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Insertion professionnelle : des étudiants des grandes écoles en quête de sens

Étienne Gless
Publié le
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Insertion professionnelle : des étudiants des grandes écoles en quête de sens
Plus de la moitié des sondés souhaitent exercer un métier stimulant. // ©  plainpicture/Cavan Images
Un travail stimulant, utile et exercé dans une atmosphère sereine, c’est ce qu'espèrent les étudiants des grandes écoles pour leur futur emploi. Pour la Conférence des grandes écoles, l’institut de sondage Ipsos a consulté plus de 1.600 jeunes sur le sujet.

Servir l'intérêt général. C'est ce que veulent avant tout les étudiants des grandes écoles interrogés sur le choix de leur futur métier. Cette deuxième édition du baromètre "Talents : ce qu'ils attendent de leur emploi" n'est pas un sondage, mais une consultation, réalisée auprès des jeunes inscrits en écoles d'ingénieurs et de commerce, menée par Ipsos pour le compte du groupe de conseil BCG (Boston Consulting Group) et de la CGE (Conférence des grandes écoles). Et le message est clair : pour le choix de leur futur emploi, 91 % des 1.680 étudiants consultés privilégieront les entreprises proposant des postes intéressants et stimulants. Plus encore, ils exigent un bon climat de travail, une revendications qu'ils sont 86 % à placer en deuxième position. Enfin, les futurs ingénieurs et managers sont 72 % à donner la préférence à un poste en phase avec leurs valeurs.

Intérêt général… Et bon salaire

Appelés à définir leur conception d'un "travail utile", les étudiants citent en premier lieu (52 %) "un travail qui serve à l'intérêt général", juste devant un emploi "qui améliore vie des gens". Ils ne sont que 20 % à envisager l'utilité d'un emploi sous le prisme du confort matériel qu'il procure. Mais ce qui fait sens aux yeux des jeunes interrogés, c'est d'être utile aux autres, sans renoncer à une bonne rémunération. 54 % pensent même qu'on peut très bien concilier les deux.

Pour assouvir cette quête de sens, un étudiant sur deux aimerait travailler dans le secteur de l'économie sociale et solidaire, en priorité au service de la cause de l'environnement (59 %), devant l'éducation (56 %) et la santé (35 %). Le secteur reste assez mal connu des étudiants, qui confessent à 56 % voir "vaguement de quoi il s'agit". Une méconnaissance qui arrive en tête des freins pour s'y engager, au vu des salaires inférieurs à ceux des entreprises classiques.

Malgré tout, et sans surprise, la majorité des étudiants de grandes écoles (54 %) continuent d'envisager leur avenir professionnel dans un grand groupe, même si près d'un tiers (32 %) se voient dans une PME et un cinquième (19 %) dans une start-up. Travailler en priorité pour une association ou une ONG n'attire que 13 % d'entre eux. À noter qu'ils sont 20 % à vouloir se lancer dans l'entrepreneuriat dès le début de leur carrière.

Organisation souple, management collaboratif

Les futurs ingénieurs et managers rêvent d'une organisation souple du travail avec possibilité de se former et de changer de métier au sein de la même structure. 97 % d'entre eux rejettent un management directif avec instructions et contrôle des résultats. Ils lui préfèrent un management des talents participatif ou collaboratif, voire en autonomie. "Les talents issus de nos grandes écoles aspirent à un management plus collaboratif, flexible, et motivant, fondé sur l’écoute et le respect", observe Anne-Lucie Wack, présidente de la CGE.

Les étudiants sont néanmoins réalistes : ils considèrent que ces modes de gestion des équipes sont encore trop peu répandus dans les entreprises. À noter que la présence d'un Chief happiness officer, chargé du bien-être des salariés, leur apparait comme la dernière des mesures à prendre parmi les 10 proposées : une organisation et un management souples, ainsi que la possibilité de travailler en mode projet et de se former suffiront à leur bonheur professionnel !


Étienne Gless | Publié le

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