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L'Unef dénonce la "pire rentrée universitaire du quinquennat"

Étienne Gless
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William Martinet, président de l'Unef, s'inquiète du nombre de bacheliers "mal affectés" avec la procédure APB.
William Martinet, président de l'Unef, s'inquiète du nombre de bacheliers "mal affectés" avec la procédure APB. // ©  Unef

Pour le syndicat étudiant, les difficultés d'inscription de bacheliers dans l'enseignement supérieur illustrent à la fois la crise budgétaire que traversent les universités et la sélection rampante en première année de licence.

"Tous les voyants sont au rouge !" dénonce William Martinet, le président de l'Unef lors de la conférence de presse de rentrée, lundi 7 septembre 2015. "La réponse politique n'est pas à la hauteur des enjeux. C'est la pire rentrée universitaire du quinquennat."

Les gestes du gouvernement ne trouvent pas grâce auprès du responsable étudiant. Le gel des frais d'inscription annoncé par Thierry Mandon en juin 2015 ? "Une mesure symbolique importante, mais qui ne représente concrètement que 2 à 3 euros d'économies sur l'année".  La revalorisation des bourses sur critères sociaux ? "Une maigre hausse, de 0,1 à 0,2% selon les échelons".  Mais c'est le dossier des "recalés d'APB" qui est au centre de l'attention en cette rentrée.

4.000 à 5.000 appels  pour "SOS inscriptions"

Le service "SOS inscriptions", mis en place par l'Unef cet été, a été joint par 4.000 à 5.000 bacheliers ayant rencontré un problème d'inscription. Au 7 septembre, le secrétariat d'État à l'Enseignement supérieur avance quelque 900 bacheliers diplômés en juillet 2015 qui seraient encore sans affectation. Des chiffres stables depuis 2013, selon APB.

"Ce chiffre ne prend en compte que les bacheliers sans affectation et non les bacheliers inscrits par défaut, déplore William Martinet. Cette crise démontre l'absence d'accompagnement des jeunes bacheliers dans leur inscription dans l'enseignement supérieur."

Outre les "sans-fac", l'Unef s'inquiète du sort des "mal affectés", ces bacheliers n'ayant pas obtenu d'inscription dans la filière universitaire de leur choix. "Nous avons reçu beaucoup de bacheliers qui avaient la conviction qu'en mettant en premiers vœux cinq filières de droit à Paris,  ils auraient satisfaction, mais ils se retrouvent avec une affectation en histoire ou en sociologie qui ne correspond pas à leur projet d'études". Pour expliquer ces difficultés d'inscription, l'Unef pointe la crise budgétaire que traversent les universités et la sélection rampante en première année de licence. 

S'inspirer du système d'affectation de la PACES

Pour remédier au problème des filières sous tension, comme le droit, l'Unef propose de s'inspirer du système d'affectation des Paces  (première année commune aux études de santé) en Île-de-France : dans leurs vœux sur APB, les futurs étudiants en médecine ne demandent pas telle ou telle université, ils émettent un vœu "UFR de santé en Île-de-France".

Ensuite, la répartition se fait équitablement, en s'assurant qu'il y ait dans chaque UFR une même proportion de mentions (passable, assez bien, bien...) au baccalauréat. Objectif : une répartition homogène des profils d'étudiants. Pas sûr que toutes les universités soient d'accord.

L'Unef et l'impossible sélection en M1
"On est revenus un an en arrière ! Thierry Mandon dit : 'il faut régler le problème [de la sélection en fin de master 1]', Geneviève Fioraso tenait le même discours il y a un an". Alors que les recours en justice se multiplient contre la sélection à la fin du master 1, le secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur a annoncé son intention d'ouvrir des travaux sur le sujet.

William Martinet prévient : "avancer la sélection à l'entrée en master ne serait pas acceptable. Cela voudrait dire plus de reproduction sociale, une dévalorisation des licences, considérées comme le diplôme de ceux qui n'ont pas réussi à passer la barrière de l'inscription en master, et un refus de la démocratisation des masters".

L'organisation étudiante avance une proposition de compromis :  créer un droit d'entrée en M2 pour tous les titulaires de M1 a minima "dans le même grand domaine de formation dans leur établissement", afin d'assurer la cohérence pédagogique de leurs études .

Étienne Gless | Publié le

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Pierre Mazille.

Que faire contre cette sélection inique (candidats refusés parfois avec de très bonnes moyennes) et opaque (secrétariats et responsables des commissions de la dite sélection pratiquement injoignables) à l'entrée en M2? Que faire contre cette mise en rade sur laquelle les étudiants sont rarement informés au cours de leurs 4 premières années? Une action contre ces procédés inadmissibles avec les syndicats enseignants est-elle envisagée? Cordialement. Pierre Mazille