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L'université des Antilles sort du brouillard

Géraldine Dauvergne
Publié le
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L'université des Antilles et de la Guyane - pôle Martinique - novembre 2014
L'université des Antilles et de la Guyane - pôle Martinique - novembre 2014 // ©  G. Dauvergne

Un ultime vote de l'Assemblée nationale, le 16 juin 2015, a validé définitivement le projet de loi sur la gouvernance de l'université des Antilles, tandis que la section disciplinaire de Toulouse 1 a prononcé une première sanction symbolique à l'encontre des dirigeants du Ceregmia.

L'université des Antilles commence à y voir plus clair sur son avenir. Le projet de loi qui la crée a été adopté définitivement, lors de la séance du 16 juin 2015, dans les termes souhaités par le gouvernement. Le texte adopté prend acte de la séparation du pôle de la Guyane et réaffirme "l'unité de l'université des Antilles tout en conférant à ses pôles la très large autonomie que justifie la diversité des territoires sur lesquels elle se trouve", a précisé Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, lors de l'ultime présentation du texte devant l'Assemblée nationale.

La ratification de l'ordonnance met un terme aux longs débats et au désaccord profond et persistant entre le Sénat et l'Assemblée nationale sur les questions de gouvernance. Si les sénateurs préféraient la formule du "ticket à trois” qui devait permettre de préserver l'unité de l'établissement, composé désormais de deux pôles en Martinique et en Guadeloupe, l 'Assemblée nationale s'est ralliée en deuxième lecture à la position du gouvernement, qui a toujours souhaité une élection distincte des vice-présidents de l'université par chacun des deux pôles régionaux.

Pour la ministre de l'Éducation nationale, "l'université des Antilles est à ce jour la seule université de notre pays qui soit implantée dans deux régions différentes. Cela nous semble justifier des mesures particulières d'organisation et de fonctionnement de sa gouvernance."

Une première sanction symbolique

La section disciplinaire de  l'université Toulouse 1 a, elle aussi, rendu son verdict sur le scandale financier autour du Ceregmia (Centre d'étude et de recherche en économie, gestion, modélisation et informatique appliquée). Une décision très attendue, dans une procédure "dépaysée" en raison du climat de tension qui règne en Martinique et en Guadeloupe autour de cette affaire qui touche les trois dirigeants de ce centre d'études soupçonnés d'avoir détourné des fonds européens.

Fred Célimène, directeur du laboratoire de recherche, Kinvi Logossah, directeur adjoint, et Éric Carpin, maître de conférences, ont ainsi comparu à Toulouse les 9 et 10 juin derniers, pour cette affaire qui fait par ailleurs l'objet d'une instruction judiciaire, mais aussi pour leurs "propos inappropriés envers la présidente de l'université et son équipe".

C'est pour ce dernier chef d'accusation que Fred Célimène écope d'une sanction, en se voyant interdit d'exercer ses fonctions de direction de laboratoire de recherche pendant cinq ans à l'université des Antilles. Kinvi Logossah et Éric Carpin, ses adjoints, ont reçu un blâme.

un recours devant le cneser

La section disciplinaire de l'université de Toulouse 1 n'a pas voulu se prononcer sur l'autre volet, les détournements de fonds européens présumés, préférant ne pas interférer avec l'enquête de la justice.

Dans une interview à “Martinique Première”, la présidente de l'université des Antilles, Corinne Mencé-Caster, a jugé ces sanctions insuffisantes et fait part de son intention de faire appel devant le Cneser (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche) de la décision du conseil de discipline.


Géraldine Dauvergne | Publié le

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