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Ecoles universitaires de recherche : à quoi sert la dotation des lauréats ?

Amélie Petitdemange
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Ecoles universitaires de recherche : à quoi sert la dotation des lauréats ?
Les EUR (écoles universitaires de recherche) permettent aux universités d'attirer les étudiants-chercheurs français ou étrangers. // ©  Gorodenkoff/Adobe Stock
Les lauréats de la deuxième vague de l’appel à projet "Ecoles universitaires de recherche" du Programme d’Investissement d’Avenir (PIA 3) ont été dévoilés ce 28 août. Verdict : 24 projets ont été retenus, pour une dotation totale de 109 millions d’euros. Deux lauréats de la première vague reviennent sur l'utilisation de leur dotation.

Les résultats de la deuxième vague d’appels à projet "Ecoles universitaires de recherche" (EUR) ont été dévoilés mercredi 28 août. 24 projets ont été sélectionnés parmi 81 candidatures. Objectif : permettre aux lauréats de renforcer l’impact et l’attractivité internationale de leur recherche et de leurs formations scientifiques, par la création d’une ou plusieurs écoles universitaires de recherche.

Ces écoles universitaires rassemblent des formations de master et de doctorat et des laboratoires de recherche. Elles portent sur des thématiques diverses telles que l’archéologie, l’ingénierie biomédicale, la cyber sécurité, la nano-optique, l’énergie solaire, la chimie ou encore le sport.

Seize universités récompensées

Cette année, c’est l’Université Fédérale de Toulouse Midi-Pyrénées qui tire son épingle du jeu, avec cinq projets lauréats. Trois projets développés par l’Ecole Polytechnique ont également été sélectionnés.

Chaque projet reçoit une dotation, pour un budget total de 109 millions d’euros. Étalée sur dix ans, ce financement permet de développer les EUR, ces "graduate schools" à la française, notamment en recrutant des chercheurs, en investissant dans du matériel, et en finançant des contrats de thèse et des bourses.

En octobre 2017, lors de la première vague d’appel à projets, 29 lauréats avaient été sélectionnés par le premier Ministre. L’Université de Strasbourg avait reçu la plus grosse dotation : 25,7 millions d’euros sur dix ans pour 4 projets lauréats (la Chemistry of Complex Systems Int Grad School, la Graduate School of Pain, l’Integrative Molecular and Cellular Biology et la Quantum Nanomaterials and Nanoscience).

Attirer les étudiants brillants

L’EUR Integrative Molecular and Cellular Biology (IMC Bio) a ainsi reçu 6,7 millions d’euros pour se développer. La première promotion a été sélectionnée à l’été 2018. Seize étudiants venus de sept parcours différents ont été réunis pour une formation de trois ans, en parallèle de leur master. "Ces étudiants sont dans des masters cloisonnés, comme la biologie végétale ou l’immunologie. Ce cursus permet de décloisonner en partageant leurs différentes compétences", explique Bertrand Séraphin, responsable de l’EUR IMC Bio.

Lire aussi : PIA 3 : des millions pour l'orientation

Ces étudiants valident ainsi des cours supplémentaires et auront une mention Graduate school IMC Bio sur leur diplôme. La jonction entre le master et la thèse est également facilitée. La dotation de l’Etat permet en effet d’octroyer des contrats de travail aux étudiants entre le master et le doctorat, afin qu’ils soient payés pour commencer leur thèse dès l’été. Ils peuvent ainsi se concentrer sur leurs recherches au lieu de faire un petit boulot.

Les EUR lauréates gagnent ainsi en attractivité et en visibilité. "Nous repérons les étudiants les plus brillants, avec une sélection sur dossier puis par Skype. Et nous pouvons aussi payer les déplacements d’étudiants internationaux pour qu’ils viennent de Chine ou du Mexique passer un entretien chez nous", souligne Bertrand Séraphin.

