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Armel de La Bourdonnaye : "L'Ecole des ponts vise davantage l'excellence que la taille"

Céline Authemayou
Publié le
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Armel de la Bourdonnaye, directeur de l'école nationale des ponts et chaussées, président de la commission recherche de la Cdefi
Armel de La Bourdonnaye, directeur de l'École des ponts ParisTech, présente son nouveau plan stratégique. // ©  ENPC
Nouveaux parcours, nouveaux domaines d’expertise, création d’un groupe d’écoles partenaires et d’une graduate school… L’École des ponts ParisTech présente le 12 mai 2016 son nouveau plan stratégique. L’objectif d’Armel de La Bourdonnaye, directeur de l’établissement, est clair : asseoir durablement la notoriété internationale de l’école d’ingénieurs.

Le plan stratégique que vous présentez court jusqu'à 2025. De quand date une telle réflexion au sein de l'école ?

La dernière réflexion du genre remonte au début des années 2000, sous la direction de Pierre Veltz. L'école venait alors de s'installer à Champs-sur-Marne, les laboratoires de recherche se rapprochaient de nos formations... Depuis, le paysage de l'enseignement supérieur a beaucoup changé, tout comme les problématiques couvertes par nos cursus.

Quelle est la ligne directrice de ce plan, baptisé "Construire les mondes de demain" ?

Notre objectif est d'être, au plan international, une école qui développe des savoirs et des savoir-faire de très haut niveau, au service de la société et des entreprises dans des domaines clés, liés au changement climatique et à la transition énergétique. Cela va de l'ingénierie de la ville et de la mobilité à la gestion des risques et des milieux en passant par l'industrie du futur ou encore la question de la régulation économique et sociale.

Vous menez déjà depuis quelques années une réforme de la formation d'ingénieur. Quelles sont les nouveautés qui naîtront de ce plan ?

L'école est aujourd'hui très reconnue dans les domaines du génie civile et environnemental, des transports, des matériaux, etc. Mais l'impact du numérique sur ces secteurs est une expertise qui nous manque : transports intelligents, objets connectés... Il faut que nous développions des compétences et des parcours en la matière, pour couvrir un champ plus large d'applications. De même pour la prise en compte des questions énergétiques.

Nous allons également mieux lier le travail des laboratoires avec nos activités de formation, au niveau master comme au niveau doctorat. Le but est d'avoir une politique intégrée de recherche et de formation. Pour cela, nous allons lancer d'ici à cinq ans une graduate school qui pourra accueillir, par exemple, un cycle intégré master-doctorat.

Il faut bien avoir en tête que c'est un schéma classique dans le monde anglo-saxon. La graduate school porte ce système, qui permet d'avoir une intégration formation-recherche plus graduelle et intelligente.

À l'heure actuelle, vos diplômes de doctorat ont été délégués à la Comue Université Paris-Est. Cette situation pose des problèmes aux écoles, qui craignent de perdre une visibilité internationale, notamment.

Le diplôme de doctorat est dans la Comue, en effet, mais nous cherchons à nous rendre visible. C'est ce que nous faisons en structurant une offre au sein de cette graduate school. Qui diplôme est un sujet annexe aujourd'hui.

L'École polytechnique ne fait pas de mystère quant à un futur partenariat avec l'École des ponts ParisTech. Ce partenariat apparaît dans votre plan stratégique. Quelles sont les échéances ?

Nous avons avec l'École polytechnique des liens historiques, auxquels nous tenons beaucoup. Nous travaillons ensemble autour de projets en matière de recherche et de formation. Je suis quelqu'un de pragmatique : nous signerons une convention dès que les projets seront formalisés.

Vous avez en projet de créer un groupe d'écoles autour de votre établissement, qui deviendrait le groupe École des ponts. Quant naîtra cette entité ?

Ce groupe a pour but de structurer le réseau des écoles qui sont à la fois sous tutelle de notre ministère (Écologie et Développement durable) et/ou voisines et qui s'intéressent aux territoires, à l'image de l'ENTPE, de l'ENSG ou encore de l'EIVP. Mon souhait est qu'on ait passé une étape importante avant la fin 2016. La structure du groupe sera très légère et passera certainement par une convention entre écoles.

L’État nous a permis de travailler sur une hypothèse de stabilité de son soutien.

Est-ce une façon pour l'école de faire croître sa taille ?

Nous visons davantage à être connu pour notre excellence que pour notre taille. La logique de masse n'est pas un sujet. Notre logique est qualitative, basée avant tout sur l'exigence.

Concernant la visibilité internationale, justement, quelle stratégie allez-vous adopter ?

Les partenariats tissés avec des établissements internationaux d'excellente notoriété sont un premier outil très intéressant, que ce soit sur le plan de la formation ou de la recherche.

Les classements sont également intéressants : nous souhaitons être classé de façon très honorable dans le QS et dans le THE. Ces classements sont adaptés à notre identité. De bons classements nous légitiment a posteriori sur nos partenariats.

Comment allez-vous financer ce développement de l'école, qui vise la création de nouveaux outils pédagogiques, d'un learning center, de centres de co-innovation, etc. ?

Ces outils visent à nous positionner au meilleur niveau d'innovation, tant sur le plan de la formation que du partenariat avec les entreprises. Nos étudiants doivent avoir accès au meilleur environnement de travail et notre centre de co-innovation doit être le lieu où se réinvente la fabrique des villes intelligentes, durables et sûres.

L’État nous a permis de travailler sur une hypothèse de stabilité de son soutien. Tout le budget supplémentaire nécessaire à la mise en œuvre de ces projets devra émaner de notre activité : produits de la formation, produits de la recherche, mécénat, support institutionnel.

Les droits d'inscription du cursus ingénieurs sont-ils une autre piste, d'autant que vous envisager de passer de 250 diplômés à 400 ? Ils sont passés en quelques années de 1.400 € à 2.665 €.

Les droits d’inscription ne pourront être qu’une partie de la solution car ils ont déjà augmenté ces dernières années. Il faut bien voir que la tendance globale en école d’ingénieurs n’est pas à la baisse. L’excellence a un prix, en plus d’avoir un coût. Nous sommes dans cette logique : il faut apporter la qualité et l'assurance de la qualité à nos étudiants et à nos partenaires.


Céline Authemayou | Publié le

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Frida.

J'observe que les Ponts comme Supaero ont réussi la gageure d'être des écoles avec un thématique forte Génie Civil et Aeronautique respectivement tout en étant considéré comme une école A+

Nick.

Vous pouvez rajouter les Mines de Paris avec la géologie/énergie, et Télécom avec l'informatique.