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Idex, entrée à l'université : double front de mobilisation à Toulouse 2

Camille Pons
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Idex, entrée à l'université : double front de mobilisation à Toulouse 2
Objectifs "fac morte" et "concours de barricades" sur le campus de Toulouse 2. // ©  Camille Pons
Entre grèves, actions coups de poing et paralysie des instances, les actions menées par l'intersyndicale de représentants des membres du personnel et des étudiants de l'université Toulouse 2-Jean-Jaurès sont allées crescendo depuis décembre. Ciblant tant le projet d'université intégrée que la réforme de l'entrée à l'université, elles ont atteint un point d'orgue le 1er février 2018 avec le blocage du campus.

Les objectifs "fac morte" et "concours de barricades", annoncés en début de semaine par l'intersyndicale de représentants des membres du personnel et des étudiants, ont bien été atteints, jeudi 1er février, à Toulouse 2-Jean-Jaurès. L'empilement de mobiliers en tous genres a permis aux contestataires – regroupés sous les bannières FSU, CGT-FERC, FNEC-FO, Sud-Éducation, Solidaires étudiants, Unef, Union des étudiants de Toulouse, UNL, CGL et Epic –, de condamner l'accès à la plupart des bâtiments.

Sur le campus toulousain, la mobilisation contre la réforme de l'entrée à l'université a d'autant plus été suivie – ils étaient plus de 1.000 réunis en assemblée générale avant de rejoindre la manifestation toulousaine – qu'elle se greffe à l'opposition de voir émerger à Toulouse une université intégrée. Inscrit dans le dossier de candidature Idex du regroupement, ce projet mobilise l'intersyndicale depuis le 12 décembre 2017. À cette date, le conseil d'administration de l'université avait, de justesse, approuvé cette stratégie.

Lire aussi. Idex : l’Université de Toulouse dépose son dossier sur le fil

Contrôle des instances par le jeu des quorums

Depuis, l'intersyndicale a multiplié assemblées générales (qui rassemblent entre 200 et 400 personnels et 500 à 800 étudiants sur les plus de 27.000 que compte le site), appels à la grève, barrages filtrants, débrayages de cours. Elle a, en outre, empêché les principales instances de l'établissement de se réunir, conseils d'UFR compris. En utilisant pour principales tactiques le jeu des quorums et les sorties du conseil, selon les ordres du jour abordés.

Conséquence directe : le budget de Toulouse 2 n'a pas pu être voté à trois reprises. Désormais, la menace d'une mise sous tutelle du rectorat plane sur l'établissement, si le budget n'est pas adopté au 1er mars prochain.

Si l'université fonctionnait correctement jusqu'à fin janvier – le mouvement ayant choisi de respecter la période d'examen –, certains services commencent désormais à être paralysés. La bibliothèque universitaire et la plupart des bibliothèques d'UFR sont fermées, certaines équipes administratives d'UFR ne travaillent plus, le service d'enseignement à distance n'a pas mis les cours en ligne, la comptabilité est ralentie même si les "urgences, comme les payes", sont "traitées", assure le président, Daniel Lacroix.

Les uns contre les autres

Devant cette situation, la grogne commence à monter du côté des membres du personnel non grévistes. En décembre, plus de 250 d'entre eux avaient signé une lettre ouverte dans laquelle ils affirmaient leur soutien au projet d'Idex et dénonçaient "la violence des propos tenus, les pressions exercées sur des collègues, la quasi 'chasse à l'homme' s'agissant du président". Le fait que les grévistes soient payés, héritage, selon le président, d'une "circulaire" de son prédécesseur, entraîne également un "effet délétère", confie un non gréviste irrité.

Mais, selon ce dernier, sans démission du président, "c'est une voie sans issue". En effet, ces "tensions très fortes" s'expliquent avant tout par le "sentiment de trahison" ressenti depuis la consultation organisée sur le campus, durant laquelle personnels et étudiants s'étaient prononcés contre le projet Idex. Alors que deux administrateurs mécontents viennent de démissionner du conseil d'administration, un autre évoque un "parjure" du président "dans tous les domaines", invoquant un communiqué du 24 janvier 2017 dans lequel Daniel Lacroix s'engageait effectivement "à respecter le résultat de cette consultation".

Si le président évoquait la "prise en compte des résultats", il précisait néanmoins que "la configuration de l'UT [telle que présentée à la consultation] rest[ait] en attente d'une adaptation de la loi". Et que, de ce fait, l'université resterait libre "de poursuivre le processus ou d'en sortir". Processus dont la prochaine étape sera marquée par la visite sur site du jury Idex, le 19 février 2018.

Des attendus locaux sur Parcoursup, malgré le rejet de la CFVU

À Toulouse 2, la CFVU (commission formation et vie universitaire) a rejeté les attendus locaux et les capacités d'accueil le 18 janvier 2018, à 18 voix contre 13. Néanmoins "versés" sur Parcoursup avant le 13 janvier, date limite fixée par le ministère, ces éléments n'ont pas été retirés de la plate-forme depuis.

L'intersyndicale dénonce un "passage en force", de son côté, le président de l'université indique que seul le rectorat a désormais la main sur la plate-forme. Olivier Hemmerlé, le vice-président en charge de la formation et de la vie étudiante, assure par ailleurs que l'établissement "souhaite, comme les autres années, accepter tous les postulants et, a minima, tous ceux originaires de l'académie".


Camille Pons | Publié le - Mis à jour le

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