Attentats à Paris. L’université Paris-Est Marne-la-Vallée pleure ses morts

Camille Stromboni
Publié le - Mis à jour le
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Universite Paris-Est Marne-La-Vallee - Maison de l'étudiant - Minute de silence - 16 novembre 2015
Les étudiants et personnels de Paris-Est-Marne-la-Vallée se sont réunis pour rendre hommage aux deux enseignants tués lors des attentats à Paris, au Bataclan. // ©  Camille Stromboni
Matthieu Giroud, maître de conférences en géographie à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée et Nicolas Classeau, directeur de l’IUT, ont été tués au Bataclan le 13 novembre. Les personnels et les étudiants de l’établissement, réunis le 16 novembre pour la minute de silence, sont sous le choc.

Effondrés. Les étudiants et les personnels de l’université Paris-Est Marne-la-Vallée ont observé ensemble la minute de silence, lundi 16 décembre 2015. Les attentats de Paris ont touché de plein fouet l’établissement francilien. Matthieu Giroud, géographe, maître de conférences de 38 ans, et Nicolas Classeau, directeur de l’IUT, maître de conférences en informatique de 43 ans, ont perdu la vie au Bataclan, le 13 novembre.

Plusieurs sites de l’université ont organisé ce moment de recueillement. À la Maison de l’Étudiant, le président Gilles Roussel a prononcé quelques mots, dans la grande salle aux poutres massives, où défilaient les portraits des deux enseignants en arrière-plan. Les personnels et les étudiants étaient des centaines, à l’intérieur ou sur l’esplanade devant le bâtiment. 

"Des attentats odieux ont frappé durement notre pays et nous laissent encore sans voix. Parmi les très nombreuses victimes, figurent deux de nos collègues et amis", a-t-il introduit. L’universitaire a cité plusieurs messages venant d’étudiants, reçus durant le week-end, pour rendre hommage aux deux enseignants décédés, avec beaucoup d’émotion. "Vous étiez un super professeur, j'étais parmi ces élèves qui la première fois sont arrivés en retard, et qui sont sortis parmi les derniers", a-t-il rapporté.

Matthieu Giroud

Rester unis

"Il est important de rester unis, l’université doit rester unie, a insisté Gilles Roussel. Que la barbarie ne passe pas. Malgré notre douleur, il nous faut continuer à vivre debout, à porter les valeurs de la République et de l’université." Avant de conclure : "Ils auraient été heureux que l’on continue à rigoler, à faire la fête, à faire du rock’n’roll, donc je vous propose de les applaudir…" suivi d'une longue salve d’applaudissements. La salle s’est ensuite vidée. Un cercle d’étudiants a entonné la Marseillaise, sobrement.

Beaucoup sont restés échanger, éprouvant le besoin de se retrouver ensemble face au choc. "C’est difficile de parler en ce moment", reconnaît Stéphane Tassel. L’enseignant en génie mécanique depuis quinze ans à Marne-la-Vallée, ancien secrétaire général du Snesup, connaissait bien Nicolas Classeau. Et rappelle que les deux enseignants étaient engagés dans la vie collective de l’établissement.

SANs voix

"Notre collectif est terriblement touché, souligne Stéphane Tassel. Il faut en appeler aux valeurs de solidarité, de fraternité, ne pas aller vers le repli sur soi. L’université, c’est l’ouverture sur le monde, sur la culture." Que pense-t-il dire aux étudiants lors de ses prochains cours ? "Pour être honnête, je ne sais pas encore, réfléchit-t-il. On va surtout les écouter."

Gilles Roussel lui aussi, reste sans voix : "Je ne sais pas trop. Il faut juste continuer." Une cellule psychologique a été mise en place pour recevoir les personnels et les étudiants. Des registres ont été ouverts à l’IUT et plusieurs espaces d’hommage permettent de déposer bougies et messages.

"Je ne sais pas si on va en parler en cours, on a des matières qui n’ont rien à voir souvent, confie un étudiant en master d’économie-gestion. Mais en parler entre nous, c’est déjà bien. Et venir ici, tous s’unir, c’est symbolique, mais c’est important."

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