Fondation Télécom : une première campagne de levée de fonds en demi-teinte

Cécile Peltier
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Guy Roussel, président de la fondation Télécom
Guy Roussel, président de la fondation Télécom
La fondation Télécom n’a pas totalement rempli les objectifs de sa première levée de fonds 2008-2012. En cause, outre « l’effet crise », un réseau des anciens à renforcer. Un point noir qu’elle va s’employer à corriger dans le cadre de sa prochaine campagne.

« Peut mieux faire. » C’est l’appréciation qui s’impose à la lecture des résultats de la première véritable campagne de levée de fonds de la fondation Télécom, présentés le 21 novembre dernier.  Sur un objectif de collecte 2008-2012 de 25 millions d’euros portés par le leitmotiv « Construire ensemble notre futur numérique », la fondation n’a levé que 20 millions d'euros. Il s'agit de dons ou promesses de dons concrétisés par des engagements signés, dont certains courent jusqu’à 2015.

Un résultat légèrement en-deçà des ambitions initiales que la fondation attribue notamment à la crise financière qui sévit depuis quatre ans : « Nous avons lancé la campagne au début de la crise, qui a eu un effet sur les entreprises», souligne Véronique Deborde, directrice déléguée de la fondation. « Par ailleurs, nous avions des objectifs assez importants concernant les alumni. Or, nous nous sommes rapidement rendus compte que nous savions réellement retrouver à peine un tiers de nos 30.000 diplômés. Retisser des liens avec les anciens et les mobiliser prend du temps. Nous avons  commencé à lever des fonds de manière significative à partir de 2010 seulement.»

32 entreprises partenaires

L’essentiel des fonds récoltés provient des entreprises partenaires. La fondation en compte aujourd’hui 32, « dont 11 engagées sur le long terme » (sur 3 ou cinq ans), à travers le financement mutualisé de grands programmes. Dans cette seconde catégorie, la fondation distingue les « fondateurs » : Alcatel-Lucent, BNP Paribas, France Télécom-Orange et SFR qui la suivent depuis 2008, rejoints en 2011 par Google.  Quatre « historiques » qui ont renouvelé cette année leur engagement pour 5 ans aux côtés de la fondation, insiste son président, Guy Roussel : « signe que nous sommes dans une certaine mesure parvenus à surmonter la crise. »

Les 21 autres entreprises partenaires interviennent à travers des conventions de chaires ou des opérations plus ponctuelles, comme le financement de bourses.

PASSER de 5% à 20 % de dons d'alumni

Reconnue d’utilité publique en mars dernier, la fondation prépare actuellement sa nouvelle campagne de développement. Baptisée "Ambition 2020", elle vise le chiffre ambitieux de 75 millions d’euros collectés à l’horizon 2020. Alors que la stratégie pour y parvenir n'est encore qu'en gestation, Guy Roussel a déjà fixé deux axes de travail prioritaires: le développement de nouvelles chaires, qui devront passer de 4 aujourd’hui (et 4 en phase de pré-lancement) à 15 d’ici 2020, et le renforcement des liens avec les alumni.


Sur quelque 30 000 donateurs potentiels, depuis 2008, 1 000 seulement ont fait un geste pour leur école, soit entre 5 % et 8 % du montant total des sommes récoltées ou promises. La fondation veut faire passer ce pourcentage à 20% d’ici la fin de la prochaine collecte. « Les diplômés deviennent une cible prioritaire », assure Véronique Deborde.  Le dernier baromètre alumni  fait état d'une nouvelle génération plus généreuse que ses aînées. La fondation Télécom mise sur elle.

10 millions d'euros distribués aux écoles

Depuis 2008, 1,5 million d’euros ont été capitalisés et 10 millions d’euros ont été affectés aux écoles d’ingénieurs et de management de l’Institut Télécom  : Télécom ParisTech, Télécom Bretagne, Télécom SudParis et Télécom Ecole de Management (1).

Ils ont permis de soutenir la formation avec le financement de bourses sociales (environ 140 bourses depuis 2008 pour un montant global de 300 000 euros) et de bourses internationales d’excellence, ainsi que de programmes de formation en open innovation ou l'investissement dans des équipements pédagogiques, comme la salle des marchés de Télécom Ecole de Management.

En matière de recherche, la fondation cofinance 16 thèses et 10 post-docs chaque année depuis le lancement de la fondation. Côté innovation, son action porte sur le soutien aux start-up des incubateurs des écoles Télécom et la publication de cahiers de veille technologique pour les entreprises partenaires. Enfin, la fondation soutient le think tank de l’Institut Mines-Télécom Futur numérique qui "mène des travaux de prospective sur les grands enjeux sociétaux liés au numérique".

(1) Les 8,5 millions représentent des fonds à percevoir ou à répartir.

Cécile Peltier | Publié le

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