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Le plan de Najat Vallaud-Belkacem pour améliorer APB

Natacha Lefauconnier
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Pour éviter les étudiants "sans-fac", chaque candidate devra choisir une filière ni sélective ni à capacité limitée. C'est l'une des nouveautés d'APB 2016.
Pour éviter les étudiants "sans-fac", chaque candidat devra choisir une filière ni sélective ni à capacité limitée. C'est l'une des nouveautés d'APB 2016. // ©  Natacha Lefauconnier

Assurer une place dans l’enseignement supérieur à chaque bachelier : telle est l'ambition affichée mardi 8 décembre 2015 par le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, lors d'une conférence de presse dédiée à l'orientation postbac.

"L’objectif, pour la rentrée 2016, est que tous les bacheliers aient une proposition qui réponde à leurs aspirations et qu’ils soient mieux informés sur ce qui les attend", a annoncé Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, lors d’une conférence de presse dédiée à l’orientation postbac, le 8 décembre 2015. Pour cela, plusieurs nouveautés vont être mises en œuvre dès la session 2016 d'APB, qui ouvrira le 20 janvier. 

ÉVITER LES "SANS-FAC"

Tout candidat aura désormais l’obligation de choisir au moins une filière "libre", c’est-à-dire ni sélective ni à capacité limitée, sur APB. Conséquence : tout candidat aura forcément une proposition sur APB en 2016. Une solution technique qui devrait éviter les remous médiatiques des “sans-fac” de l’été 2015.

Pour les quatre licences les plus demandées, à savoir Paces, Staps, psychologie et droit, les candidats devront désormais formuler une seule candidature par académie, ou à l'échelle de la région pour l'Île-de-France. Chacune leur permettra de classer par ordre de préférence les vœux correspondant. Par exemple, pour la candidature "Licence de droit - académie de Nantes", le lycéen pourra classer les vœux "Licence de droit - Université de Nantes", "Licence de droit - Université d'Angers" etc. Mais cela ne garantira pas pour autant que le candidat obtienne l’un de ses vœux groupés. "Cela maximisera ses chances", décrypte la ministre.

Réduire le tirage au sort

Des mesures supplémentaires sont prévues pour désengorger la filière Staps. Des étudiants "ambassadeurs", rémunérés, iront présenter la filière aux lycéens et les différentes voies possibles pour exercer tel ou tel métier. Côté établissements, davantage de passerelles devraient être mises en place entre les formations professionnelles dépendant du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et les formations universitaires relevant du ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. 

Les objectifs affichés par le ministère : réduire considérablement la pratique du tirage au sort pour les filières universitaires les plus plébiscitées, et diminuer le nombre de licences affichées comme "à capacité limitée" lorsque le nombre de candidats dépasse de peu la capacité d’accueil.

Dès le mois d’avril, après la clôture des candidatures sur APB (le 20 mars), les recteurs d’académie et les présidents d’université se réuniront pour discuter des capacités des filières en tension, comme le précisera une circulaire début 2016.

Cette circulaire indiquera également les modalités d’intervention de la commission académique d’orientation post-secondaire qui sera mise en place à titre expérimental dans cinq académies volontaires : Amiens, Dijon, Nancy-Metz, Nantes et Toulouse. Chaque lycée pourra y faire appel pour un lycéen dont l’orientation reste problématique.

La commission devra proposer une alternative "garantie" au jeune, "qui restera maître de ses choix". Elle devra ainsi aider un bachelier professionnel ou technologique à trouver une place en IUT ou STS si telle est sa volonté. Elle interviendra prioritairement une fois la première phase d’admission de la procédure normale terminée, et également durant la procédure complémentaire.

Nous allons donc dévoiler l’un des secrets défense les mieux gardés : l’algorithme d’APB !
(T. Mandon)

INFORMER DES CHANCES DE RÉUSSITE PAR FILIÈRE

Davantage d’informations seront délivrées aux candidats. Lorsqu’ils effectueront une candidature, ils accèderont systématiquement aux taux de réussite dans la filière ainsi qu'aux débouchés envisageables. “Une amélioration plus conséquente est prévue pour 2017, avec des chiffres sur le taux d’emploi ou la rémunération”, anticipe Thierry Mandon.

Plus anecdotique : le ministère va publier l’algorithme qui détermine l’affectation des candidats sur APB. "APB est souvent considéré comme une boîte noire magique ou démoniaque, selon les cas. Nous allons donc dévoiler l’un des secrets défense les mieux gardés : l’algorithme d’APB !" plaisante Thierry Mandon. Une liste de critères objectifs définissant ce qu’est une filière à capacité limitée sera également rendue publique.

Un projet de Mooc pour apprendre à se servir d’APB est également en cours.

DÉVELOPPER L’ACCOMPAGNEMENT DANS LES LYCÉES

Autre axe d’amélioration de la procédure d’admission postbac : aider les jeunes à dédramatiser lorsqu’ils n’obtiennent pas leur vœu 1. En 2015, 62% des candidats avaient obtenu leur vœu 1 à l'issue des trois phases d'admission de la procédure normale d'APB.

Comment ? En les incitant à réfléchir très en amont à des plans B, C et D, "qui seront aussi des choix réfléchis et plus des voies par défaut", souligne Najat Vallaud-Belkacem. Pour les y aider, les lycées pourront s’appuyer sur un guide méthodologique, qui sera mis en ligne début janvier 2016.

Les professeurs auront désormais accès aux listes de vœux de leurs élèves. Ils pourront ainsi les aider et les informer s’ils n’ont pas fait de vœux ou si leur profil ne correspond pas aux filières sélectionnées.

Ce qui garantit la réussite à l’université, c’est la volonté de l’élève de suivre un parcours en particulier.
(N. Vallaud-Belkacem)

pas de sélection à l'entrée à l'université

Najat Vallaud-Belkacem s’est clairement opposée à la sélection à l’entrée de l’université. "On doit faire confiance au choix de l’élève. Ce qui garantit la réussite à l’université, c’est la volonté de l’élève de suivre un parcours en particulier."

Ce sont les universités qui vont être incitées à développer leur offre de formations, notamment en développant les portails, ces parcours de disciplines groupées (mathématiques-informatique, lettres-langues, etc.). Ce système permet à l'étudiant d'affiner ses choix : il peut découvrir les enseignements avant de choisir sa spécialisation à partir du second semestre de licence. 

Des mesures pour les bacs pros
Des consignes seront données aux recteurs pour qu’ils fixent des quotas plus importants de bacheliers pros et technos en IUT et STS. Des quotas non contraignants et variables d’une académie à l’autre.

Thierry Mandon rappelle qu’en 2015, 39% des places ont été réservées aux bacheliers pros dans les STS, contre 34% seulement en 2014.

Le ministère annonce qu’il suivra un certain nombre des préconisations du rapport Lerminiaux sur la poursuite d’études des bacheliers professionnels. Ils devront être mieux accompagnés, et une pédagogie spécifique devra être mise en place dans les STS pour permettre aux différents publics qu’elles accueillent de valoriser leurs compétences.

Natacha Lefauconnier | Publié le

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