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L'Université de Paris officialise sa fusion

Sandrine Chesnel
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L'Université de Paris officialise sa fusion
Marc Chaussidon, directeur de l’Institut de physique du globe de Paris, Christine Clerici, présidente de l’université Paris-Diderot et Frédéric Dardel, président de l’université Paris-Descartes, ont porté le projet du nouvel établissement. // ©  Université Paris Diderot/Lionel Pagès
Le décret qui officialise la fusion des universités Paris-Descartes et Paris-Diderot vient d’être publié. Prochaines étapes : la nomination de l’administrateur provisoire par le recteur de Paris, Gilles Pécout, d’ici à la fin du mois de mars, puis la tenue d'élections pour réunir un nouveau conseil d'administration d'ici à la fin du mois de mai.

La gestation a été longue. Pourtant, jeudi 21 mars 2019, est paru au Journal officiel le décret officialisant la naissance de l’Université de Paris. Un beau bébé de 58.000 étudiants, 4.500 enseignants chercheurs, 3.000 personnels administratifs et techniques et 156 laboratoires, selon les données du site créé pour l’occasion, UniversitéParis2019.fr.

Paris-Descartes, Paris-Diderot et l’IPGP (Institut de physique du globe de Paris) garderont leur nom pendant les prochains neuf mois, mais, au 1er janvier 2020, les deux premiers se retrouveront sous la marque "Université de Paris". Seul l’IPGP conservera sa personnalité morale et juridique. Tous les trois formeront un seul et même établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel.

L'union fait la force ?

Le projet courait depuis une bonne année. Le décret est la suite logique de sa labellisation Initiative d’excellence le 19 mars 2018. Objectif : "rayonner à l’échelle européenne et internationale", résume Christine Clerici, la présidente de Paris-Diderot, qui a répondu aux questions d’EducPros en son nom et celui de Frédéric Dardel, président de l'université Paris-Descartes.

Université pluridisciplinaire, le nouvel établissement fusionné rassemblera une faculté de santé, une faculté de sciences et une faculté sociétés et humanités. De quoi peser face aux collectivités locales ouaux établissements publics, comme l’Inserm et l’AP-HP. Les étudiants en santé de l’Université de Paris effectueront ainsi leurs stages dans plus de la moitié des hôpitaux parisiens. Dès 2020, près d’un article scientifique sur dix publiés en France sera issu de l’université de Paris.

Autre objectif de la fusion : le développement de davantage de filières croisées. "Paris-Descartes comme Paris-Diderot sont déjà très portées sur l’interdisciplinarité. Sur Parcoursup, nos licences bi-disciplinaires sont très recherchées, déclare Christine Clerici. Dans un premier temps nous ne toucherons pas à l’offre de licence pour laquelle Descartes et Diderot viennent d’être accréditées."

Pour le moment, aucun déménagement n'est prévu : chacun va demeurer dans ses bâtiments actuels. “Au quotidien, rien ne changera au sein des composantes au 1er janvier 2020, affirme Christine Clerici. Nous travaillons évidemment sur un projet d’organisation des services centraux, mais il ne s’agit pas de faire des économies d’échelle. Nous n’envisageons pas de suppressions de postes."

Une nouvelle gouvernance en juin

Cette fusion devrait également permettre au nouvel ensemble de gagner plusieurs places aux classements internationaux. D’après les projections réalisées par les porteurs du projet, la nouvelle Université de Paris devrait ainsi se placer dès sa création à la 53e place du classement de Shanghai, et deviendrait ainsi la première université française au classement selon le facteur d'impact des publications.

Prochaine étape, la nomination, d'ici à la fin de la semaine, d’un administrateur provisoire par le recteur de l’académie de Paris, Gilles Pécout. Il ou elle aura notamment pour mission de préparer les élections destinées à former le futur conseil d’administration de la nouvelle université, qui se dérouleront dans le courant du mois de mai.

L'administrateur provisoire aura également la charge du pilotage du plan d’accompagnement des personnels, présenté en comité technique et comité d’hygiène et sécurité d’ici à la fin du mois d'avril. Enfin, l'élection pour la présidence se tiendra au début du mois de juin.

Des conseils d'administration plus ou moins convaincus
Les statuts de l’Université de Paris ont été présenté devant les conseils d'administration de chacun des établissements fondateurs en janvier 2019. Ils ont été approuvés à Paris-Diderot par 26 voix "pour", 6 voix "contre", 1 abstention, 1 vote nul ; à Paris-Descartes par 22 voix "pour, 14 voix "contre". L’Institut de physique du globe de Paris les a approuvés à l’unanimité des 19 voix.


Sandrine Chesnel | Publié le

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