus de Stratford, une des trois antennes de l'université de Waterloo, est essentiellement tourné vers les médias numériques. Une spécificité qui ne doit rien au hasard : Stratford est une petite ville de l'Ontario régulièrement primée pour la qualité de ses infrastructures numériques. Au sein de cet écosystème, le campus est aussi le siège du Stratford Institute for Digital Media, programme gouvernemental qui doit faire du Canada une des premières nations du numérique. Six classes, deux media labs et des espaces collaboratifs composent ce site universitaire. Un mur en verre a été conçu pour que la communauté de Stratford puisse voir les étudiants et enseignants travailler.

Le Stratford campus de l'université de Waterloo (Canada)

©Waterloo university

4-  Le e-doyen de la TU Delft

PAYS-BAS. La plus importante et la plus ancienne université publique des Pays-Bas, l'université de technologie de Delft forme plus de 19.000 étudiants et accueille plus de 3.300 chercheurs et enseignants, au sein de 8 facultés de technologie, ingénierie et design. Son credo : la Delft Extensive School qui réunit toute l'activité en ligne de l'université comme les MOOC, les programmes diplômants en ligne et les open courses. Le tout dirigé par un “e-doyen” !

TU Delft - Pays Bas

©Nol Anders

 5- université de Wollongong : les start-up au centre

AUSTRALIE. Située à 80 km de Sydney, l'université publique de Wollongong compte plus de 22.000 étudiants. L'iC (Innovation campus), campus dédié à l'innovation et siège d'un grand nombre d'organismes de recherche et start-up, fait de Wollongong une des universités australiennes les plus attractives en termes d'innovation et de recherche.

Le

©UOW

6- le Harvard iLab, mission incubateur

ÉTATS-UNIS. Lancé en 2011, l'incubateur Harvard innovation lab occupe plus de 10.000 m2. Au-delà de sa mission d'incubateur, il privilégie la création de start-up pluridisciplinaires à partir de projets d'étudiants issus de tous les départements d'Harvard.

Le Harvard innovation Lab

©HarvardIlab


7- OTANIEMI, le hub technologique

FINLANDE. Le campus d'Otaniemi de l'université finlandaise d'Aalto se compose de 4 instituts de technologie, d'arts, de design et d'architecture. Véritable hub technologique, le campus a pris appui sur l'université d'Aalto issue de la fusion d'une université technologique et de deux universités majeures d'Helsinki. Depuis, il réunit tous les maillons de la chaîne formation-recherche-entreprise. Aujourd'hui, plus de 2.000 étudiants et 800 entreprises (multionationales et start-up) s'y côtoient.

Le campus Otaniemi de l'université Aalto en Finlande

©Aalto university

8- Kingston : le learning centre au cœur de la scolarité

ROYAUME-UNI. Le learning centre de l'université publique de Kingston, ouvert en 2012, est situé au cœur du campus, entre un centre de fitness, le bureau des étudiants et la cantine. Ouvert en continu, il propose 1.800 ordinateurs en libre accès. Sa particularité : il regroupe en son sein les ressources documentaires et informatiques, mais aussi le service de scolarité et les bureaux des étudiants.

L'université de Kingston au Royaume-Uni

© Kingston university

9 - EPFL : Le Rolex learning center, un laboratoire d'apprentissage

SUISSE. Le Rolex Learning Center de l'EPFL est à la fois un laboratoire d'apprentissage, une bibliothèque abritant 500.000 ouvrages et un centre culturel international. Il est ouvert aussi bien aux étudiants qu'au public. Sur une surface continue de 20.000 m2, il offre services, bibliothèques, centres d'information, espaces sociaux, lieux d'études, restaurants et cafés. Véritable bijou architectural, il est le prototype des learning centres européens à avoir synthétisé décloisonnement et architecture postmoderne.

Le Rolex Learning Center de l'EPFL - Suisse

© EPFL

10- Le Saltire Centre : le savoir en lumières

ROYAUME-UNI. Ouvert en 2006 grâce à une entreprise mécène écossaise, le learning centre Saltire de la Glasgow Caledonian University comprend 1.800 places, un café et même un centre commercial sur 5 étages ! Il a reçu en 2007 le prix du “National Lighting Design” pour sa luminosité extraordinaire, l'éclairage étant en effet, avec le bruit, un défi à relever pour les learning centres. Il est aujourd'hui une des bibliothèques universitaires les plus fréquentées du Royaume-Uni.

Le Saltire Center de la Glasgow Caledonian University

©Jisc Infonet

La conférence EducPros du 20 novembre 2014 "Campus du XXIe siècle : comment adapter son campus à sa pédagogie ?"

Le programme

Morgane Taquet | Publié le

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Marlis Krichewsky.

