Plus de filles dans les filières scientifiques : l'association Elles bougent veut des quotas

Delphine Dauvergne
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Etudiante en travaux pratiques, à l’école des Mines de Douai.
L'association propose notamment de favoriser la mixité dans les systèmes d'admission des écoles d'ingénieurs. // ©  Delphine Dauvergne
Rencontres avec le monde professionnel et sensibilisation des parents pour défaire les a priori, ratio à l'entrée des écoles d'ingénieurs pour favoriser la mixité filles-garçons… Pour ses 10 ans, L’association Elles bougent fait cinq propositions pour améliorer la féminisation des secteurs industriels et technologiques.

À quelques mois de l'élection présidentielle, l'association Elles bougent, qui, depuis dix ans, promeut, auprès des jeunes filles, les métiers de l'industrie et des technologies, a dévoilé, jeudi 15 septembre 2016, cinq grandes propositions "pour faire bouger l'écosystème de l'orientation". L'objectif principal : améliorer la connaissance de ces secteurs. Selon un sondage réalisé en février 2016 par l'association, 73 % des collégiennes et lycéennes souhaitent en effet être plus informées sur les métiers technologiques.

Mieux connaître le monde de l'entreprise

Forte de ce constat, Elles bougent propose donc de "multiplier les rencontres entre élèves et personnes en activité, très en amont de l'orientation". Une action que l'association mène déjà, grâce à son réseau de plus de 2.000 marraines. "Il faut penser métier avant formation", plaide Marie-Sophie Pawlak, présidente d'Elles bougent, qui milite en faveur d'une orientation basée sur les envies plus que sur les résultats scolaires.

La deuxième proposition va dans le même sens : l'association plaide en faveur de la création d'"un module d'ouverture au projet professionnel" au collège et au lycée. Obligatoire et proposé sur le temps scolaire, il aurait pour but d'aider les jeunes à s'informer et à se projeter. "La réforme du collège va dans ce sens, avec le parcours avenir", illustre Olivier Lanez, délégué académique aux enseignements techniques au rectorat de Paris, qui appelle à plus de rencontres avec des professionnels dans le cadre des cours.

Pour un "Docteur House de la technologie au féminin"

Les jeunes filles s'autocensurent souvent, faute de modèles dans leur entourage. Selon le sondage d'Elles bougent, 44 % des étudiantes se sont orientées sur les conseils de leurs proches. L'association propose de mener des actions d'information à destination des parents, "en institutionnalisant par exemple des journées annuelles dédiées à l'orientation pour les élèves et leurs parents."

De façon plus générale, Elles bougent rêve d'"un Docteur House de la technologie au féminin", en demandant aux chaînes de télévision de développer plus de programmes en ce sens.

Favoriser la mixité dès l'admission en école

Dernière proposition, concernant le recrutement dans le supérieur, notamment dans les écoles d'ingénieurs. Elles bougent milite pour une réglementation, qui permettrait aux établissements de "favoriser la mixité dans les systèmes d'admission", et suggère d'instaurer un ratio de progression annuelle de 10 % sur le nombre d'élèves du sexe le moins représenté. 

"Il s'agit d'appliquer un bonus afin d'atteindre, sous cinq ans, un quota de 30 % minimum du sexe le moins représenté", précise Marie-Sophie Pawlak. Les boursiers ont déjà bénéficié d'une politique volontarisme comme celle-ci." Reste à savoir si les candidats à la présidentielle seront prêts à s'emparer du sujet.


Delphine Dauvergne | Publié le

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