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L’enseignement catholique veut s'ouvrir à tous les étudiants

Dimitri Schlichter
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L’enseignement catholique veut s'ouvrir à tous les étudiants
L'enseignement catholique cherche à mettre en avant ses atouts pour attirer un public plus large. // ©  jotily/Adobe Stock
Le réseau national de l’enseignement privé catholique (RenaSup) a signé, mi-décembre, une convention avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Objectif : harmoniser les règles qui s’appliquent aux établissements sous contrat et promouvoir l’ouverture sociale prônée par l’enseignement catholique.

L’enseignement catholique aspire à plus d’éclectisme parmi ses étudiants ! RenaSup (Réseau national de l’enseignement supérieur privé de l’enseignement catholique) a souhaité mettre un coup de projecteur sur les actions qu’il mène en matière d’ouverture sociale.

"Nous souffrons d’un défaut d’image, d’une méconnaissance, constate Jean-Marc Petit, délégué général de RenaSup. Certains parents et étudiants appliquent une forme d’autocensure quand il s’agit de l’enseignement privé. Il existe des idées reçues, en matière de frais de scolarité notamment, que nous souhaitons briser. Beaucoup d’élèves boursiers ou de conditions modestes ont de gros freins psychologiques à s’orienter vers nos formations, pensant que ce n’est pas fait pour eux, qu’ils ne disposent pas des moyens pour intégrer nos établissements. Nous souhaitons coûte que coûte leur dire que c’est faux !".

Engagements en faveur des élèves boursiers

Pour concrétiser cette volonté d’ouverture sociale, "qui est clairement ancrée dans l’ADN de RenaSup", souligne son délégué, une convention a été signée avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation le 18 décembre 2019. Celle-ci comprend plusieurs volets dont, en premier lieu, un engagement de l’enseignement catholique à accueillir plus d’élèves boursiers.

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"Chaque établissement a désormais pour consigne – et j’insiste bien sur le fait que c’est un engagement volontaire de notre part, rien ne nous y obligeait – d’accueillir un pourcentage de boursiers a minima équivalent à celui des lycéens boursiers qui ont déposé une candidature dans la formation", définit Jean-Marc Petit. En d’autres termes, si l’on dénombre 10% de boursiers parmi les candidats, les établissements s’engagent à intégrer au moins 10% de boursiers au sein de la formation. "Nous souhaitons affirmer haut et fort que l’enseignement catholique est ouvert à tous les étudiants".

Ouverture des BTS aux bacs pro

Outre l’engagement en faveur du nombre d’élèves boursiers, la convention annonce également une plus grande ouverture des formations de BTS aux élèves de bac pro. "On s’engage à en accueillir plus, résume le délégué général. Mais notre idée ne s’arrête pas aux seuls effectifs. Nous allons renforcer notre travail d’accompagnement en amont, au travers du dispositif 'les cordées de la réussite'".

Ce dispositif, soutenu financièrement par la Fondation Saint-Matthieu, a pour objectif d’informer et d’orienter. "Nous souhaitons que les enseignants en BTS interviennent directement et régulièrement auprès des élèves de bac pro. Notre objectif est de leur montrer qu’ils peuvent réussir dans cette voie, d’optimiser leur chance et de les préparer au mieux aux études supérieures".

Des enseignants formés sur l’orientation

Pour rendre le dispositif "les cordées de la réussite" le plus efficient possible, RenaSup propose des formations aux enseignants. "Ce sont les professeurs qui sont en première ligne et qui sont le plus sollicités par les élèves en matière de conseils en orientation, note Jean-Marc Petit. De plus, leurs paroles ont une influence sur le choix des lycéens ainsi que sur leurs parents. Cette parole doit être étayée par des connaissances et des compétences que les enseignants pourront acquérir par l’intermédiaire de ces formations".

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Harmonisation des règles

En contrepartie des engagements pris par RenaSup, certaines demandes de l’enseignement catholique ont été satisfaites. "Nous voulions clarifier et stabiliser les règles qui s’appliquent aux établissements sous contrat. Nous devions faire face à des cas particuliers propres à chaque académie. Il y avait besoin d’harmoniser les choses à l’échelle nationale. Nous manquions parfois de marge de manœuvre alors que la loi nous le permettait. La convention a permis de remettre les choses à plat", se réjouit le Délégué.

Cela se traduira notamment par des modifications des modalités d’accès en BTS. L'année dernière, tous les établissements de Renasup n'avaient pas la main sur les modalités de sélection. Désormais, ils pourront contacter les candidats qui ont postulé sur Parcoursup pour leur faire passer des entretiens dans le cadre de leur sélection.

Autre point, "la limitation du nombre de signes pour les lettres de motivation des postulants en classe préparatoire. Nous aurons plus de souplesse pour leur demander des dossiers plus fournis". La convention assure donc à l’Enseignement catholique "de préserver et mettre en avant (ses) spécificités", mais également de "redorer (son) image et d’attirer un public plus large" dans l’optique d’une plus grande hétérogénéité des effectifs dès la rentrée 2020.


Dimitri Schlichter | Publié le

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