Recruter des chercheurs étrangers

Un autre EUR lauréat en 2017, l’AMSE (Aix-Marseille School of Economics), s’est développé sur 3 axes grâce à sa dotation de 9 millions d’euros : la recherche, l’enseignement et la communication autour de la science.

Ces étudiants sont dans des masters cloisonnés. Ce cursus permet de décloisonner en partageant leurs différentes compétences.
B. Séraphin

Les enseignants-chercheurs et les étudiants en doctorat ont par exemple l’occasion de réaliser des séjours à l’étranger de plusieurs mois. Des chercheurs étrangers sont également invités à collaborer avec leurs homologues français et à donner des conférences aux 80 étudiants de la promotion. "Nous recrutons aussi des chercheurs à travers l’Europe et les Etats-Unis, ce qui n’aurait pas été possible sans ce financement", souligne Alain Venditti, directeur de l’AMSE.

Des bourses de doctorat, en complément des bourses d’Etat, ont également été mises en place pour "attirer et soutenir les bons étudiants".

Gagner en visibilité

Comme les autres lauréats, l’EUR marseillaise a gagné en visibilité et peut financer de la communication autour de la science. Elle organise ainsi des conférences dans les lycées et dans les classes prépas, et des tables rondes et des conférences grands publics de vulgarisation économique. Une revue numérique intitulée Dialogues Economiques a également été lancée en partenariat avec le CNRS et The Conversation. Un nouveau projet de films courts pour vulgariser les questions économiques d’actualité devrait également voir le jour.

Les 24 EUR lauréats de la deuxième vague d’appel à projets pourront eux aussi se développer grâce à leur dotation décennale. Un nouvel appel à projets sera par ailleurs lancé dans les prochains jours pour les établissements qui ne sont pas membres d’une initiative d’excellence labellisée IdEx ou ISITE.

Projets Titres, thématiques Etablissements coordinateurs
XL Chem Synthèse organique, chimie analytique, chimie des polymères, cosmétique COMUE Normandie Université
GSST Sciences sociales du genre et de la sexualité Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
BERTIP Programme de formation en ingénierie biomédicale Ecole Polytechnique
E4C Institut interdisciplinaire de l'énergie Ecole Polytechnique
PLASMA_ST Science et enseignement des plasmas Ecole Polytechnique
DATA EFM Science des données pour les sciences sociales Groupe des Ecoles Nationales d'Economie et de Statistique
LumoMat-E Matériaux moléculaires pour l'électronique organique Université d'Angers
IMPLANTEUS Production végétale pour aliments sains Université d'Avignon
TACTIC Actions transverses céramiques avancées et TIC Université de Limoges
INTREE Interfaces en aéronautique, énergie, environnement Université de Poitiers
NANO-PHOT Nano-optique et nanophotonique Université de Technologie de Troyes
BIOECO Biotechnologie pour une économie bio-sourcée Université Fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées
CARE Cancer, vieillissement et rejuvenation Université Fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées
MINT Mathématiques et interactions à Toulouse Université Fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées
TESS Ecole toulousaine des sciences de l'Univers Université Fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées
TULIP-GSR Ecologie et biologie végétale Université Fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées
ArChal Archéologie dans le présent : les défis globaux Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
PNGS-M&CS EUR de Paris Nord en mathématiques et informatique Université Paris 13
LIVE Trajectoires et vulnérabilité en santé Université Paris-Est Créteil
PluFraPoLa EUR de Grand Paris plurilinguismes-francophonies Université Paris-Est Créteil
CyberSch Ecole de recherche en cybersécurité de Rennes Université Rennes 1
DIGISPORT Digital sport sciences Université Rennes 2
GS-CAPS Approches créatives de l'espace public Université Rennes 2
SOLAR EUR Solar academy (énergie solaire) Université Savoie-Mont-Blanc

Amélie Petitdemange | Publié le

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Frida la blonde.

GSST Sciences sociales du genre et de la sexualité Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales On voit déjà le niveau de fumisterie de ce nouveau comité Théodule