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IUT de Bobigny (Paris 13) : les enseignants protestent contre les restrictions budgétaires

Isabelle Dautresme
Publié le
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Difficulté à assurer les enseignements, remise en cause des dispositifs d’accompagnement personnalisé des étudiants : tels sont quelques-uns des motifs de mécontentement des enseignants de l’IUT de Bobigny qui ont suspendu les cours, mardi 11 mars 2014, pour dénoncer les restrictions budgétaires. Initiant un mouvement qui pourrait s'étendre.


Les enseignants de l’IUT de Bobigny ont suspendu les cours mardi 11 mars 2014. Le motif ?  Protester contre des restrictions budgétaires dont l’établissement fait l’objet. Rattaché à Paris 13, une université qui connaît d’importantes difficultés financières, l’institut universitaire devrait manquer de 1.000 heures complémentaires pour finir l’année. En cause : la rigueur budgétaire imposée à l’ensemble des composantes de l’université qui fragilise particulièrement l’IUT de Bobigny.

Créé en 2002 dans un contexte budgétaire déjà tendu, l’institut universitaire n’aurait jamais eu les moyens humains de son développement. "Avec un taux d’encadrement de 0,4 il a absolument besoin des heures complémentaires pour pouvoir fonctionner", analyse Abdelhamid Limani, directeur de l'IUT. D’où la mobilisation d’enseignants qui craignent de ne pas être en mesure d’assurer l’ensemble des cours à la rentrée prochaine. "D’autant que les nouveaux Programmes pédagogiques nationaux (PPN) prévoient davantage de TP extrêmement gourmands en heures", dénonce Marc César, représentant du Snesup sur le campus de Bobigny. Les dispositifs d’accompagnement individuel devraient, eux aussi, être revus à la baisse. "Ce qui est d’autant plus gênant que nous accueillons un public défavorisé", dénonce le syndicaliste.

L’IUT de Bobigny n’est pas seul dans ce cas. À Caen, les étudiants et les personnels se sont mobilisés jeudi 13 mars contre la fermeture d’une filière. Cette semaine, c’est au tour des enseignants de l’IUT de Saint-Denis de suspendre les cours.


Isabelle Dautresme | Publié le

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visiteur.

Bonjour; De l'argent, il y en a tout de même "un peu": faisons la somme de l'ensemble des grosses primes allouées aux directeurs des services, vice-présidents, et les fameuses PES. Je me suis toujours demandé quel est l'intérêt général de ces grosses primes. Je ne parle pas des miettes allouées aux biatoss. En parlant de primes et pognon versé de façon abusive, je connais le cas (bien documenté) et récent du versement de salaire et prime et dotation à une personne dont la titularisation sur un poste de maître de conférences a été annulée par décision de justice. Le concours ET la titularisation ont été annulés, mais la personne continue d'exercer sans statut ni contrat. Demander des moyens est une chose qu'il faut faire, mais contrôler le bon usage de l'argent public est d'une importance capitale. Pour le moment, nombre d'universitaires souffrent d'un manque de moyens pour accomplir leur mission de service public, d'autres savent s'oragniser pour capter une partie des moyens alloués pour améliorer leurs fins de mois à peu près légalement.

Babette.

D'un côté, le MESR réduit les moyens aux universités, dans le cadre de la rigueur budgétaire. De l'autre, de manière démagogique, adopte un PPN des DUT ou un arrêté Licence qui exigent plus d'heures de présentiel et d'encadrement pédagogique. Plutôt que d'imposer aux établissements de démontrer la soutenabilité financière de leur offre de formation, le MESR devrait nous démontrer la soutenabilité financière de ses décisions complètement incohérentes.