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L'École nationale supérieure de la photographie déménage et réaffirme son ancrage à Arles

Guillaume Mollaret
Publié le
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Une vue d'artiste du nouveau site de l'ENSP
Les futurs locaux de l'ENSP à Arles. // ©  Images © RSI Studio pour Marc Barani
Créé en 1982, le seul établissement public d’enseignement artistique dédié à la photographie déménagera à la rentrée dans de nouveaux locaux, à proximité immédiate d’une fondation.

L’ENSP (École nationale supérieure de la photographie) déménage. Jusqu’ici installée en plein cœur de ville piétonne d’Arles (Bouches-du-Rhône), la seule école publique française dédiée exclusivement à l’art photographique emménagera à la rentrée dans des locaux flambants neufs (5.500 m2) dessinés par l’architecte Marc Barani, ayant nécessité 23 millions d’euros d’investissement.

Comptant une centaine d’étudiants dont environ 90 en formation initiale, l’établissement forme à la fois des photographes et des personnes amenées à travailler à leur côté, par exemple dans des centres d’art, des musées, la presse ou l’édition. L'objectif de cet investissement est avant tout de moderniser l'école, notamment les équipements, mais pas d'augmenter les effectifs.

De nombreux débouchés

Placée sous tutelle du ministère de la Culture, l’ENSP dispense un enseignement de deuxième et troisième cycles, avec un recrutement à bac+2 révolu grâce à une dérogation du CNESER (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche). Ses diplômes équivalent à un grade de master, et l'enseignement y est dispensé tantôt en français, tantôt en anglais.

Depuis cinq ans, elle permet également d’obtenir un doctorat grâce à un partenariat passé avec Aix-Marseille université. "La formation est très sélective puisque depuis sa création en 1982, l’ENSP recrute chaque année 25 étudiants pour une moyenne de 410 demandes. Depuis 37 ans, nous avons donc formé autant de professionnels que l’École nationale supérieure des beaux-arts et l’École nationale supérieure des arts décoratifs en forment en l’espace de deux ans", compare Rémy Fenzy, le directeur de l’ENSP, qui s'enorgueillit d'un taux d’emploi de 88 %, trois ans après la sortie.

Des partenariats avec des écoles internationales

Arles entretient un lien historique avec la photographie. Depuis 50 ans, on y organise en effet durant l’été l’un des plus grands festivals du monde dédié au genre : les Rencontres photographiques. "On a d’ailleurs longtemps considéré que l’ENSP était une émanation du festival. Ce n’est plus le cas aujourd’hui même si nous travaillons évidemment ensemble", relève Rémy Fenzy.

Les liens entre l’établissement et les milieux culturels locaux demeurent toutefois étroits tant le terreau local est dense. En effet, depuis quelques années, les fondations n’ont cessé de se développer à Arles. Parmi elles, on compte notamment la Fondation Luma. Fondation personnelle de la milliardaire suisse Maja Hoffmann (dont la famille est actionnaire des laboratoires pharmaceutiques Roche), cette dernière a réaménagé une dizaine d’hectares à proximité immédiate du centre-ville pour en faire un lieu de création et d’exposition artistique où la photo aura évidemment sa place. L’an prochain, elle inaugurera une tour de 58 mètres de haut dessinée par Franck Gehry qui fera face aux nouveaux locaux de l’ENSP. "Nous avons de nombreuses interactions avec la Fondation Luma", explique Rémy Fenzy, alors que Lyon et Lille auraient aimé que l’école déménage sur leur territoire.

L'école tente d'engranger des ressources propres au travers de formations professionnelles continues.

Ainsi, Christian Dior, sa maison mère LVMH, Agnès B. ou encore Leica, participent à un fonds de dotation dont l’objet est de soutenir les étudiants de l’école en difficulté économique et d’aider au financement de leur mobilité internationale, mais aussi de doter une bourse doctorale de 5000 euros par an et par étudiant. "Nos étudiants sont plus âgés que la moyenne car, bien que le recrutement s'opère à bac +2, beaucoup ont déjà complètement terminé un cycle de Beaux-Arts ou autre. La moyenne d’âge à l'ENSP est donc comprise entre 25 et 28 ans. Or, après 28 ans, vous n’êtes plus éligibles aux bourses", rappelle le directeur.

Tournée vers l’internationale, l’ENSP accueille aujourd’hui environ 20% d’étudiants étrangers. Grâce aux nombreux partenariats noués avec des écoles photos de premier ordre à Los Angeles, Kyoto, Shanghai ou encore Moscou, Mexico et Johannesburg. Une année de césure peut être effectuée en mobilité entre la deuxième et la troisième année.

Dotée d’un budget de 2 millions d’euros, l’école tente d'engranger des ressources propres au travers de formations professionnelles continues développées avec l’Afdas, Pôle Emploi et des comités d’entreprise. De même, l'ENSP a ouvert une classe internationale d'une durée d'un an dédiée aux néo-diplômés de grandes écoles internationales de photographie, dont les frais de scolarité se montent à 3.000 euros.


Guillaume Mollaret | Publié le

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