Les trésors cachés des universités : une pharmacie du XVIIe siècle au cœur de l’université d'Avignon

Gabrielle Rocca
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La pharmacie de l'université d'Avignon.
La pharmacie de l'université d'Avignon.
De la poudre de momie, des yeux d'écrevisses ou encore du sang-dragon… Voilà ce qu'on peut trouver dans la vieille pharmacie du XVIIe siècle qu'abrite l'université d'Avignon. Un lieu entouré de mystères qui entretient l'imaginaire de l'institution.

Patrimoine insolite au cœur d'un établissement d'enseignement supérieur, une pharmacie vieille de près de quatre siècles loge dans les locaux de l'université d'Avignon. La raison est simple : pour accompagner son développement, l'université s'est en effet installée à la fin des années 1990 dans un ancien hôpital qui intégrait une pharmacie.

Au XVIIe siècle, il s'agissait d'une apothicairerie : on pouvait y trouver des drogues médicinales, des pigments de couleur ou même, à une certaine époque, du tabac sous forme de poudre. Du temps de l'hôpital, elle faisait office de "tisanerie", un lieu où l'on conservait toutes sortes de préparations à base de plantes.

Aujourd'hui, l'ancienne pharmacie n'a plus de véritable fonction, mais certains produits d'origine y sont toujours conservés dans des tiroirs et des bocaux, que l'on peut découvrir à l'occasion de visites organisées.

Pôle de recherche et patrimoine culturel

La pharmacie de l'université d'Avignon fait par ailleurs l'objet de nombreuses recherches de la part de chimistes et d'historiens qui travaillent conjointement. Les premiers s'intéressent à l'aspect scientifique et bio-organique des produits, étudiant leur vieillissement et leur conservation, tandis que les seconds concentrent leurs efforts sur la pharmacie elle-même, c'est-à-dire sur son histoire et  la datation exacte – difficile à définir – des produits qu'elle contient.

Mais ce lieu n'est pas seulement une source d'intérêt pour les chercheurs : il contribue également à enrichir le patrimoine culturel de l'université, et partant de la ville d'Avignon. Outre les chercheurs qui viennent visiter la pharmacie à l'occasion de colloques et les étudiants qui peuvent y accéder à titre exceptionnel pour un projet audiovisuel par exemple, le grand public est accueilli lors des Journées européennes du patrimoine qui attirent chaque année près de 1.000 personnes sur une demi-journée.


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