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Plagiat : une campagne pas si bête à l'Université de Lyon

Marie-Caroline Missir
Publié le
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Le "bestiaire des plagiaires" met en scène des animaux pour détailler les bonnes pratiques à suivre.
Le "bestiaire des plagiaires" met en scène des animaux pour détailler les bonnes pratiques à suivre. // ©  Université de Lyon

Face au plagiat, l'Université de Lyon mise sur l'humour pour déculpabiliser et "éduquer" étudiants et enseignants des 11 établissements de la Comue.

Un mouton "suiveur", un perroquet "copieur", un caméléon "usurpateur". Baptisé "Le bestiaire des plagiaires", la nouvelle campagne de sensibilisation lancée par l'Université de Lyon pour lutter contre le plagiat dans les 11 établissements de la Comue adopte un ton volontairement décalé.

La démarche n'est pas nouvelle. Depuis 2007, un groupe de travail associant enseignants-chercheurs et responsables pédagogiques des différents établissements lyonnais réfléchit aux moyens de lutter contre ce phénomène. Cette mission a déjà rédigé un guide de bonnes pratiques à l'intention des équipes dirigeantes et mis des logiciels anti-plagiat à la disposition des enseignants.

Une opération "positive"

"Le plagiat n'est pas un phénomène nouveau mais le développement du numérique l'a beaucoup amplifié", souligne Anne-Marie Perraud, cheffe de projet Université numérique, qui pilote ce groupe de travail.

"Chez les étudiants, le plagiat n'est pas toujours intentionnel. Citer un ouvrage sans mentionner la source, c'est déjà du plagiat. Nous sommes confrontés à des étudiants à l'aise avec le numérique mais qui n'ont jamais été formés à ses usages : on ne leur a pas appris pourquoi il ne fallait pas faire de copier-coller", ajoute-t-elle.

La campagne, conçue par un étudiant de l'Institut de communication de l'université Lyon 2 et dotée d'un budget de 3.000 euros, prévoit des affiches et des dépliants qui seront diffusés sur les campus ou présentés en cours.

L'opération, qui se veut positive et non culpabilisante, met en scène des animaux pour détailler les bonnes pratiques à adopter : "Il faut se citer soi-même quand on utilise son propre travail réalisé antérieurement." ; "Les sources anonymes issues d'Internet doivent aussi être référencées" ; "Si on reformule un extrait ou une idée avec ses propres mots, il faut quand même citer ses sources" ; "Cela prend plus de temps d'essayer de tromper un logiciel de détection que de citer correctement"... Reste à savoir si l'humour sera plus efficace que la menace.


Marie-Caroline Missir | Publié le

Vos commentaires (2)

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Bookgeek.

Très bonne initiative en effet qui fait une "piqure de rappel" pleine d'humour aux étudiants. Cela n'est pas du luxe dans l'enseignement supérieur, car certains ont oublié les bonnes pratiques enseignées du collège au lycée. Pour d'autres qui reviennent en formation continue, plagier leur est inconnu... en toute bonne foi. Il n'y a pas obligatoirement volonté de tricher. Mieux vaut prévenir que guérir .... et une fois informé, nul n'est censé ignorer le droit. MERCI à l'Université de Lyon pour ces supports !

Frater.

Angélisme... Les étudiants savent ce qu'ils font. Ils ne sont pas bêtes (n'en déplaise aux communicants épigones de La Fontaine) et sont avertis (et punis) au lycée quand ils plagient. Tous mes élèves, de la Seconde à la Terminale, sont avertis, avec explication à la clé, tous les ans ; je ne crois pas être le seul à le faire. Pourquoi avoir peur de l'autorité ? Il s'agit seulement de rendre possible l'enseignement et la recherche, pas de brimer de pauvres innocents !

Dura lex.

Facile de crier à l'angélisme quand on fait la leçon de morale à des lycéens qui pour un plagiat iront au coin avec 0/20 ou en heure de colle, et ne seront lourdement sanctionnés que pour des fraudes (osées) lors du baccalauréat. A l'Université, là où les examens sont tous les semestres, ce qui multiplie les risques de fraude, et pas tous les trois ans, la sanction sera l'exclusion le plus souvent, à géométrie variable selon la gravité du cas, le périmètre pouvant s'étendre dans l'espace (Université où l'incident a eu lieu, voire toute Université française) ainsi que dans le temps (d'un an à l'interdiction définitive de fréquenter un établissement public d'enseignement supérieur). Il ne s'agit donc pas de craindre l'autorité, mais de bien appliquer le corollaire du principe "nul n'est censé ignorer la loi" selon lequel celle-ci doit être accessible et compréhensible : en somme, si la sanction doit être sévère, la règle et le risque attaché à l'infraction doivent être bien connus. Personnellement je ne vois pas dans ce guide de bonnes pratiques de l'angélisme, mais du bon sens... A vous de voir si vous préférez le bâton du correcteur ou la plume de celui qui explique.

Olivier Ridoux.

L'angélisme c'est de croire que ce qui a été dit au lycée est retenu pour la suite. Et ce n'est pas que nos élèves sont différents de nous, sinon comment expliquer que des automobilistes chenus arrivent à perdre tous leurs points de permis de conduire par des excès de vitesse répétés. Ce qui est différent c'est que la société est plus intransigeante pour ses jeunes que pour ses adultes. Un exemple ? Tous ces systèmes de points de discipline utilisés dans les collèges où on ne peut que perdre des points, mais jamais en regagner : comparer avec le permis à points des adultes. Alors oui à la répression du plagiat, mais pas sans en assumer nous mêmes la prévention par l'information. Et cette initiative est plutôt moins bêtes que d'autres car elle ne fait pas qu'exposer les sanctions mais elle informe dur le plagiat et sur comment ne pas être plagiaire.