La conférence des écoles de journalisme se mobilise pour mieux accompagner l’insertion des jeunes diplômés

Dahvia Ouadia
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La conférence des écoles de journalisme se mobilise pour mieux accompagner l’insertion des jeunes diplômés
Les 14 écoles de journalisme reconnues par la profession s'organisent pour améliorer l'insertion professionnelle de leurs diplômés. // ©  DEEPOL by plainpicture
La conférence des écoles de journalisme s’organise pour favoriser l’insertion des jeunes diplômés. En prévision des Etats généraux de la formation et de l’emploi des jeunes journalistes, elle présente un point d’étape des discussions avec l’ensemble des parties prenantes.

Les écoles de journalisme s’organisent. Les 14 établissements reconnus par la profession préparent depuis plusieurs mois l’organisation des Etats généraux de la formation et de l’emploi des jeunes journalistes. Un moment crucial pour elles qui souhaitent "discuter avec l’ensemble des parties prenantes [étudiants, employeurs, formations]". "Que fait-on concrètement par rapport aux défis des prochaines années", pose ainsi d’emblée Pascal Guénée, président de la CEJ et Directeur de IPJ-Dauphine PSL, lors d'un point presse organisé le 1er juin.

Un travail collectif des 14 écoles de journalisme reconnues par la profession

Les Etats généraux, prévus les 3 et 4 octobre prochains, sont un processus qui s’organise tout au long de l’année 2022 dans les 14 écoles membres de la Conférence des écoles de journalisme. Cette action est d’ailleurs financée par France Relance à hauteur de 450.000 euros soit 1% de l’enveloppe de France Relance affectée à la partie journalisme.

La création de la CEJ en elle-même a pour objectif de rendre les écoles de journalisme reconnues par la profession visibles auprès du grand public et de peser auprès des instances publiques et notamment la Dgesip. "Nous voulons que le caractère spécifique des formations en journalisme soit reconnu", précise Pascal Guénée.

Depuis le début de l’année, plusieurs événements ont été organisés dans les différentes écoles de journalisme pour évoquer concrètement cette question de l’insertion professionnelle des journalistes. "A ce jour, huit écoles ont déjà mené des actions que ce soient des tables rondes dans les écoles, des ateliers, ou encore des enquêtes", précise Arnaud Schwartz, directeur de l’IJBA (Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine).

Si la conférence réunit des écoles avec différents statuts – public, privé, des associations et des universités, etc. – l’idée est bien que les étudiants de tous ces établissements soient considérés comme un tout homogène et sans distinction. "Nous voulons créer un sentiment d’appartenance des étudiants aux écoles reconnues par la profession. D’ailleurs, lors d’un atelier, des étudiants demandent d’avoir une carte d’étudiant des écoles de journalisme reconnues par la profession, notamment pour pouvoir réaliser des reportages, des interviews dans le cadre de leurs études et sans difficultés", précise Pascal Guénée.

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Une enquête auprès de quatre promotions de diplômés journalistes

En vue des Etats généraux, les 14 écoles ont lancé une enquête auprès des quatre dernières cohortes de diplômés afin d’avoir leur vision de l’entreprise. Plus de 30% de diplômés ont répondu, soit un taux élevé pour ce type d’enquête ce qui montre aussi les attentes que peuvent avoir les jeunes diplômés quant à leur insertion professionnelle.

Avec cette enquête, les écoles proposent finalement une photographie de la génération des quatre dernières promotions d’étudiants en école de journalisme. Et ce qui ressort de l’enquête, ainsi que de différents ateliers, c’est une demande claire pour davantage de diversité dans les rédactions et des actions concrètes contre le sexisme. Les jeunes journalistes sont aussi en quête de sens et d’utilité sociale. Et si le journalisme reste un métier passion, les diplômés ne sont plus "prêts à tout" et souhaitent avoir de bonnes conditions de travail et moins de précarité.

Aussi cette enquête et ce temps d’échange doivent faire bouger les lignes dans les rédactions qui ont parfois 'un management à l’ancienne' très compliqué. "Aujourd’hui, les employeurs doivent devenir désirables et les rédactions doivent clairement faire évoluer l’ensemble de leurs pratiques notamment en termes de diversité mais aussi autour du sexisme", indique Sandy Montanola, responsable de la formation en journalisme de l’IUT de Lannion.

Mais au-delà des étudiants, les écoles de journalisme ne s’arrêtent pas là. Elles lancent aussi un volet "employeur" de leur enquête pour connaître les attentes des rédactions vis-à-vis des jeunes journalistes. "Les Etats généraux lancent une dynamique forte dans nos écoles. Nous voulons initier un dialogue entre les différents acteurs du système : étudiants, formateurs et employeurs. Et très vite, nous voulons lancer des actions concrètes pour améliorer l’intégration des jeunes journalistes dans les rédactions", conclut Anne Ténézas, déléguée générale de la CEJ.


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