L'écologie de la formation est en effet essentielle pour construire des compétences, faire émerger une nouvelle identité professionnelle, co-apprendre par l'expérience et par une pédagogie active. Sans cela il faut juste concevoir des amphis et des salles d'ordi pour la transmission des savoirs. Il s'agit d'évaluer le potentiel pédagogique des nouveaux bâtiments avant d'en commettre de nouveaux. Le risque est toujours que la première fonctionnalité soit celle de chatouiller le narcissisme des commanditaires et de l'architecte.

PB.

NTU et son éco-campus, pourquoi pas, mais à Singapour l'extension U-Town de NUS est plus ambitieuse, notamment par la création de residential colleges qui apportent une vraie valeur ajoutée en termes de pédagogie.

henry.

Je suis d'accord avec les commentaires d;Alain. Je me pose deux questions:quid des universités françaises? Est-ce qu'on apprend mieux dans un tel environment? Quelles en sont les preuves? J'enseigne depuis pas mal d'annees et me demande toujours comment les étudiants apprennentet definisent leurs priorites.

Pr Jacqueline BAYON.

Comme d'ordinaire , la France est absente ; comme d'ordinaire , de grandes signatures architecturales pour contenir l'université du futur ... et pourtant si Educ pro voulait bien regarder ce qui se passe dans l'hexagone , on aurait vu qu'il y a dans la COMUE/PRES de Lyon , une université issue d'un territoire d'innovations , l'Université jean Monnet Saint-Etienne qui a exactement ce campus de l'avenir dont vous parlez. Le 6eme campus de l'UJM est installé dans l'Unité d'Habitation de Le Corbusier , au sein de son école sur le toit . Vous avez le geste architectural, vous avez un lieu emblématique (photogénique au passage comme ceux que vous présentez et enfin vous avez à l'intérieur un CAMPUS PATRIMOINE complet de la licence au doctorat autour des Patrimoines et des Paysages culturels qui sont aujourd'hui des leviers de développement territorial incontournables dans le monde . Toute la filière est internationale avec un master Erasmus Mundus MACLANDS, un nouveau master ERASMUS PLUS DYCLAM ( seuls neufs masters Erasmus Plus labelisés par l'Europe !) , des masters franco, allemand , italien,, portugais et un OMJ avec le Maroc , plus des IP , des heritage plus etc... cette année le campus recoit 17 étudiants brésiliens du programme Sciences sans frontières ... Nos méthodes pédagogiques ont toutes évolué , nous avons un taux d'employabilité de pres de 93% ... qui le sait ? il est vrai que nous sommes loin .... et provinciaux .... Bonne lecture !

EducPros.

Bonjour, L'idée était pour une fois de ne pas s'intéresser à la France mais d'aller voir ce qui se passe ailleurs. Nous aurions dû le spécifier plus clairement.

Alain Derycke.

Il est intéressant de montrer de telles réalisations avancées dans des universités. Mais il faudrait aussi regarder si ces beaux bâtiments (voir les photos) sont réellement efficaces et au service du renouvellement de la pédagogie de l'enseignement supérieur. Et là c'est loin d'être évident comme le révèle les deux cas suivants. 1) Pour le Strata Center au MIT (conçu par un ancien du MIT) le cahier des charges était la prise en compte de l'apprenant(e) augmenté(e) de ses objets nomades et communicants (le Bring Your Own Device ou BYOD) C'est-à-dire tenir compte de l'aspect phénoménologique de l'activité humaine dans un tel contexte technologique. Or, si j'ai bien compris, ses usagers, notamment les académiques du MIT, ont beaucoup de critiques sur la vie au quotidien et la qualité de l'expérience usagers. Cela s'est même traduit par un contentieux juridique entre l'emblématique architecte et le MIT. 2) Pour le Rolex centre de l'EPFL. Il n'est pas vrai de dire que c'est le learning center qui inspire les projets actuels en Europe. Car l'expérience de tels learning centre et les retours sur l'évolution de l'apprentissage en milieu étudiant sont bien plus anciens et documentés au Grande-Bretagne. Si le Rolex fait rêver c'est par l'aspect architectural (un geste architectural comme un signal pour la communication de l'EPFL). Mais toutes les universités ne pourront pas mobiliser un tel budget et le cabinet d'architectes concepteur du Louvre Lens. Pour avoir fréquenter un peu le Rolex centre, je ne suis pas sûr qu'il joue un rôle important dans l'apprentissage des étudiants de l'EPFL (quelle fréquentation ?). J'ai donc un peu de mal à comprendre pourquoi un beau bâtiment, de prestige, peut conduire nécessairement à inventer le campus du futur, en particulier dans le cadre de la société numérique et globale. Cela demanderait à être approfondi, peut-être dans une journée d'étude plus critique.