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Études de santé : le Parlement acte la fin de la PACES

Mersiha Nezic
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Études de santé : le Parlement acte la fin de la PACES
Le Sénat a adopté le projet de loi Santé. // ©  REA/DENIS
Le Parlement a adopté, via un ultime vote au Sénat mardi 16 juillet 2019, le projet de loi Santé. Celui-ci marque la suppression de la PACES, la première année commune aux études de santé, et du numerus clausus pour la rentrée 2020. Il faudra attendre la publication des décrets cet été pour connaître les contenus des parcours de formation de ces filières ainsi que les modalités de sélection.

Fin de la PACES (première année commune aux études de santé) et du "numerus clausus", disparition des "épreuves classantes" en fin de sixième année de médecine au profit de nouveaux examens : le Parlement a adopté définitivement mardi 16 juillet 2019, par un dernier vote du Sénat, le projet de loi Santé. Députés et sénateurs ont planché sur une version commune du texte relatif à "l'organisation et à la transformation du système de santé" porté par la ministre Agnès Buzyn, en commission mixte paritaire fin juin. Le vote du projet de loi intervient après son adoption en mars à l'Assemblée puis au Sénat trois mois plus tard dans une version amendée.

Il faudra attendre la rentrée 2020 pour voir la suppression de la PACES, le concours couperet sur lequel butte chaque année environ 80 % des 60 000 candidats. Et de son "numerus clausus" qui détermine le nombre d'étudiants admis en deuxième année de médecine, dentaire, pharmacie et maïeutique (sage-femme). Combien d’entre eux seront désormais autorisés à intégrer la deuxième année ? Dans quelle mesure le seuil sera-t-il relevé ? Le nombre d'étudiants admis sera déterminé par les universités et les ARS (agences régionales de santé). Agnès Buzyn, souhaite augmenter de 20 % environ le nombre de médecins formés.

Lire aussi : Fin de la PACES et du numerus clausus : un portail santé à l'horizon 2020

Les critères de sélection restent à définir

Si l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) affiche sa satisfaction, sa présidente Roxane Hellandsjö-Prost, rappelle que des zones d’ombre subsistent encore. Les contenus des parcours de formation de ces filières et les modalités de sélection, des QCM actuellement, devraient être fixés par décret cet été. "Il faut sortir du tout QCM, qui sélectionne les étudiants sur des critères rigides. Et privilégier un examen plus humain intégrant des oraux", affirme Roxane Hellandsjö-Prost.

Par ailleurs, le texte acte l’obligation pour les étudiants de troisième cycle de médecine générale et d’autres spécialités déficitaires comme l’ophtalmologie et la pédiatrie, d’effectuer un stage d’au moins six mois en pratique ambulatoire. En priorité dans les zones sous-denses et sous le régime de l’autonomie supervisée. Objectif : lutter contre les déserts médicaux.

Cette disposition résulte d’un compromis élaboré en commission mixte paritaire à partir d’un amendement introduit par le Sénat. Celui-ci proposait initialement que les internes effectuent une année de pratique en autonomie, dans ces zones sous-médicalisées. Pour les associations d’étudiants et les doyens de facultés de médecine, il s’agissait ni plus ni moins d’amputer d’une année le parcours de formation. Les parlementaires ont finalement opté pour un compromis. Même si la pilule passe mieux, Roxane Hellandsjö-Prost s’inquiète. "Il faut être vigilants à ne pas lâcher les internes dans la nature. Ils doivent être bien encadrés par leurs maîtres de stage universitaires".

Par ailleurs, des ordonnances du gouvernement viendront définir les conditions d’une re-certification régulière des médecins, pharmaciens et infirmiers, pour vérifier que leurs compétences sont à jour.


Mersiha Nezic | Publié le

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jpjohet.

Encore des députés LREM qui n'ont pu réussir au concours du PACES il y a quelques années et qui se vengent petitement. Cela rappelle la suppression du doctorat d'Etat ès sciences, ès lettres.....)en 1984, on disait à l'époque que c'était une demande d'un député socialiste de la vague rose de 1981 qui n'avait jamais pu soutenir une thèse de doctorat d'état. Telle va la vie universitaire en France, quels malheur et décrépitude depuis le milieu des années 70!!!