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Idex : l’Université de Toulouse dépose son dossier sur le fil

Camille Pons
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Une minorité de personnels et étudiants de l'université Toulouse 2 Jean-Jaurès se mobilise contre le projet idex. // ©  Lydie LECARPENTIER/ REA
Envahi par des membres du personnel et des étudiants de Toulouse 2, le conseil d’administration de l’Université fédérale de Toulouse a été interrompu et n’a pas pu valider le dossier Idex, qui a été tout de même déposé avant la date limite du 18 décembre, dans un climat de tensions.

Si le dossier toulousain de candidature à l'Idex a bien été déposé ce lundi 18 décembre 2017, c'est sans le vote du conseil d'administration de l’Université fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées. Mais néanmoins avec l'aval de ses administrateurs, obtenu par le biais d'une consultation électronique menée en urgence vendredi 15 décembre (41 votes pour, 7 contre et 4 abstentions et un taux de participation de 70 %).

La procédure n'est pas banale et, même si elle ne tient pas lieu de vote, elle est symboliquement importante pour le site, agité depuis la semaine dernière par des actions menées par des membres du personnel et des étudiants de l'université de Toulouse 2 Jean-Jaurès, opposés au projet.

Ce sont eux qui ont été à l'origine, le vendredi matin, de la suspension de séance du conseil d’administration de la Comue auquel devait être soumis le dossier. Ils avaient été plus d'une cinquantaine à envahir la salle dans laquelle il devait se tenir. C'était le dernier conseil à se prononcer, alors que le "oui" l'avait emporté partout ailleurs (à 26 voix pour, 3 contre à Toulouse 3 ; 18 voix pour et 17 contre à Toulouse 2 ; 21 pour et 2 abstentions à l'INP ; 26 pour, 2 contre et 1 abstention à l'Insa).

Ce blocage a néanmoins soulevé une véritable vague d'inquiétude une partie de la journée, le dossier devant être déposé, lundi 18 décembre avant 13 heures au plus tard. Après une matinée consacrée à examiner les recours en cas de non-tenue du conseil, les partenaires du projet obtenaient la confirmation du CGI (Commissariat général à l’investissement) qu'il n'y avait pas d'obligation, "à cette étape", de faire valider le dossier devant les conseils d’administration, "parce qu'il ne porte sur aucune modification de statuts des établissements".

Pour autant, la consultation apparaissait incontournable pour la Comue, qui désirait "montrer au jury que le projet était porté par toute la communauté". Un signal "fort" après la perte de l'Idex en avril 2016, parce que les établissements ne jouaient pas "collectif".

Situation agitée à Toulouse 2

La mobilisation contre le projet a été déclenchée le 12 décembre, après l'approbation du dossier par le conseil d’administration de Toulouse 2, avec 17 voix pour, 17 contre et la "voix prépondérante du président", une procédure autorisant ce dernier à faire pencher le vote en cas d'égalité.

Un vote qualifié de "trahison" par deux intersyndicales de membres du personnel et d'étudiants (CGT-FO-FSU-SUD-Unsa d'une part, et, les Jeunes communistes, Union des étudiants de Toulouse, Union des étudiants communistes, Unef, Solidaires, NPA jeunes d'autre part), au vu des résultats de la consultation organisée la semaine précédente dans leur université.

Une majorité de membres du personnel et plus de 90 % des étudiants qui s'étaient déplacés pour voter s'étaient en effet opposés au projet.

Depuis, les assemblées générales organisées par ces intersyndicales ont adopté le principe d'une grève reconductible, demandé la démission de leur président et annoncé le dépôt, ce lundi, d'un recours auprès du tribunal administratif pour demander l'annulation du scrutin de leur conseil d’administration.

Même si ce recours n'empêchera pas le dossier de suivre son cours, la situation est jugée "compliquée" à Toulouse 2, et ce d'autant que le jury prévoit une visite sur site courant février. Même s'ils sont minoritaires (ils étaient respectivement plus de 200 et 650 aux dernières assemblées générales), des membres du personnel et des étudiants ont empêché la tenue de conseils et ont notamment envahi jeudi le bâtiment de la présidence, déclenchant son évacuation et la tenue d’une réunion d'une crise délocalisée. De son côté, Daniel Lacroix, le président, est la cible d'invectives, voire de menaces, des violences dénoncées par une partie de la communauté universitaires.


Camille Pons | Publié le

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