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Pisa 2012. Éric Charbonnier : "La formation en Espé se rapproche des recommandations de l’OCDE"

Virginie Bertereau
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Eric Charbonnier, expert éducation à l’OCDE
Eric Charbonnier, expert éducation à l’OCDE

La formation des enseignants est en grande partie responsable de la qualité de notre système éducatif : tel est le point de vue que défend Éric Charbonnier, expert sur les questions d’éducation au sein de l'OCDE, alors que les résultats de Pisa 2012 doivent être publiés le 3 décembre.

Que pensez-vous de la création des Espé ?

Il était nécessaire de revoir la formation, atypique, des enseignants en France. Jusqu'ici, nous suivions un modèle "consécutif" : la formation académique était suivie d'une formation pédagogique après le passage d'un examen. Un modèle en voie de disparition.

Dans la plupart des pays de l'OCDE, le modèle utilisé est dit "simultané" : les deux formations sont dispensées en même temps. C'est ce que proposent les Espé aujourd'hui : savoirs et savoir-faire sont liés, enseigner est reconnu comme un véritable métier qui s'apprend. On se rapproche des recommandations de l'OCDE et de la réforme que la Finlande a menée dans les années 1970.

Cette nouvelle formation peut-elle selon vous améliorer la qualité de l'enseignement ? À quelle échéance ?

Nous avons des exemples de politiques globales, formation des enseignants comprise, qui ont eu des effets rapides. Le Portugal, par exemple, a connu une nette amélioration de son système éducatif entre 2003 et 2009. Le pays a revu la formation de ses enseignants – le point le plus important – mais a aussi investi dans les milieux difficiles ou agi contre le redoublement.

Qu'est-ce qu'il faudrait "de plus", comment aller plus loin en France ?

Il faudrait mener une réflexion sur la formation continue car les enseignants "en place" [on en compte 841.700, ndlr] n'auront pas reçu cette nouvelle formation. Il faudrait également réfléchir à la première affectation des professeurs – cela pose toujours problème lorsqu'ils sont parachutés dans des établissements difficiles sans soutien – ou à une façon d'attirer les plus expérimentés dans ces mêmes établissements.

Il faudrait en outre se pencher sur le redoublement, qui permet de gérer trop souvent les difficultés scolaires en France. À ce propos, la nouvelle formation des enseignants doit les aider à personnaliser leur enseignement, à utiliser des supports plus innovants, destinés à capter davantage l'attention des élèves. Il faudrait aussi mener une réflexion sur les programmes à alléger. Bref, il reste encore beaucoup de questions sans réponse.

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Virginie Bertereau | Publié le

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