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G7 de Biarritz : les grandes universités s'invitent à l'agenda et prennent des engagements concrets

Étienne Gless
Publié le
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G7 de Biarritz : les grandes universités s'invitent à l'agenda et prennent des engagements concrets
Le premier sommet de l'alliance U7+ a eu lieu les 9 et 10 juillet 2019 à Sciences po Paris, en présence de 48 présidents d'universités mondiales. // ©  Etienne Gless
Climat, polarisation des sociétés, lutte contre les inégalités... Au premier sommet de l'alliance U7+ des universités de rang mondial, les 9 et 10 juillet 2019, 48 présidents d'université de 18 pays ont pris des engagements concrets en lien avec l'agenda multilatéral, et notamment le G7 qui se tient à Biarritz du 24 au 26 août 2019.

"Ce que nous avons produit aujourd’hui est un des très rares documents d’universités que j’ai vus dans ma vie qui ne demande rien pour les universités, ni financement ni cadre réglementaire !, sourit Mario Monti, le très respecté président de l’université Bocconi de Milan. Ce document est plutôt une contribution de nos forces conjointes à la solution des problèmes du monde." L’ancien président du conseil italien et ex-commissaire européen, revenu dans le monde universitaire, était à Paris les 9 et 10 juillet avec 47 de ses pairs au premier sommet de l’alliance U7+, qui regroupe la crème des présidents et vice-présidents d’université et écoles de rang mondial.

Après deux jours de discussion, les présidents de 48 universités issues de 18 pays ont accouché d’une déclaration commune articulée autour de six principes, dans laquelle ils s'engagent à mettre en œuvre quelque 245 actions concrètes en lien avec l’agenda du prochain G7 qui se déroule à Biarritz du 24 au 26 août 2019.

"C’est une démarche qui nous met tous en mouvement, commente Frédéric Mion, directeur de Science po Paris, qui accueillait ce premier sommet de l’alliance U7+. Nous voulons affirmer que les universités sont des acteurs globaux dans un monde qui change, qu’elles ont un rôle à jouer dans leur périmètre et au-delà". Ni colloque scientifique, ni lieu de revendication de plus de moyens pour les acteurs académiques, le sommet ne se contente pas de recommandations en matière de politiques publiques. "Les présidents des universités montrent le chemin par des actions concrètes", remarque Vanessa Scherrer, directrice des affaires internationales de Sciences po.

Climat, développement durable… prêcher par l’exemple

"En matière de développement durable, nous devons prêcher par l‘exemple et ça commence chez nous, dans nos établissements, sur nos propres campus", explique ainsi Jacques Frémont, le recteur et vice-chancelier de l'Université d'Ottawa, en faisant référence au troisième principe selon lequel "les établissements ont un rôle majeur à jouer concernant les problèmes environnementaux tels que le changement climatique, la protection de la biodiversité et la transition énergétique".

La problématique environnementale ne cesse de monter dans l’enseignement supérieur, comme en témoigne en France la récente tribune portée par la Cdefi, la Cge et la Cpu (lire encadré ci-dessous). Vingt-huit des universités présentes au sommet de l’alliance U7 se sont, par exemple, engagées concrètement à ce que tous leurs étudiants y compris ceux en première année, aient suivi, d’ici 2025, des cours sur le climat, la biodiversité et le développement durable au cours de leurs études.

L’université doit s’ouvrir et être un acteur à part entière de la société.
(Y. Berland)

Chaque université a aussi l'ambition d'améliorer son efficacité énergétique : "Nous devons trouver le moyen de compenser les émissions de carbone de nos voyages internationaux et de nous déplacer sur nos campus de façon à ce que cela soit moins nocif à l’environnement", réfléchit Jacques Frémont.

De son côté, Yvon Berland, président d'AMU (Aix-Marseille université) s’est engagé à mettre en œuvre le principe numéro 2, à savoir le rôle majeur des universités pour former des citoyens actifs et responsables. "Nous devons renforcer nos liens avec les citoyens, les villes, les ONG et les entreprises sur nos territoires. L’université doit s’ouvrir et être un acteur à part entière de la société", exhorte-t-il.

Un G7 élargi

L'initiative de l'alliance U7+ a été rendue possible par la volonté de la présidence française du G7 de renouveler le format habituel du sommet annuel des 7 pays les plus riches en l'ouvrant à d'autres pays (Afrique du Sud, Chili, Australie, Inde, Burkina Faso, Egypte, Sénégal, Rwanda) et à des acteurs clés de la société civile. Pour ces derniers, des groupes d'engagement ont été constitués pour préparer le sommet de Biarritz : Youth7 pour les jeunes, Women7 pour les femmes, Civil7 pour les ONG, Business7 pour les employeurs, Labour7 pour les syndicats, Science7 pour les académies de sciences, et enfin University7 pour les universités.

Universités et grandes écoles unies pour sauver la planète… et réclamer des moyens !
"Nous éclairons l'avenir". Dans une tribune rendue publique le 7 juillet, la CPU (Conférence des présidents d'université), la CGE (Conférence des grandes écoles) et la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs) réaffirment le rôle central de leurs établissements en matière d'expertise scientifique et de propositions de solutions face aux enjeux de l'urgence climatique.
"Il faut changer d’échelle et aller plus vite dans cette voie, les étudiants nous y invitent avec force, mais nous ne pouvons le faire seuls, écrivent Anne-Lucie Wack (présidente de la CGE), Gilles Roussel (président de la CPU) et Jacques Fayolle (président de la Cdefi). Nous nous engageons à contribuer activement à la réalisation des objectifs de développement durable tels que définis par les Nations Unies, et nous demandons aux ministères d’en démultiplier l’impact, en co-construisant une stratégie et en la dotant de moyens permettant de les atteindre."


Étienne Gless | Publié le

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