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Jean-Michel Blanquer débloque 500 millions d’euros pour le salaire des enseignants en 2021

Thibaut Cojean
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Jean-Michel Blanquer débloque 500 millions d’euros pour le salaire des enseignants en 2021
Les enseignants français restent mobilisés sur la question salariale et la réforme des retraites. // ©  Nicolas Tavernier/REA
Semaine de concertation pour le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, qui multiplie les rencontres avec les syndicats enseignants. Première mesure annoncée : la revalorisation de leur rémunération à hauteur de 500 millions d’euros en 2021.

500 millions d’euros seront alloués à la revalorisation du salaire des enseignants en 2021. C’est une promesse faite par Jean-Michel Blanquer le lundi 13 janvier au lancement de quatre jours de rencontres avec les organisations syndicales. Ces dernières s’inquiètent des effets du projet de réforme des retraites sur leur pension.

Une revalorisation globale de 8 à 10 milliards d’euros jusqu’à 2037 ?

"Les éléments présentés sécurisent l’entrée en négociation", estime Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa (syndicat des enseignants-UNSA). Si la nouvelle a été plutôt bien accueillie par les syndicats, ils restent prudents. Leur satisfaction dépendra en réalité de la pérennité de cette proposition. "Ce qui importe, c’est la programmation de cette revalorisation dans le temps long, résume Jean-Rémi Girard, président du Snalc (syndicat national des lycées et collèges). Car 500 millions en 2021, ça ne compense pas l’inflation. En moyenne c’est moins de 35 euros nets par mois."

Le calendrier qui revient le plus évoque un prolongement de la revalorisation jusqu’à 2037, ce qui représenterait un total de 8 à 10 milliards d’euros. Une enveloppe potentielle "conséquente", selon Stéphane Crochet, qui trouve qu’elle "correspond à la revalorisation importante qu’on attend". D’autres annonces officielles se font toutefois attendre.

Lire aussi : Nouveau bac : bras de fer entre le Snes-FSU et le ministère autour des épreuves de contrôle continu

Une inquiétude concernant d'éventuelles contreparties

Les syndicats seront également attentifs à un autre point : les contreparties qui seront demandées (ou non) aux enseignants. "Sur ce point, le ministre est fuyant, évasif, observe Jean-Rémi Girard. On veut du concret : est-ce qu’il y aura des contreparties et si oui, lesquelles ?"

"Le reste est flou, abonde Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU. Le ministre a donné un calendrier de travail sur le métier qu’on peut considérer comme des contreparties."

Un point qui inquiète également l’Unsa : "Le ministre dit de mieux prendre en compte les missions d’aujourd’hui. Les reconnaître, on est d’accord, mais pas les complexifier davantage. Nos conditions de travail difficiles doivent être reconnues et non amplifiées."

Lire aussi : Réformes dans le scolaire : les nouvelles formes de mobilisation des enseignants

Le mouvement continue

L'Unsa est pourtant ouverte au dialogue et se déclare "engagée dans un processus de discussion" et "concentrée sur les espaces de concertation possibles". Une position néanmoins esseulée. En effet, l’intersyndicale composée notamment du Snalc et de la FSU appelle toujours au retrait du projet de loi sur les retraites.

La contestation est d'ailleurs plus large. "Dans la tête du ministre ce n’est pas une revalorisation, mais une compensation de la réforme des retraites, estime Sophie Vénétitay. La revalorisation doit être déconnectée de la réforme des retraites."

Et au-delà de la question des retraites et des salaires, celle de la réforme du bac anime toujours les débats. Des actions pour perturber la tenue des épreuves communes de contrôle continu (E3C) sont notamment annoncées dans plusieurs centaines de lycées en France.

Les enseignants français parmi les moins bien payés en Europe
La question du salaire des enseignants est au cœur des revendications depuis plusieurs années. En 2017, un enseignant de l’Education nationale percevait en moyenne 2.440 euros nets par mois, selon la Depp. Une moyenne qui cache de grandes inégalités, les salaires moyens pouvant aller de 1.334 euros nets mensuels pour un contractuel à temps partiel à 3.666 euros pour un professeur agrégé à temps plein.
A l’échelle internationale, la France fait figure de mauvais élève. Toujours selon la Depp, les salaires de ses enseignants sont plus faibles que la moyenne de l’OCDE et que la moyenne de l’Union européenne. Ils gagnent à peu près autant que les Anglais, un peu plus que les Italiens et presque deux fois moins que les Allemands.


Thibaut Cojean | Publié le

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