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Le plan IUT Île-de-France se déploie entre annonces et incertitudes

Guillaume Mollaret
Publié le
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IUT de l'université Paris Descartes - mai 2014
À la rentrée 2019, l'IUT de l'université Paris-Descartes devra accueillir 112 étudiants supplémentaires. // ©  Isabelle Dautresme
Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, a annoncé, le 20 février, pour les IUT franciliens, la création de plus de 950 places et le déblocage de 6 millions d’euros. Toutefois, les directeurs d'IUT concernés veulent rester prudents sur les moyens qui leur seront effectivement alloués.

Les IUT attirent toujours davantage de néobacheliers et d'étudiants. Pourtant, particulièrement en Île-de-France, ces filières sélectives intègrent trop peu de candidats. Et alors que les inscriptions ont augmenté, en 2018 de 3,2 %, le ministère et les directeurs d'établissement souhaitent que cette progression se poursuive à la rentrée 2019.

C'est pourquoi la ministre a présenté, mercredi 20 février, devant les présidents des universités franciliennes, son plan IUT Île-de-France. Il prévoit la création de plus de 950 places, dès la rentrée 2019, dans différents établissements de la région.

Une bonne nouvelle…

"Nous avons reçu, l’an dernier, 19.333 candidatures pour 704 places à offrir. Pour nous, ce plan est clairement une bonne nouvelle", salue Éric de Saint-Léger, directeur de l’IUT de l’université de Cergy-Pontoise (95). Il disposera de 96 nouvelles places : 28 en génie biologie, 28 en GE2I (génie électrique, informatique industrielle) et 40 en TC (techniques de commercialisation). Cette formation sera assurée en apprentissage et 12 places seront dédiées à des étudiants issus d’une filière bac pro.

Nous n’avons pas, aujourd’hui, la capacité spatiale d’accueillir 112 nouveaux étudiants, qui seront 224 à la rentrée 2020. (Xavier Sense)

Le directeur se réjouit également d'avoir obtenu, dans ce cadre, la création de 7 postes enseignants et administratifs . "Nous allons recevoir 4.500 euros par place ouverte ; ce qui permettra de financer des postes", indique-t-il, en espérant que l’État tienne sa promesse de financement pérenne.

… toutes proportions gardées

Si l’IUT de Cergy est déjà certain des moyens qui lui seront alloués, ce n’est pas le cas de tous les établissements franciliens. Par exemple, malgré l'annonce ministérielle de plus de 150 places supplémentaires en GEA (gestion des entreprises et des administrations) et TC, l'université Paris-Nanterre n'a, pour l'instant, pas souhaiter communiquer et attend son prochain conseil d’administration, le 11 mars, pour "valider collectivement la mise en œuvre” du plan.

De sont côté, Abdelhamid Limani, le directeur de l'IUT de Bobigny, un des trois IUT de l'université Paris 13, reste également prudent quant aux 28 places promises en génie biologique. "Nous sommes confiants, mais… je n’ai pas encore reçu de notification officielle", avance celui qui, sans succès, avait également demandé que les filières GEA et MMI (métiers du multimédia et de l’Internet) soient également concernées par des ouvertures.

"Jusqu’à présent, la rentrée de la filière génie biologique ne s'effectuait qu’en février, pour des étudiants réorientés issus de la Paces. Désormais, on pourra ouvrir des places en ligne sur Parcoursup", envisage-t-il. Cependant, une discussion sur moyens qui seront alloués, doit se tenir avec le président de l’université. "J’ai besoin de locaux et de postes… sachant que nous sommes déjà sous-dotés”, souligne Abdelhamid Limani.

Un doute sur la faisabilité

En restant vague sur le nombre de places attribuées dans chaque IUT, Frédérique Vidal a laissé planer un doute sur la faisabilité de l’opération. Comme à l'IUT de l'université Paris-Descartes, pour lequel la ministre a parlé de "plus de 100 places". "En fait, le plan prévoit la création de 4 groupes de 28 places, soit 112 places, dans les formations annoncées", explique Xavier Sense, directeur de l'IUT.

"Cependant, bien que le ministère ait répondu favorablement à notre demande en termes de ressources humaines, nous n’avons pas, aujourd’hui, la capacité spatiale d’accueillir 112 nouveaux étudiants, qui seront 224 à la rentrée 2020, détaille-t-il. Nous devons, avec l’université, le rectorat et les collectivités locales, trouver une solution. Sinon, nous ne serons pas en mesure d’appliquer ce plan", prévient Xavier Sensé, qui a reçu, l’an dernier, 30.000 candidatures confirmées sur Parcoursup pour 1.000 places.

Ce plan IUT Île-de-France a toutefois le mérite "de dénouer une tension", reconnaît le directeur de l'IUT de Paris-Descartes, avant de conclure : "C'est l'occasion de redonner une densité et une compétitivité aux IUT franciliens face à la concurrence des écoles de commerce privées."


Guillaume Mollaret | Publié le

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