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ParisTech s'allège de trois membres… mais s'entête

Clément Rocher, Guillaume Lecompte Boinet
Publié le
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Le futur bâtiment de l'Institut Mines-Télécom à Saclay
Le futur bâtiment de Télécom ParisTech qui abandonne son label ParisTech. // ©  Grafton Architects
La naissance de l’IP Paris, sous l’égide de l’école Polytechnique, imprime un changement non négligeable : trois écoles d’ingénieurs, membres du nouveau groupement, abandonnent en chemin le label ParisTech. Pour autant, ce réseau conserve encore quelques fleurons parmi les écoles d’ingénieurs… mais jusqu’à quand ?

Telecom ParisTech, l’ENSAE ParisTech et l’ENSTA ParisTech abandonnent le label "ParisTech" pour ne garder que "Paris" accolé à leur nom. Une décision annoncée hier lors de la naissance officielle de l’Institut polytechnique de Paris (IP Paris). L’établissement public expérimental, qui regroupe l’X, Telecom Paris, l’Ensta Paris, Telecom Sud-Paris et l’ENSAE Paris, aspire à "devenir une institution de science et technologie de rang mondial", selon le communiqué d’IP Paris. Pour mémoire, IP Paris est né de la volonté du président Macron, en août 2017, de regrouper cinq grandes écoles d’ingénieurs sur le plateau de Saclay afin de constituer un "MIT" à la française accueillant plus de 10.000 étudiants.

Le réseau ParisTech pourra-t-il survivre à ces nombreux départs ? Christian Lerminiaux,
président du réseau et directeur de Chimie ParisTech, reste optimiste sur la permanence de ParisTech dans le paysage de l’enseignement supérieur français. Le réseau compte en effet encore quelques prestigieux établissements : pas moins de 7 écoles avec AgroParisTech, Arts et Métiers ParisTech (Ensam), Chimie ParisTech, École des Ponts ParisTech, ESPCI Paris, Institut d’Optique Graduate School et Mines ParisTech. "ParisTech, ce sont des actions communes et un ensemble de projets", soutient-il. Le réseau reste, selon lui, une institution reconnue qui permet de mettre en commun des initiatives et de partager des ressources.

Une volonté de travailler ensemble partagée par chacun des sept établissements de la marque ParisTech. Toutefois, selon nos informations, l’un de ses membres, Arts et Métiers ParisTech, réfléchirait à changer de nom et pourrait de ce fait quitter le groupe. Contactée par Educpros, l'Ensam s'est refusée à tout commentaire.

Une marque de trop

Le directeur de Chimie ParisTech indique, pour sa part, qu'il comprend l’impossibilité de "faire vivre deux marques à la fois", ParisTech et IP Paris faisant toutes les deux référence à la capitale française. Les sites internet des trois établissements de la région parisienne se sont d'ailleurs empressés de modifier leur nom et leur logo afin de faire naître la marque "Institut Polytechnique de Paris". Par ailleurs, lors de la naissance du groupement, les promoteurs d’IP Paris ont, pendant un temps, envisagé, puis écarté le nom d’Institut Polytechnique de France.

"La marque ParisTech se vend bien à l’international", plaide le président du réseau. ParisTech compte ainsi poursuivre ses actions à l’étranger, notamment le recrutement d’étudiants internationaux, ses partenariats avec des universités étrangères ou bien son programme de doctorants chinois. ParisTech ambitionne aussi de mettre en place une formation d’excellence sur le continent africain. Autre chantier : la poursuite de son engagement en faveur de la diversité sociale au sein des établissements membres. Une ambition commune affichée par toutes les écoles du réseau.

ParisTech serait-il prêt à accueillir de nouveaux membres ? "Nous sommes tout à fait ouverts à un élargissement du réseau", confirme le président. Les établissements doivent néanmoins répondre à certains critères, notamment l’ouverture sociale, et partager des problématiques en commun. "Il faut se montrer prudent. Nous avons des demandes, mais il faut définir les règles du jeu", poursuit Christian Lerminiaux qui indique que la question de sa disparition ne semble pas d'actualité.


Clément Rocher, Guillaume Lecompte Boinet | Publié le

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Sirius.

Perseverare diabolicum. Le projet de Paristech, qui avait du sens à l'origine, est mort. Vouloir poursuivre alors que chacune des écoles qui composaient Paristech est engagée dans un regroupement fort est une absurdité. Les directeurs des écoles qui restent ont autre chose à faire que s'y consacrer. Et le label "Paristech" est aujourd'hui une pollution dans la communication de ces écoles. Il faut seulement un peu de courage pour dire "fin".