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Après l'affaire Dieudonné : "Oui, on peut enseigner la Shoah à l'école"

Chercheurs d'Actu
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On peut enseigner la Shoah aux élèves, mais sa place dans la morale occidentale pose problème. Voilà ce qu'explique la philosophe Sophie Ernst dans un entretien au site Chercheurs d'actu. En pleine affaire Dieudonné, l'auteure de Quand les mémoires déstabilisent l'école, mémoire de la Shoah et enseignement analyse les difficultés que peuvent rencontrer les enseignants, mais aussi, plus largement, la place qu'occupe aujourd'hui la morale à l'école. Extrait.

Comment un professeur peut-il rebondir face à des remarques complotistes, négationnistes ou de concurrence des mémoires?

La première des conditions, c'est justement de ne pas confondre tous ces cas de figure, il y a parfois tout simplement une envie de comprendre, avec des objections qui ont du sens. Existe-t-il un complot juif international? Évidemment non. Mais on peut aussi faire la part des apparences trompeuses et il ne sert à rien de nier qu'il y a un jeu politique et médiatique contemporain, qui fait la part belle aux pratiques des lobbys, juif ou autres.

De ce point de vue, les enseignants ne sont plus démunis comme il y a 15 ans face à des remarques incongrues. Ils s'attendent à des remarques apparemment malveillantes ou revendicatives, et peuvent faire face aux incidents sans les sous-évaluer ni les monter en épingle, en distinguant les cas. Ils sont les mieux placés pour apprécier l'innocence d'une question, et c'est souvent le cas.

S'agissant du fond de commerce de Dieudonné, la concurrence des victimes, "l'envie" et le ressentiment à l'égard des juifs, l'hostilité à l'égard d'Israël, certaines remarques ne sont pas forcément illégitimes, elles peuvent être reformulées et traitées de façon raisonnable et constructive. Même si elles sont portées par l'émotion, l'enseignant peut élaborer les contestations.

Le vrai problème, c'est le temps. La lourdeur des programmes et la pression des épreuves sont tellement étouffantes qu'on finit par ne plus prendre le temps de discuter en profondeur de ce qui importe.

Les enseignants ne sont plus démunis comme il y a 15 ans face à des remarques incongrues

Comment expliquez-vous qu'un événement historique comme la Shoah prenne une telle place dans les commentaires et soit si régulièrement remis en question? Le sujet est à la fois très discuté et très sensible.

Pour comprendre la place prise par la mémoire de la Shoah dans nos controverses sur l'éducation, il faut revenir sur ce qu'a été l'enseignement de la morale et du civisme dans l'école et son évolution depuis l'après-guerre.

Jusqu'aux années 1960-1970, les cours de morale et de civisme transmettaient des règles de sociabilité quotidienne, ce qu'on appelle la civilité (céder sa place aux personnes âgées dans le bus...), des règles fondamentales de la morale humaniste (ne pas tuer, respecter la dignité des personnes...) et civiques (voter). Le système des valeurs s'articulait à une transmission d'histoire axiale. Il s'agissait de poursuivre dans l'esprit de la Révolution française.

Les choses se sont délitées au tournant des années 1960, sans que cela ait été ni voulu ni réfléchi. La transmission de la morale et du civisme est tombée en déshérence et n'a pu, depuis, être vraiment remise en place, malgré de nombreuses tentatives instables et peu convaincantes.

Lire l'interview dans sa totalité sur Chercheurs d'actu


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MIROUZE Nicolas.

Enseigner la Shoah à l'école? Faire un cours spécifique? Je dis clairement non. Vous me traiterez de ce que vous voudrez, mais je reste campé sur le non, radicalement. Je n'ai rien contre les juifs, je n'ai rien contre Dieudonné. Je suis triste qu'un peuple a été sauvagement meurtri, j'en suis le premier désolé pour eux, mais elle ne doit pas être un exemple unique (juifs ou tsygane et que sais-je). Vivre dans le passé lointain? C’est comme ça que l'on avance? Je ne pense pas. J'ai un enfant. Elle a 4 ans. je vais lui dire donc ceci, lorsqu'elle ne comprendras pas pourquoi on la "responsabilise" d'un acte passé? car, ayons un bon sens, c'est le but... montrer un massacre pour dire "c'est de la faute à tes ancêtres, c’est donc de ta faute..." Oui, mais bien sur, ma fille est responsable d'holocaustes. Ne croyez vous pas que nos enfants, tous confondus, on déjà beaucoup à gérer dans leurs propres vies? Des séparations, l'histoire de leur pays et de ses valeurs que l'on éteint pour allumer d'autre afin qu'on leurs manque de respect? Il faut arrêter. Ne pas faire une mission d'état une opinion personnel qu'un humoriste (oui je défends l'humoriste Dieudonné) qui doit en faite juste s'amuser à pousser le bouchon à chaque fois que vous allez le titiller. Comme un enfant. Vous n'êtes pas plus que moi dans la tête de cet homme, mais qui vous dit que pour lui c'est pas juste un jeu de chat et de souris... Qu'il se dit pas juste "tiens, ce sujet les emmerde, on va abuser pour les faire rager, ça me feras marrer de les voir s'énerver". Je vois Dieudonné comme un enfant qui à compris comment rendre ses parents rouge de colère. Rien de plus amusant pour un bambin que de voir ses parents changer de comportement. C'est le jeu a Dieudonné... Fichez donc la paix avec vos histoires à notre génération futur. Arrêtez de tenter de leurs laver le cerveau, remettez la bonne vieille école avec l'autorité aux prof, remettez le service militaire, et là, nos impôts seront bien utilisés...