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EdTech. Top Hat, la zappette virtuelle qui vaut des millions

Jessica Gourdon
Publié le
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Top Hat, application canadienne de quiz en ligne
La start-up Top Hat revendique 750 universités clientes aux États-Unis et au Canada. // ©  Top Hat / Capture d'écran
REPÉRÉ DANS LA PRESSE AMÉRICAINE. Top Hat a construit son succès autour d'une application de quiz. Après avoir levé 22 millions de dollars, la start-up canadienne s'attaque désormais au monde des manuels en ligne, comme l'explique le site d'informations économiques Bloomberg.

Les levées de fonds massives sont rares chez les start-up EdTech. Le 15 février 2017, Top Hat a réussi à boucler la sienne à hauteur de 22,5 millions de dollars [un peu plus de 21 millions d'euros], portant à plus de 40 millions ses financements en capital-risque depuis sa création en 2009. Mine de rien, Top Hat est ainsi devenu un poids lourd du secteur outre-Atlantique : sa valorisation est estimée à 185 millions de dollars [175 millions d'euros], selon les informations de Bloomberg.

L'idée originelle n'a rien de révolutionnaire. La start-up a voulu moderniser la bonne vieille télécommande, utilisée dans les cours ou les conférences pour répondre à des quiz, sondages ou QCM (questionnaires à choix multiples). Sauf que Top Hat a zappé l'engin en plastique : les étudiants répondent directement via une application sur leur téléphone.

L'interface permet ainsi aux enseignants de créer des modules interactifs, de recueillir en direct les résultats, de générer des graphiques. À cela s'ajoutent des fonctionnalités grâce auxquelles l'enseignant peut suivre les progrès de chaque étudiant, intégrer des notes obtenues à d'autres travaux, des présentations, etc.

De l'application au marketplace

Le succès de Top Hat a été rapide : la start-up revendique 750 universités clientes aux États-Unis et au Canada. Elle emploie 120 personnes à Toronto et Denver, et possède un modèle économique solide, basé sur des abonnements payés par les établissements ou les étudiants. Selon Bloomberg, l'entreprise serait déjà rentable.

Top Hat commence à se diversifier dans d'autres domaines, comme la création de "compléments de cours" interactifs (lectures, vidéos, tests, etc.). Avec cette levée de fonds, son objectif est de devenir une "marketplace", une plate-forme sur laquelle les utilisateurs pourront acheter et vendre des manuels interactifs, des "textbooks" et autres contenus pédagogiques numériques à destination des étudiants, sans l'entremise des éditeurs. De quoi faire concurrence aux mastodontes du secteur, comme Pearson et McGraw-Hill, qui ont bien du mal à garder leur position de leader sur ce marché juteux.


Jessica Gourdon | Publié le

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