Open access : l’Académie des sciences veut encadrer l’édition scientifique

Olivier Monod
Publié le
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Académie des sciences - Paris - ©Nicolas Tavernier - REA
Académie des sciences - Paris - ©Nicolas Tavernier - REA
L'Académie des sciences prend acte du passage inéluctable à la diffusion libre des articles de recherche et propose un nouveau business model pour l’édition scientifique.

Dans son rapport "Les nouveaux enjeux de l’édition scientifique", rendu public en octobre 2014, l’Académie des sciences propose d’encadrer économiquement l’édition scientifique et d’en changer le business model.

Les académiciens, représentés par Jean-François Bach, professeur de médecine, et Denis Jérome, président de la section de Physique, sont convaincus que la diffusion libre des articles scientifiques en ligne est inéluctable. Cependant, ils défendent une solution qui donne encore toute sa place aux éditeurs scientifiques.

Payer pour diffuser, et non plus pour lire les articles

Ils proposent ainsi que les chercheurs ne paient plus pour lire les articles – via les abonnements aux revues – mais pour les publier, en accès libre. Payer pour être lu en somme.

La négociation se ferait au niveau des établissements et même de plusieurs établissements lors d’une "négociation centralisée" qui prendrait pour base les budgets actuels des universités destinés aux abonnements.

Réaliste, l’Académie des sciences reconnaît que "cette solution ne fonctionnera que si elle s’applique à l’échelle internationale". Reste donc à convaincre les institutions françaises et internationales de négocier ensemble un nouveau modèle avec les éditeurs du monde entier... "Pas insurmontable", assure Jean-François Bach.

L'Académie dénonce l'importance démesurée du "facteur d'impact" des revues
L’Académie des sciences profite par ailleurs de son rapport pour prendre position sur plusieurs sujets qui font débat dans le monde de la recherche. Elle dénonce "l’utilisation inappropriée du facteur d’impact des revues" [nombre moyen de citations des articles d'une revue, NDLR] comme principal critère de jugement de la qualité d'une recherche.

Elle rappelle en outre la nécessité d'un examen critique par des chercheurs académiques avant publication (peer review). Enfin, l'Académie souligne l’importance de "l’archivage" local, dans les établissements, afin de "préserver la pérennité des articles". À ce jour, le CNRS est quasiment le seul en France à archiver systématiquement ses articles, dans le système ouvert Hal.

Lire le rapport de l'Académie des sciences : Les nouveaux enjeux de l'édition scientifique (PDF - publié en octobre 2014, adopté en juin 2014)

Olivier Monod | Publié le