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General Assembly, un nouveau modèle de business school à l’heure des MOOC

De notre correspondante aux Etats-Unis, Jessica Gourdon
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General Assembly, un nouveau modèle de business school à l’heure des Mooc et de la formation tout au long de la vie
General Assembly, un nouveau modèle de business school à l’heure des Mooc et de la formation tout au long de la vie // ©  General Assembly

Aux Etats-Unis, de nouvelles écoles comme General Assembly déconstruisent les masters ou MBA traditionnels en ne proposant que des cours à la carte. Une individualisation de l'enseignement qui va de pair avec une forte professionnalisation.

Les locaux de General Assembly (GA), à New York, ressemblent à ceux d’une business school d’aujourd’hui. Salles de classe connectées, espaces modulables dédiés aux travaux de groupe, canapés et fauteuils design… Sauf que cette nouvelle institution ne dispense que des enseignements à la carte. Des cours de business, marketing ou design proposés sous forme de sessions longues ou courtes, voire à l’unité. Certains étant assurés en ligne.

Pour s’inscrire, point besoin de s’y prendre des mois à l’avance comme pour un MBA : tout se fait en ligne, même au dernier moment. Les débouchés ? Essentiellement les start-ups du high-tech et du web, et la création d’entreprise. Des secteurs où, plus qu'ailleurs, l’expérience et les compétences priment sur le prestige du diplôme.

Bien entendu, la facture est plus légère que dans une école de management traditionnelle. A GA, un cycle de 10 semaines en fondamentaux du business coute 2.500 euros, un cours à l’unité 20 ou 25€ (à comparer avec les 30.000€ annuels souvent requis pour un MBA). Chacun peut ainsi se constituer son cursus, et le compléter, au besoin, avec des MOOC gratuits.

Une alternative aux masters ou MBA

A l’heure où la dette étudiante aux Etats-Unis atteint des sommets, General Assembly a tout de suite été un succès. 5.300 personnes ont suivi des sessions longues depuis son lancement en 2011. Le nombre d’élèves a bondi de 74% en un an, et des antennes ont ouvert à Los Angeles, Boston, San Francisco, Berlin, Londres, Sydney, Hong Kong.

D’autres institutions se sont lancées sur ce même créneau, comme Start-Up Institute et Starter School. "Nous nous considérons comme une alternative aux MBA et aux masters, raconte Marti Adams, porte-parole de GA. Nos élèves sont âgés de 23 à 40 ans, et ont déjà un diplôme universitaire. Certains veulent changer de carrière. D’autres veulent développer une compétence précise, se mettre à jour, ou souhaitent lancer leur entreprise".

Pour se démarquer des diplômes 100% en ligne, GA cherche à créer un climat propice au networking

Les compétences et le réseau

Outre le prix et la flexibilité, la clé du succès de GA réside beaucoup dans l’aspect très professionnalisant des cours. "On forme des gens opérationnels tout de suite", poursuit Marti Adams. Les enseignements sont tous assurés par des professionnels en activité, et portent des intitulés comme "communiquer avec un développeur informatique", "pitcher une idée de start-up face à un investisseur", "comprendre la visualisation de données", ou encore "les outils de mesure en e-commerce".

C’est cette approche qui a motivée Jaimie, 26 ans, diplômée en ingénierie civile, qui suit un module de "user experience design", une discipline peu enseignée dans les universités. "J’ai eu envie de me réorienter dans ce domaine, sans en avoir aucune expérience. Ce cours me permet de me composer un portfolio, incontournable pour me faire recruter. Et de me constituer un petit réseau".

Pour se démarquer des diplômes 100% en ligne, GA cherche en effet à créer un climat propice au networking – via des sessions gratuites, un incubateur, des événements, des espaces de coworking…

Les élèves disposent aussi d’un bureau d’aide à l’insertion. Un service qui profite de l’embellie économique américaine : 96% des étudiants ont trouvé un emploi en moins de trois mois, selon les chiffres revendiqués par GA.


De notre correspondante aux Etats-Unis, Jessica Gourdon | Publié le

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Anna Vetter.

En effet Jean, ce qu'offre un diplôme est une collection de compétences agencées en un tout cohérent. Ce qui est innovant dans cette formule est, à mon avis, la granularisation de la compétence. Cela laisse à l'apprenant une responsabilité forte : celle de construire son champ d'actions en créant lui-même cette cohérence, du moins un ensemble de compétences et d'expériences lisibles pour un employeur. A l'heure des MOOC dit l'article, on est effectivement dans la problématique des badges qui peuvent attester de micro-compétences.

Mbaye.

Très intéressant tant qu'il bouscule nos représentations construites à partir de notre système des diplômes. Une précaution toutefois, il n'est plus question de MOOC. Le "M" de MOOC signifie avant tout massif. Dans ce modèle, nous ne sommes manifestement pas en présence de cours massifs.

Jean Frayssinhes.

C'est bien dans l'état d'esprit américain, volontaire et pragmatique, et cela paraît séduisant. Il faudrait toutefois avoir des retours quant aux compétences acquises et à leur niveau. On peut toutefois penser que cela représente un certain avenir. Les entreprises françaises sont-elles prêtes à embaucher ces nouveaux apprenants ? En France la résistance est forte et les diplômes sont prégnants. Souhaitons que le phénomène MOOC une fois bien digéré, devienne une alternative pertinente et crédible à l'enseignement/apprentissage "traditionnel".