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Des groupes de travail à l'œuvre pour réformer les CPGE

Thibaut Cojean
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Des élèves de prépas nouvellement entrés à HEC.
Des groupes de travail planchent sur une réforme des CPGE consécutive à celle du lycée. // ©  Jean-Marc Biais / HEC Paris
En lien avec la réforme du lycée, le gouvernement prévoit d'adapter les programmes en CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles), principalement scientifiques et économiques et sociales. Les syndicats, qui dans un premier temps, n'étaient pas conviés aux groupes de travail, s'inquiètent des premières pistes dévoilées par les ministères.

Après la réforme des lycées, le gouvernement prépare déjà celle des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Fin avril, deux réunions de groupes de travail ont déjà été tenues.

Elles regroupaient des représentants des ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, des grandes écoles, des associations de professeurs de CPGE, des organisations syndicales et des chefs d’établissements. Une troisième rencontre est déjà programmée pour le 10 mai, et d’autres suivront d’ici la fin de l’année scolaire et après la rentrée de septembre 2019.

Des syndicats prudents

"Pour l’instant, nous avons travaillé sur les informations à apporter aux élèves de seconde, résume Mickaël Prost, président de l’UPS (Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques). D’autres aspects plus techniques, comme les programmes, seront abordés plus tard."

Si l'enseignant en mathématiques et informatique en filière PT ne souhaite pas encore se prononcer sur le fond de la réforme, puisque celle-ci n’en est qu’à ses débuts, l’UPS et six autres organisations syndicales ont toutefois adressé un courrier commun aux ministres Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal, ainsi qu’à Caroline Pascal, doyenne de l’Igen (Inspection générale de l’Éducation nationale).

Dans cette lettre datée du 3 avril 2019, les signataires (voir encadré) s’interrogent sur les premières "pistes d’adaptation des CPGE à la réforme du lycée", présentées lors du comité de suivi et de concertation des CPGE le 18 mars 2019, et demandent "un allongement de la durée des travaux engagés", ainsi que leur participation aux groupes de travail.

L'affaiblissement des mathématiques au lycée inquiète

Autre sujet d'inquiétude pour les syndicats : "la mise en place de modules de remédiation pour l’ensemble des étudiants des filières scientifiques" et "la suppression envisagée des heures d’interrogations orales en début d’année". En clair, l'organisation de séances de rattrapage sur des créneaux alloués aux "khôlles".

Julien Luis, en charge des classes préparatoires au SNES-FSU, explique que ce sont l’affaiblissement des mathématiques dans le tronc commun du lycée et le passage de trois à deux spécialités entre la première et la terminale qui demandent ces mesures d’adaptation. "C’est aberrant de commencer une prépa scientifique par une remise à niveau", s’offusque le syndicaliste.

Pour le SNES-FSU, les premières pistes annoncées pour les CPGE révèlent "les failles de la réforme du lycée : cela spécialise trop les élèves et les pousse à choisir trop tôt leur scolarité". Ce qui remet également en cause l'un des avantages des CPGE, que les bons élèves choisissent parfois pour leur côté généraliste, leur permettant de retarder une orientation plus précise.

Sept associations et syndicats signataires
La lettre envoyée le 3 avril 2019 à Jean-Michel Blanquer, Frédérique Vidal et Caroline Pascal est signée par l'APHEC (Association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales), l'APPLS (Association des professeurs de premières et de lettres supérieures), le Snalc (Syndicat national des lycées et collèges), le SNES-FSU, l'UPA (Union des professeurs des classes préparatoires aux grandes écoles agronomiques, biologiques, géologiques et vétérinaires), l'UPLS (Union des professeurs enseignant les disciplines littéraires dans les classes préparatoires scientifiques) et l'UPS (Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques).


Thibaut Cojean | Publié le

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Frida.

Mais putain les profs de prépas de chiottes, aurez-vous les couilles de dire au Franc-Mac Blanquer que le nivellement par le bas avec la suppression des filières du Bac, il y en a marre ! Suppression concomitante avec le dédoublage des classes de primaire dans les banlieues allogènes ???