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Politique de site : la Comue Aquitaine perd l'université de Bordeaux

Morgane Taquet
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Université de Bordeaux, façade du site de la Victoire
Le conseil d'administration de l'université Bordeaux a voté à une large majorité la sortie de la Comue. // ©  Camille Stromboni
Dans une délibération adoptée par son conseil d'administration le 15 décembre 2017, l'université de Bordeaux a approuvé la sortie de la Comue Aquitaine. L'établissement émet par ailleurs des propositions de coopération renforcée avec l'université Bordeaux-Montaigne et Bordeaux Sciences Agro.

L'université de Bordeaux (UB) quitte la Comue Aquitaine. Le 15 décembre 2017, son conseil d'administration a adopté, par 19 voix pour, 7 contre et 6 abstentions, une délibération mandatant le président de l'établissement pour engager le processus de retrait du regroupement aquitain.

Présidé par Vincent Hoffmann-Martinot, l'ancien directeur de Sciences po Bordeaux, ce regroupement réunit, outre l'université de Bordeaux, l'université Bordeaux Montaigne, l'université de Pau et des Pays-de-l'Adour, l'université de La Rochelle, Sciences po Bordeaux, Bordeaux INP et Bordeaux Sciences Agro.

"Après trois ans de fonctionnement et à l’instar d’autres Comue du pays, la Comue d’Aquitaine n’a pas atteint les objectifs qu’elle s’était fixés et n’a pas su répondre aux attentes de l’université de Bordeaux en termes d’appui à la politique de site prévue par la loi, en dépit de moyens spécifiques importants accordés par l’État", indique l'UB dans un communiqué.

Cette nouvelle structure, créée en 2015 après l'entrée en vigueur de la loi ESR de juillet 2013, "ne devait en aucune manière constituer une couche institutionnelle supplémentaire. Elle devait s'attacher à promouvoir la coordination territoriale de nos établissements à l'échelle de la future grande région et laisser au sein de sa gouvernance une place particulière à l'université de Bordeaux, en rapport avec son poids relatif en termes d'étudiants et de personnels", argumente l'établissement, dans la délibération adoptée en conseil d'administration qu'EducPros s'est procurée. Toutefois, celle-ci milite en faveur de "la création d’une conférence d’établissements universitaires à l’échelle de la grande région".

L'UB mise sur les conventions d'association

Cette délibération donne également des indications sur la politique de regroupement que souhaite défendre l'université. Alors que d'autres Comue sont sur le point de disparaître – c'est le cas de Sorbonne Universités, qui sera dissoute au 1er janvier 2018 –, l'établissement dit répondre à la demande de la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, "qui recueille aujourd’hui la position des établissements sur leurs attentes concrètes concernant l’organisation territoriale, dans la perspective d’un ajustement de la loi sur les regroupements universitaires".

Au cours des prochains mois, la législation devrait en effet évoluer, pour permettre aux établissements et regroupements d'expérimenter de nouveaux modèles de gouvernance. C'est toute l'ambition portée par le projet de loi d'habilitation dédié à la politique de site, présenté le 22 novembre en Conseil des ministres.

Le texte, encore très général, ne répond pas à toutes les questions des acteurs. Et si la loi maintient le caractère obligatoire des regroupements au niveau d’un même site, l’université de Bordeaux souhaite qu’une concertation soit engagée avec l’université Bordeaux-Montaigne et Bordeaux Sciences Agro afin de faire évoluer les actuelles conventions de coopération qui les lient. L'objectif : se diriger vers des conventions d'association.

Bordeaux-Montaigne "s'étonne"

Devant cette décision, que plusieurs signes laissaient pressentir depuis quelques mois, l'heure est à l'étonnement du côté de Bordeaux-Montaigne. Les relations entre les deux établissements ont toujours été complexes, Bordeaux-Montaigne (Bordeaux 3) ayant refusé de fusionner avec ses consœurs Bordeaux 1, 2 et 4 en 2014.

"Nous sommes un peu étonnés par cette méthode un peu abrupte, car il n'y a pas eu de contact officiel entre les présidents", déclare Béatrice Laville, vice-présidente du conseil d'administration de Bordeaux-Montaigne. Sur la question d'une possible convention d'association, cette dernière indique que ce n'est pas la position affichée par son établissement et s'interroge sur le statut juridique de cette alliance.

Par ailleurs, prenant acte du départ annoncé de l'UB de la Comue, la vice-présidente insiste sur la volonté de l'établissement de conserver des coopérations au niveau régional. "Si la Comue a montré des difficultés de fonctionnement, nous tenons à l'existence d'une entité régionale regroupant l'ensemble des établissements de la région afin de poursuivre les coopérations engagées". Reste à savoir si la Comue Aquitaine survivra au départ d'un mastodonte de près de 50.000 étudiants.


Morgane Taquet | Publié le

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