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Stages : comment en faire un outil efficace

Jean Chabod-Serieis
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Alors que le nombre de stages explose, la loi destinée à les encadrer a été adoptée le 26 juin 2014 par l'Assemblée nationale. Périodes de formation pour les étudiants, tremplins vers l’emploi, outils de prérecrutement pour les entreprises... les stages sont aussi l’opportunité de développer les relations écoles-entreprises. À condition, cependant, qu’ils s’inscrivent dans une stratégie globale. Une enquête Interface.

Entre 2006 et 2012, le nombre des stages est passé, en France, de 600.000 par an à 1,6 million (+ 166 % ­en sept ans), selon le CESE (Conseil économique, social et envi­ronnemental). Or, le CEREQ (Centre d'études et de recherche sur les qualifications) estime que seuls 38 % de ces stages sont formateurs et rémunérés. C'est l'une des raisons qui ont motivé la nouvelle loi destinée à encadrer les stages ­– promesse du candidat Hollande.

Pour cette quatrième loi sur le sujet depuis 2006, le but est notamment de limiter les abus ­de recruteurs privés comme publics qui déguisent un contrat de travail en stage ou proposent un stage dépourvu de toute dimension pédagogique, et, du côté des établissements, de mettre fin aux formations fantômes qui per­mettent "d'acheter" une convention de stage.

La loi prévoit notamment : une limitation du nombre de stagiaires par entreprise en fonction de l'effectif et du nombre de stagiaires encadrés par le professeur référent ou le tuteur en entreprise, l'octroi de nouveaux avantages (indemnités transport, tickets restau), ou encore le renforcement des contrôles.

Il existe, pour l'heure, plusieurs types de stages : d'observation (en 3e), de moins de deux mois (non rémunérés), de plus de deux mois (rémunérés), les stages de césure (deux stages de six mois), etc.

L'APEC estime que 20 % des bac + 4 ayant décroché un emploi dans l'année suivant la fin de leurs études l'ont trouvé sur leur lieu de stage.

Pour les cycles ingénieur et commerce, on distingue – selon les appellations – les stages : ouvrier (immersion dans le monde du travail), technicien (orienté sur le fond) et cadre (long et applicatif). Ajoutez à cela les variations d'indemnités, de 0 à 2.000 € par mois (pour un bac + 5 chez Roche, par exemple), et de durée de travail hebdomadaire (certains recruteurs dépassant la durée maximale autorisée), et vous aurez une idée du paysage. Des stages plus nombreux, donc, qui, pour les établissements d'enseignement supérieur et les entreprises, s'inscrivent souvent dans une stratégie plus large.

Même si les abus existent, du côté des entreprises, il serait caricatural de résumer les stages à leur version "photocopies-café", dénoncée par Geneviève Fioraso, secrétaire d'État à ­l'Enseignement supérieur et à la Recherche, pour justifier le vote de la loi. Ou au CDI déguisé, montré du doigt notamment par le collectif Génération Précaire.

C'est aussi une période de formation et un tremplin vers l'emploi. L'APEC (Association pour l'emploi des cadres) estime que 20 % des bac + 4 qui ont décroché un emploi dans l'année qui suit la fin de leurs études l'ont trouvé sur leur lieu de stage. Dans les ­entreprises, ce taux de transformation varie de moins de 5 % (Allianz et JCDecaux, par exemple) à plus de 90 % dans les secteurs de l'infor­matique et de l'audit. "Nous proposons un CDI à 82 % de nos stagiaires, explique Hélène Veuillet, responsable du pôle chargée de recrutement chez SOPRA Group (édition de logiciels, 600 stages/an). La majorité accepte. In fine, nous embauchons 70 % de nos stagiaires." Depuis trois ans, SOPRA recrute 1 600 personnes par an, dont 30 % d'anciens stagiaires. "Nous sommes dans un secteur très concurrentiel, justifie Hélène Veuillet, nous avons du mal à recruter. Avec le stage, l'idée est de capter les étudiants le plus tôt possible avant la fin de leurs études. C'est une double garantie : ils connaissent les valeurs du groupe, sont formés aux métiers et, nous, nous investissons dans un secteur où il n'y a pas assez de diplômés chaque année pour satisfaire nos besoins."


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